I. Ceci était écrit en i8i
LE GOLFE DE BAIA. i35
Tout ce qui fut grand dans le monde, ïu ne retentis plus de gloire ni d'amour.
Pas une voix qui me réponde, Que le bruit plaintif de cette onde, Ou l'écho réveillé des débris d'alentour I
Ainsi tout change, ainsi tout passe ; Ainsi nous-mêmes nous passons, Hélas ! sans laisser plus de trace Que cette barque où nous glissons Sur cette mer où tout s'efface.
COMMENTAIRE
Ainsi que le dit la note au bas de la page i34f ces vers, qui faisaient partie d*un recueil que je jetai au feu, avaient été écrits à Naples en i8i3. J*aIIais souvent alors passer mes journées, avec le père de Graziella et Graziella ellemême, dans le golfe de Baia, où le pêcheur jetait ses filets (voir les Confidences^ épisode de Graziella). J'écrivais la côte, les monuments, les impressions de la rive et des flots, en vers, pendant que mon ami Ajmon de Virieu les notait au crayon et au pinceau sur ses albums. Il avait, par hasard, conservé une copie de cette élégie, et il me la remit au moment où je faisais imprimer les Me'ditations. Je la recueillis comme un coquillage des bords de la mer qu'on retrouve dans une valise de voyage oubliée depuis longtemps, et je Fenfilai, avec ses sœurs plus graves, dans ce chapelet de «ms p#ësies.