I. Le Voyage du Centurion, ai, aa
a. Jean, vi, 68.
— Boni au do^me de l'Église, qu'il n'a pas étudiés de plus près l'un que l'autre, et par lesquels, — on lèsent bien sans qu'il le dise, — il a été plutôt gêné dans son acheminement vers la foi; il ne s'est pas converti au dieu de la tradition juive et chrétienne, dieu qui, comme tel, ne lui dit rien. Il se fait catholique, si on l'ose dire, malgré Dieu, l'Évangile et le dogme, séduit par un idéal mystique d'humanité divine, idéal qu'il incarne en Jésus, comme les premiers siècles chrétiens ont incarné en lui Tidéal mystique de l'hellénisme. Sous le couvert de cet idéal humain, il accepte tout le bagage de la tradition catholique sans l'inventorier. Son Jésus n'est vraiment qu'une ombre, ombre du Jésus historique, ombre du Christ théologique, ombre surtout de l'humanité; mais l'humanité n'est point une ombre, et de là vient que l'image n'est pas vaine. C'est à quoi n'avait pas suffisamment pensé Renan quand il dissertait en souriant sur l'utilité des ombres et et des ombres d ombres pour la vie morale. A travers ces ombres, c'est toujours l'humanité qui se cherche, et qui se reconnaît dans sa propre image idéalement transfigurée. Le Jésus de notre Centurion est son idéal humain, identifié, sans plus de cérémonie, au Christ-Dieu de l'Église catholique. Maxence a pensé reconnaître là cet idéal, qu'il pressentait douloureusement en lui-même, et qu'il n'avait pas rencontré ailleurs. Par la même occasion, le Centurion croyait
trouver dans l'Église catholique la patrie de son âme et de toutes les Ames. Ce n'était pas pour avoir éprouvé ce qui dillérencie l'Église romaine des autres communions chrétiennes ; ce n'était pas pour avoir examiné les rouages de sa constitution ni ap[)rotV)nili l'histoire de son déveloi)pement ; c'est sans égard aussi à tout cela et malgré tout cela qu'il est entré dans le catholicisme, comme en un lieu de communion, un lieu de vie morale et de fraternité, le siècle lui ayant j>aru être une l'ourmilicre il'isolés, froidement égoïstes et orgueilleusement sots. Renan lui-même avait eu quehiue chose de cette impression lorsqu'il mit le i)ied dans le monde en sortant du séminaire de SaintSul[)ice ; mais il s'était vite accli maté, ayant eu ses raisons particulières de trouver le monde habitable, et n'ayant pas cess»' de voir et de sentir, ayant senti de mieux en mieux que l'Église n'était point habitable pour lui. Le cœur a ses besoins que la raison ne connaît pas toujours. Si Renan avait un peu moins vécu par rintelligence, ou si seulement il avait pénétré plus à fond la véritable nature tlu sentiment religieux, il n'aurait pas tant parlé d ombre et il n'aurait pas demandé de quoi vivraient les générations qui viendraient après lui. Surtout il n'aurait pas semblé parfois, souvent m«^me, se faire illusion >ur la valeur éducative, sur l eflicacité morale el >o( iale de la science qui n'est que science. Kn d autres occasions il a parlé de l'utilité, de la nécessité des
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confraternités religieuses poui* certaines Ames. Cette utilité, cette nécessité ne sont point que pour un grand nombre, qui serait censé moins haut placé que le reste sur l'échelle de l'intelligence et de la culture: elles sont, en un sens, universelles, et la culture de l'esprit ne les supprime aucunement. Il faut aux âmes des foyers autres que ceux d'une science dont la lumière ne réchauffe pas. En dépit de son enseignement suranné, de sa pesante hiérarchie, de son mysticisme souvent puéril, l'Eglise catholique en France est encore apparemment le mieux organisé de ces foyers, celui qui donne encore à beaucoup d'entre nous, du moins à certains moments, la meilleure et la plus chaude impression d'humanité.
