RÉSULTATS
Les réactions tuberculiniques les plus communément employées sont la cuti-réaction et l’intra-dermo-réaction.
Leurs résultats chez les enfants vaccinés au B. C. G. sont divers; l'interprétation en est délicate et cela d'autant plus, que pour les uns cuti-réaction positive signifie infection tuberculeuse malgré le vaccin, pour les autres imprégnation de l’organisme par le bacille de Calmette et Guérin. Pour éviter de tenir compte, chaque fois, de la possibilité d’une surinfection à bacilles virulents, nous ne relevons, dans ce qui suit, que les statistiques relatives à des enfants chez qui les moyens cliniques et radiologiques ont permis d'éliminer toute trace de tuberculose apparente. Nous adopterons le même système dans la deuxième partie de cette thèse, lorsque nous établirons le pourcentage des cutis positives et négatives chez les enfants examinés par nous, et nous citerons, avant tout, les enfants bien portants.
DE PRAT b)
HhALUES
Bien entendu, lorsqu'il s’agit d’enfants rigoureusement isolés depuis la vaccination, nous sommes encore plus certains que la réaction tuberculinique est imputable au seul B. C. G.
Mais même avec ces réserves, les résultats obtenus sont divers. En voici quelques-uns :
Statistique de MM. DEBRÉ, LELONG et Mlle PICTET : tous les enfants ont été l’objet d’un isolement rigoureux ; chez 193 d’entre eux, non vaccinés, les tests tuberculiniques ont été négatifs sans exception ; chez 297 enfants vaccinés il y a eu 97 % de tests tuberculiniques positifs à l’âge de 2 ans.
Ces résultats appellent, à notre avis, plusieurs remarques :
— constatons d’abord le pourcentage énorme de tests tuberculinques positifs chez les enfants vaccinés ;
— de plus, les auteurs indiquant les variations de ce pourcentage suivant l’âge, de 3 mois jusqu’à 2 ans : 3 mois 73 %, 6 mois 89 %, 1 an 91 %, 2 ans 97 %, nous voyons, dès maintenant, l’importance de la notion d’âge ;
— enfin, chaque fois que la cuti-réaction a été négative, l’intra-dermo-réaction a été pratiquée et cela à des doses de tuberculine brute croissante, allant même parfois jusqu’à 1 mg. Ne peut-on attribuer à cette façon de procéder le pourcentage considérable trouvé ? Evidemment les intra-dermo-réactions sont restées négatives chez les 193 enfants non vaccinés. Mais les Américains qui, eux, pratiquent des intradermo-réactions avec des doses faibles de tuberculine obtiennent, nous le verrons plus loin, des résultats analogues à ceux des auteurs qui emploient les cutiréactions, c’est-à-dire baucoup moins de tests positifs.
MM. DEBRÉ et CorFiNo étudient, dans les Annales de l'Institut Pasteur, les réactions tuberculiniques de 300
enfants, isolés rigoureusement dès la naissance et dont la moitié reçut du B. C. G.
Les 150 enfants vaccinés présentèrent presque tous une réaction positive aux cutis mais surtout aux intra-dermos faites à doses croissantes : 50 % des enfants eurent une réaction nette, chez 25 % elle fut faible, chez 12 % ébauchée et nulle chez 13 %.
Les 150 enfants non vaccinés présentèrent tous une réaction négative. Là encore nous pouvons faire la même réserve à propos des intra-dermo-réactions.
Des résultats analogues quant au pourcentage ont été obtenus et sont cités par FERRAUD dans sa thèse (1936). Ces résultats sont de 80 à 90 % de réactions positives chez les enfants vaccinés, mais en pratiquant des intra-dermo-réactions poussées assez loin. Nous pensons que par de simples cuti-réactions, ce pourcentage eût été inférieur. C’est ce que semble prouver un autre chiffre cité par le même. Il n’a obtenu que 62 % de cutis positives chez 169 enfants vaccinés pourtant par voie sous-cutanée, voie qui, nous le verrons, permet d’obtenir plus fréquemment que par ingestion une réaction tuberculinique positive.
Par contre, la proportion de cutis + est moins importante pour d’autres auteurs. Pour Léon BERNARD elle ne serait que de 50 %. M. ROHMER (de Strasbourg) a trouvé chez des enfants vaccinés per os et isolés un pourcentage de 30 % (les enfants étaient âgés au moins de 5 à 8 semaines).
Mme MaLDAN-MassOT (thèse de Paris 1931) donne 27 %0.
William Park, C. KERESZTURI et L. MISHULOW pratiquant le test de Mantoux ont obtenu les résultats suivants :
— en milieu présumé sain : tests positifs dans 30 % des cas, 1, 2 à 3 ans après l’ingestion de B. C. G dans 20 % des cas, à 4 ans. Le nombre des résultats positifs augmente en même temps que la probabilité d'infection tuberculeuse virulente, en effet ;