LS JON
— parmi les vaccinés nés et élevés en milieu tuberculeux non bacillifère : tests positifs dans 40 % des cas, 1, 2 à 3 ans après ingestion de B. C. G. ; dans 25 % des cas, à 4 ans ;
__ en milieu bacillifère, tests positifs : enfants vaccinés : à 1 an 53 %, à 2 ans 70 %, à 3 ans 55 %, à 4 ans 50 % ; enfants non vaccinés : à 1 an 20 %, à 2 ans 30 %, à 3 ans 40 %, à 4 ans 50 %.
Ces résultats nous paraissent intéressants à plusieurs points de vue : ils font intervenir, à côté de la notion d’âge que nous avons déjà signalée comme étant très importante à considérer, la notion de milieu : milieux sain, tuberculeux non bacillifère, tuberculeux et bacillifère. Nous constatons d’abord que chez les enfants vaccinés la proportion de réactions positives augmentent puis diminue suivant l’âge ; par contre, celle des témoins augmente progressivement. Ensuite, que cette proportion augmente à mesure que les risques de contagion sont plus importants. Enfin que, tout au moins jusqu’à 3 ans, dans des conditions de milieu équivalentes le pourcentage de tests positifs chez les vaccinés est supérieur à celui des non vaccinés (dernier cas).
Ces résultats concordent dans l’ensemble avec ceux obtenus par MM. WEïzL-HALLÉ et TURPIN au moyen des cuti-réactions et qui sont les suivants :
— en milieu sain : première année 18 %, deuxième 30 %, troisième, 32 %, quatrième 24 %, avec fléchissement à 3 ans (moment de la revaccination) ;
— en milieu douteux : première année 17 %, deuxième 42 %, troisième 30 %, quatrième 48 % ;
— en milieu tuberculeux : 9 mois 22 %, un an et demi 50 %, 3 ans 44 %, 3 ans et demi 60 %, 5 ans plus de 70 %, avec fléchissement à 9 mois et revaccination.
(Tous ces pourcentages se rapportent à des cutiréactions positives).
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On ne peut donc conclure d’une manière uniforme pour tous les vaccinés. Il faut, dans tous les cas, tenir compte de l’âge et du milieu. C’est pourquoi les résultats des auteurs américains et ceux de MM. WeïLL-HALLÉ et TURPIN nous paraissent particulièrement intéressants ; nous verrons que le pourcentage des cuti-réactions positives étudiées par nous, dans le seul milieu contaminé, maïs à des âges différents, concordent avec ces résultats.
VARIATIONS DES RÉSULTATS SUIVANT LE BACILLE EN CAUSE, LE MODE D'ADMINISTRATION ET LA SENSIBILITÉ INDI- VIDUELLE,
La « posivité » de la cuti-réaction varie suivant que le bacille en cause est celui de Koch ou celui de Calmette-Guérin. Nous répétons que nous avons tenu compte, pour simplifier, uniquement des statistiques concernant des enfants non tuberculeux, rigoureusement isolés dès la vaccination, ou restés en contact mais chez qui un examen clinique et radiologique n’a rien révélé de pathologique. Ces précautions ont été prises pour que l’on ne soit pas tenté d’attribuer la « posivité » de la cuti à une surinfection tuberculeuse. Toutefois, il suffit d'étudier les cutis de B. C. G. et celles de tuberculose pour apprécier, souvent, des différences nettes. On sait, en effet, que les premières sont peu intenses, tardives (elles peuvent apparaître au delà du deuxième jour, parfois même du cinquième au huitième jour après la scarification et, nous le verrons dans le chapitre suivant, souvent éphéméèéres. Il s’agit fréquemment d’une légère surélévation linéaire et alors, chez un enfant vacciné, une cuti fortement positive, c’est-à-dire une allergie plus intense est souvent la seule trace visible de la surinfection.
La proportion de réactions tuberculiniques positi-
ves varie avec le mode d'administration du B. C. G. La vaccination par injection sous-cutanée, qu'il s'agisse d’une primo ou d’une revaccination, est plus allergisante que la vaccination per os. Elle doit donc déterminer, et elle détermine d’ailleurs, plus de cutis positives que celle-ci.
Il existe, enfin, sûrement, une sensibilité individuelle à l'égard du bacille de Calmette et Guérin comme à l’égard du bacille de Koch. Une même dose de B.C.G. peut déterminer l’allergie chez un individu et rester sans effet chez un autre, les tests tuberculiniques demeurant constamment négatifs. Ce fait, à lui seul, pourrait expliquer la nécessité, nous ne dirons pas d’une revaccination, puisqu'il est possible que le sujet soit quand même prémuni, mais d’une nouvelle administration de B. C. G. Tandis que certains sujets deviennent allergiques après une seule injection de vaccin, il faut, à d’autres, une double et plus rarement une triple et même quadruple dose pour répondre positivement à la cuti-réaction. Les contrôles tuberculiniques, pourtant indispensables, sont rares dans la pratique courante, et nous voyons, bien souvent, des enfants ayant reçu du B. C. G. à la naissance et parvenant à l’âge de 2, 3 ou 4 ans sans avoir jamais subi d’épreuve tuberculinique. Ces épreuves doivent être pratiquées fréquemment car il faut contrôler la vaccination et cela pour deux raisons : d’abord pour revacciner si cela est nécessaire, nous l’avons vu; mais aussi parce que la revaccination est, sinon dangereuse, du moins inefficace chez des sujets à cuti-réactions positives. Dans ce cas-là, en effet, c’est que la première vaccination a été suffisante où que, malgré elle et probablement parce que les conditions requises n’ont pas été observées, le sujet a été touché par la tuberculose.