C'est pourquoi, tant qu'il ne se sera pas constitué chez nous un foyer visible qui offre les mêmes avantages spirituels sans avoir les mêmes inconvénients. — qui ne sont pas moins incontestables ni peut-être moins profonds que les avantages, — des centurions pourront faire le même voyage que Maxence, fermant les yeux sur ce qui, dans le catholicisme romain, leur est antipathique, afin de pouvoir user de ce qui leur agrée, de ce dont ils sentent ne se pouvoir passer et qu'ils ne croient pas trouver, qu'effectivement ils ne trouvent pas ailleurs. Ces voyages peuvent se multiplier en des temps troubles comme les nôtres, sous la menace pressante d'une décomposition morale ou d'un désarroi social que l'on
sent monter autour de soi sans y voir d'autre remède que le remède éternel et toujours eflicace, la loi, la foi dont on dit ([u'elle l'ait des miracles, et qui en fait n'elliMuent un, un seul, mais énorme, presijue iiitiui et intiuiment bienfaisant; car elle tient l'homme debout et conûant sur l'abîme ténébreux où flotte son existence, qu'elle Tempèche de sentir misérable. On va donc chercher dans rÉ^çlise le bienfait de la foi. Toutes les conversions ne sont pas sans retour. Il en fut quelijues-uncs, ces derniers tem[)S, qui eurent îles lendemains pénibles. On s'est converti à un idéal que l'on croyait réalisé dans l'Eglise romaine, et l'on constate après coup que l'écart est grand entre cet idéal et le catholicisme existant ; ou bien c'est l'Église qui fait remarquer dui'cment au néophyte qu'elle ne pense pas ce qu'il croit, et (jue son devoir est de i)enser comme elle, ce qui parfois est assez dilïicile. Et l'Eglise elle-même commence à se désagréger. Il est toujours simple d'aimer un grand idéal ; mais l'embarras n'est pas petit si vous reconnaissez que cet idéal n est i)as, à beaucoup près, celui de la société religieuse où vous étiez entré pour le mieux accom])lir.
On pourrait imaginer que, si les centurions se convertissaient en assez grand nombre, l'orientation du catholicisme en serait changée, qu'il se moderniserait en dépit de tous les anathèmes lancés contre le modernisme, qu'il se ferait plei-
nement français en devenant de plus en plus humain. Mais cet espoir est bien fragile. Ce fut le rêve du modernisme, qui, au fond, n'a été l'enseignement d'aucune doctrine particulière, qui ne voulait imposer à l'Eglise aucun dogme, et qui par conséquent n'était pas une hérésie ; il aurait voulu seulement que le catholicisme s'assouplît en humanité. Le songe a étépromptement dissipé. Il ne faut pas trop compter sur une transformation du catholicisme, et lui-même regarde comme ses ennemis ceux qui nourriraient un tel espoir. La conversion des centurions n'est qu'un accident passager, facilement explicable, de la transformation, non du catholicisme qui ne change que lentement, tardivement et malgré lui, mais de notre société qui tend plutôt et de plus en plus à se dégager du catholicisme. De cette transformation, la conversion des centurions est, à sa manière, une preuve, un peu équivoque mais aussi réelle que les manifestations de l'anticléricalisme.
11 n'est pas nécessaire d'être prophète pour annoncer que l'avenir appartient à la nouvelle foi, non à l'ancienne, et que les dogmes de Nicée, de Trente, du Vatican, ne sont pas susceptibles de rajeunissement. On peut même dire que. dans l'ordre de la pensée, qui est une partie non négli-
geable tîe la vie humaine, tous les i)onis sont coupés entre la société contemi)oraine et l'Eglise catholique. Les illusions de la foi, les habiletés de rapologétiijue, les coin{)laisances de la politique n'y ptniveiit rien. Dans l'ordi'o du sentiment et de l'action, les communications ne sont pas interronqiues, elle ne peuvent pas l'être si promi)tement, parce que la masse des croyants et les plus sincères des nouvelles recrues, les centurions, ne tiennent h l'Église que par des sentiments dont la société oUe-m^me no saurait se passer, ces sentiments étant ceux dont elle vit. Autant cpi'il est permis de le conjecturer, les accessoires où le catholicisme olliciel porte son principal intérêt, le crampon qu'il veut mettre sur les intelligences, le faux militarisme de sa constitution, son mécanisme rituel ne résisteront pas ind(^liniment au Ilot montant d'humanité (pii nous soulève. Les meilleurs croyants catholitpics de nos jours ne le sont pas conformément au programme de la religion qu'ils professent. Un temps viendra sans doute où ils le seront en dehors de ce programme et des cadres traditionnels. Tliéoriquomcnt ils vénèrent des formules qui ne sont pas, qui ne peuvent être l'objet de leur pensée vivante; ils ne sont attachés qu'à la communion spirituelle, à la vie intérieure et à l'esprit d'humaine fraternité.
