A. — ETUDE DES CAS ISOLES
C’est à la fois la méthode la plus défavorable pour le B.C.G. et la moins sûre. Méthode peu sûre, parce qu’on ne peut conclure sur des faits isolés. Résultats défavorables, mais résultats peu nombreux en somme si l’on veut se donner la peine de faire une critique serrée. Nous avons utilisé surtout les réponses à l’enquête de La Clinique (avril 1935) sur l’apparition de méningite tuberculeuse après B.C.G., celle-ci étant, en effet, l’accident le plus fréquent au cours de la première enfance. Nous avons trouvé également deux cas de tuberculose pulmonaire et un cas de granulie mais sans aucun renseignement notamment sur l’entourage et les conditions de vaccination. Sur les 24 cas rapportés, la tuberculose n’est indubitable que 14 fois. Sur les 21 cas de méningite, 4 enfants seulement (3 sont cités par M. BLECHMANN ; le premier est
l'enfant dont nous avons rapporté l’observation au chapitre I) ont été isolés à leur naissance et n’ont pas subi de contact connu. Une cinquième observation concerne un enfant isolé également, dès sa naissance, mais dont le père, était tuberculeux pulmonaire deux ans avant.
Par ailleurs, 14 cas de méningites tuberculeuses survenues chez des enfants vaccinés au B.C.G. ont été étudiées par les soins de l’Institut Pasteur. Remarquons que la même observation peut avoir été utilisée dans les deux enquêtes. Dans 7 cas, la ponction lombaire n’a pas été pratiquée. Dans les 7 autres, l’examen du liquide céphalo-rachidien a montré : 2 fois l'absence de germes, 1 fois du pneumocoque, 1 fois une hyperalbuminose et une hyperlymphocytose sans bacilles, 3 fois du bacille humain. Donc certitude dans 3 ou 4 cas seulement. Disons qu'aucun enfant n’a été isolé à sa naissance et que tous ont vécu en milieu contaminé; de plus, 5 enfants étaient âgés de moins de 6 mois et le vaccin n’a peutêtre pas eu le temps d’agir.
Il reste donc les 4 cas authentiques cités plus haut d'enfants vaccinés, dûment isolés, qui sont morts de méningite tuberculeuse. Dans ces cas, il nous faut conclure à l’inefficacité du vaccin : il n’a pas traversé la muqueuse intestinale; ou bien il l’a traversée, mais son action a été nulle, transitoire ou trop faible pour permettre une résistance suffisante à un apport massif de bacilles. Toutes les vaccinations ont leurs aléas. M. ARMaAND-DELILLE démontre, expérimentalement, qu’un cobaye qui a reçu 3 à 4 unités anti-toxiques par cmc. de sérum sanguin est vacciné contre un certain nombre de doses mortelles de toxine diphtérique, mais que, si on lui injecte une quantité de toxine qui dépasse ce taux, il succombe comme les témoins. M. DEBré dit que 8 à 10 pour mille des sujets vaccinés