Qu'une telle communion se puisse maintenant organiser en dehors des sectes nominalement
chrcliennes, il serait bien téméraire de le contester. L'épouvantable crise que nous traversons l'a réalisée pour un temps sur le terrain de la conscience nationale, c'est-à-dire, de notre commune Conscience, de notre conscience à tous ; et si incomplète que soit à beaucoup d'égards cette communion, elle a cependant mis en relief certains principes qui seront difficilement oubliés; elle a créé certaines habitudes qui ne s'effaceront pas, ce semble, du jour au lendemain ; elle a affermi un lien que nul ne sera pressé de rompre; elle a fortifié, pour tout dire en un mot, le sentiment de l'humanité française : d'une Église à laquelle nous sommes, consciemment ou inconsciemment, plus unis par le fond de netre âme qu'à toute dénomination confessionnelle. Nous avons tous éprouvé que la patrie, surtout quand cette patrie s'appelle la France, n'est pas qu'un abri extérieur derrière lequel on peut loger commodément sa vie domestique, son négoce, ses intérêts, voire ses querelles politiques et ses rivalités dites religieuses, mais que c'est la mère de toutes les familles, la communauté de tous les intérêts, l'arbitre qui est au-dessus de tous les partis, l'idéal auguste et cher qu'on ne discute pas et pour lequel on meurt. Cette patrie n'est pas que celle des corps, c'est bien aussi, et très véritablement, celle des âmes. Elle l'est plus aujourd'hui qu'elle ne l'était hier; du moins nous nous en apercevons davantage. Pourquoi ne le serait-elle pas
demain [>lus encore qu'aujounl liui, étant laite de tous nos deuils, avec l«s Auies de tous nos morts, et soutenant nos meilleures espérances ?
Les sce[)tiques, s'il en reste, et s'ils osent parler, diront peut-<>trc que nous nous retrouverons aprcs la guerre tels que nous étions auparavant, ni meilleurs ni i)ires ; que les survivants de ces terribles cond)ats, — au sujet desquels la postérité se deman<lcra, frémissante, par (juellc crise de folie a pusse notre génération, — retourneront le lendemain à leurs alVaires ou à leurs i)laisirs, sans autre souci, jus([u'à la prochaine alerte, de la patrie tju'ils auront sauvée; que les partis recomuRMKHM'ont leuis luttes stériles, avec le môme égoïsme, les mêmes intrigues, les mêmes passions ; que la comédie ne serait pas complète si les cléricaux et les anticléricaux ne se chamaillaient de plus belle sans autre rt sultat que de se rentlre mutuellement l'existence ilésagréable, ces agacements réci[)roques, assaisonnés d'injures, étant l'exercice qui leur tient lieu de félicité. Ils le diront, et, qui i)is est, ils ne se tromperont pas tout à fait, peut-être même aurwnt-ils pour eux toutes les apparences, et i>lus(|ue les apparences. A certaines heures de tristesse, nous pensons comme eux que l'humanité, surtout en notre pays, est incorrigiblement frivole.
Cependant les sceptiques se trompent quand ils disent que l'homme n'est mené que par ce qu'il juge égoîstement être son intérêt ou par une
passion aveugle. Nous faisons aujourd'hui une dure expérience et dont nous ne manquerons pas de tirer quelque profit moral, parce que nous la faisons, dans l'ensemble, moralement; de plus il ne tiendra qu'à nous d'étendre ce profit moral autant que nous voudrons, et il y en a qui voudront. L'extérieur de notre vie nationale n'aura peut-être pas sensiblement changé, mais le fond se sera amélioré dans des proportions qui seront d'autant plus grandes que nous avons été plus sérieusement remués. La voix de nos morts résonnera longtemps au plus intime de notre cœur, et ils obtiendront de nous que nous réalisions quelque chose de ce qu'ils ont voulu. Les sceptiques pourront continuer de se décourager entre eux si cela leur plaît. On n'ira pas leur demander le sens de la vie. Ils savent, et nous savons bien aussi que toutes les défaillances, toutes les misères, toutes les sottises, toutes les folies, tous les crimes sont dans la nature humaine ; mais nous savons de même^ et ils oublient trop facilement que cette déplorable humanité est en instance de tout effort, de toute noblesse, de toute vérité, de toute générosité, de tout dévouement parfait. Nous la croyons, nous la voyons en travail de régénération héroïque et nous tâchons de nous associer à cette œuvre, plaignant ceux qui ne verraient là qu'une occasion, assez mal choisie, de faire de jolis mots sur l'éternelle insouciance de notre espèce.
Il y aura peut-être aussi certains docteurs qui estimeront que la science, ce qu'ils appellent la science, c'est-à-dire la connaissance purement technique des réalités naturelles et économiques, possède ou [)ossèdera quelque jour la solution de tous les problèmes humains et nous explicjuera en quelques théorèmes bien solides et délinitirs ce que nous ne nous lassons pas d'appeler sens de la vie et qu'ils préfèrent dénommer conditions normales de l'existence. Renan, qui eut de la ferveur pour cette religion de la science, a dit quehiuo part, ;\ propos des empereurs romains qui [)erséc'utèrent le christianisme, et notamment du sage Marc-Aurèle, (ju'ils auraient obtenu des résultats plus sûrs en instituant un bon ministère de l'instruction publi((ue. Ily[)othèse risquée, erronée probablement. Nous possédons depuis longtemps un ministère de l'instruction publique tel (jue Renan l eût recommandé à Marc-Aurèle, et nous ne voyons pas que la situation du christianisme catholique en soit tellement compromise.
Ernest l*sichari n'a pas tout à lait tort ({uandil qualifie de faux savants ceux ijui [)ensent résoudre le [)roblème humain sans s'inquiéter de la vie morale. Science et vie sont deux. Déjà la vie naturelle déborde la science au sens propre et strict du mot. A plus forte raison la vie morale déborde-t-elle le cadre des expériences et des définitions scientitiques.Cette vie peut être matière
d'observation ; mais l'observation ne peut se flatter d'en pénétrer le secret ressort, ni les possibilités indéfinies ; et surtout la théorie n'en procure point la vertu. C'est un flot qui monte on ne sait d'où, — des profondeurs de l'être ; mais ces profondeurs échappent à toute connaissance, et les philosophes ont bien l'air d'en parler seulement par conjecture. — Ce flot apparaît au fond de nous-mêmes et nous soulève ; la vie sociale l'alimente ; dire qu'elle le crée serait une parole équivoque, vu que c'est aussi bien ce mouvement ascendant de la moralité qui crée la vie sociale, en tant que celle-ci se distingue de l'existence grégaire. Le propre de ce mouvement est de n'être pas orienté vers une limite fixe, mais vers un idéal dont les contours vont s'élargissant et s'élevant à mesure que l'on tend à s'en rapprocher. Le sentiment de cet idéal, l'aspiration qui va vers lui, la satisfaction qu'on éprouve à le servir, sont, à proprement parler, l'essence de la religion, ce par quoi les religions servent au progrès humain en ce qu'il a de plus noble et de plus vrai, l'esprit de justice et de fraternité. A certains esprits très scientifiques et très secs, qui seront peut-être tentés de dire que ce sont là métaphores et images, il est facile de répondre que les hommes n'ont jamais parlé que par images et par métaphores, et que les symboles exacts, abstraits et chiff'rés, de l'algèbre et de la chimie ne sont pas ceux qui conviennent aux
réalités, — nous disons aux réalités, — dont il est ici question.
Ce doit ôtre une grande erreur, dénoncée déjà par l'expérience, de penser que l'on peut édifier théoriquement et pratiquement sur une science exacte la morale sociale et individuelle, pourvoir, moyennant une formule bien dosée, i\ l'ordre profond de lu société et à l'éducation de ses membres. L'ingrédient qui vivifie tout est im[)ondcrable et inimitable ; c'est le sentiment du bien, le sens de fhumanité ; et c'est ce sentiment qu'il s'agit d'évoquer, de développer, d'appliquer. L'éducation de ce sentiment ne peut [)as être un simple exercice de l'esjjiit, et elle est même bien autre chose. Ce sentiment qui s'est entretenu dans les religions, qui s'est manifesté en elles et qu'elles ont tormé, ne subsistera et ne grandira que dans des conditions, avec des appuis analogues à oeox (jui font aidé à naître et à se perpétuer en dépit de toutes les illusions, île toutes les erreurs, île toutes les faillites dont nous voyons émaillée son histoire ; c'est-h-dire qu'il se maintiendra, s'allirmera et agira par le moyen de conceptions non géométri([ues mais mystiques, notions émotives, augustes et sacrées, de la famille, de la société, de la patrie, de l'humanité ; et si ces notions vivantes et agissantes ne trouvent plus leur symbole et leur aliment dans les formes magico-religieuses des rites anciens, elles seserviront d'un équivalent qu'elles créeront,
-emparée qu'elles ne pourraient s'en passer, II n'est aucunement chimérique d'envisager un perfectionnement de notre discipline nationale, étant donne que nous avons une discipline nationale et qu'elle a besoin, grandement besoin, d'être perfectionnée. La formation et la direction de l'humanité auront toujours un certain caractère mystique, sans lequel aucun progrès véritable ne serait possible. Ceux qui rêvent en ces matières sont les pédants qui s'imaginent dresser l'animal humain par la seule connaissance, bien claire et bien raisonnée, de ses intérêts matériels : programme à faire des sots et des brutes, s'il était possible de l'appliquer en toute rigueur.
Si nous ne pouvons pas nous empêcher de trouver que les religions nous ont légué le mythe plutôt que le sens de la vie et de la mort, nous ne renonçons pas pour autant à toute considération morale de l'une et de l'autre. Nous pensons, au contraire, en discerner et en pénétrer i)lus intimement la signification et la valeur morales. Ce n'est pas notre faute si les vieux dogmes ne nous disent plus rien Un dogme tout matérialiste et brutal de l'existence humaine nous satisferait encore moins. Nous tâchons d'éclairer notre voie et d'affermir notre marche vers un idéal de société meilleure et de plus noble humanité. Nous pensons retenir ce qu'il y avait de réellement vivant et fort dans la foi antique, et nous estimons que les croyants des vieux symboles n'ont pas motif
de nous l'egarder en i)itié. Lu levanclie ilu mépris n'est (|ue Iroj) facile, et peut-être serait-il i)ruilent à eux de le comprendre. Nous aussi, nous avons une foi, et qui n'est pas moins respectable que la leur, n'étant ni moins haute ni nioins sincère. Nous n îulmettoiis [)as (juils se donnent comme étant à meilleur titre que nous dé[»ositaires de la véritable tradition Iranvaise ;sans insister sur un point délicat de la position catholique du côté romain, nous pouvons nous dire, pour le moins, autant qu'eux, de libres serviteurs de la France. Ce service a du travail pour tous, et demain comme aujourd'hui l'accord dans la relip^ion du dévouement à la patrie sera notre commun devoir.
Mai 1916.
Iiup. JoLVE et Cie, i5. rue Racine, Paris — 343i-i:
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Université d'Ottawa Echéance
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