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croyons pas. Ainsi, le bacille de Calmette et Guérin a comme caractéristique d’être un bacille vivant. Or, il semble aujourd’hui démontré que l'apparition de l'allergie est liée à la présence, dans l’organisme, de bacilles, mais de bacilles vivants ou morts. L’inoculation, en grande quantité, de bacilles tués peut créer une sensibilité analogue et donner une cuti-réaction positive. Le fait même que le B. C. G. est vivant ne lui confère-t-il pas une propriété supplémentaire ? Ne faut-il pas voir une preuve de cette sorte de superaction du B. C. G. dans ce qu’il est convenu d’appeler son rôle paraspécifique? On sait que NiNni et SANCTIS MONALDI, après avoir vacciné des cobayes, les inoculent, au bout de quelques semaines, avec de la bactéridie charbonneuse; les cobayes résistent mieux à cette infection que les témoins non vaccinés. Résultats analogues chez les cobayes inoculés avec le virus aphteux, le bacille tétanique ou le bacille de Bang. Notons, en passant, que cette action paraspécifique s'exerce sur le corps microbien mais serait sans effet sur les toxines. Nous croyons pouvoir rapprocher de ces constatations les faits suivants: on sait que PASTEUR, dans une expérience mémorable, en faisant varier les conditions physiques (abaiïssement de la température), parvint à supprimer l’immunité naturelle que présentent les oiseaux à l’égard de la bactéridie de Davaine; inversement, il conféra cette immunité aux animaux à sang froid, en les réchauffant. Donc un simple phénomène physique peut faire fléchir lPimmunité ou la faire apparaître. Pourquoi ne pas supposer qu’un phénomène biologique aussi important que l’introduction, dans l’organisme, d’un Pacille vivant, ne puisse amener des perturbations notables dans limmunité à l’égard d'infections diverses ?
C’est ce que semble confirmer la résistance présen-
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tée par les enfants vaccinés aux infections du premier âge et observée par certains auteurs. Les complications pulmonaires de la rougeole et de lacoquelucheseraient moins fréquentes que chez les enfants n’ayant pas reçu de B.C.G. Pour notre part, nous pouvons signaler, dès maintenant, que les maladies infectieuses habituelles présentées par certains des enfants dont nous avons étudié les dossiers, ont été caractérisées par leur bénignité.
Par conséquent, il semble bien qu’à côté de l’allergie le B.C.G. confère « quelque chose de plus ». Les faits que nous avons cités sont un peu éloignés d’une part du problème de la tuberculose, d’autre part du sujet de cette thèse; il eût mieux valu, évidemment, démontrer que le vaccin conférait, outre l’allergie, une immunité. Mais comment parler d’immunité en matière d’infection tuberculeuse ? L'idée que l’on s’est faite de cet état lors de l’étude de la vaccine ou de la rougeole ne peut pas être appliquée sans réserve à la tuberculose. Celle-ci, même guérie cliniquement, reste latente et l’on n’observe pas de guérison absolue, c’est-à-dire clinique, bactériologique et sérologique comme dans les autres maladies infectieuses. D’ailleurs, l’organisme n’est en quelque sorte préservé de l'infection tuberculeuse que dans la mesure où il est encore imprégné par le germe pathogène. Mais si cette immunité spéciale ou si l’on préfère cette « prémunition » est fonction de la présence de bacilles, pourquoi le B.C.G., bacille vivant, retrouvé dans l’organisme après chaque vaccination, ne la conférerait-il pas ?
Cependant le B.C.G. ne reste pas vivant au-delà d’un certain temps. M. GUÉRIN l’a démontré expérimentalement : l’inoculation sous-cutanée au bœuf de 50 mgr de vaccin provoque l’apparition d’un nodule qui persiste de longs mois, souvent indéfiniment. Si la vaccination date de moins d’un an, on retrouve, dans ce
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nodule, du B.C.G. vivant (non modifié dans ses caractères et son innocuité), plus tard le B.C.G. est mort et la réaction à la tuberculine devient négative. Il en est de même chez les cobayes et les lapins.
Par contre, en clinique, nous ne disposons, ainsi que nous l’avons déjà dit, que des tests tuberculiniques nous renseignant sur l'allergie non sur l’immunité, termes non superposables nous le savons maintenant grâce aux faits que nous venons de relever et aux cas d’immunité sans allergie et d’allergie sans immunité cités plus haut.
MM. DEBRé et CorFiNo montrent qu’il existe, déjà au cours de la première année et surtout plus tard, une diminution de la sensibilité à la tuberculine; son extrême atténuation, voire sa disparition sont constatées chez les enfants après deux ans.
Pour M. TurpPix, la cuti-réaction est transitoire et régresse au-delà de la troisième année (cf. les statistiques déjà vues avec fléchissement à cet âge en milieu sain et à 9 mois en milieu tuberculeux). Cet auteur ajoute, d'accord en cela avec beaucoup d’autres, que « le B.C.G. prémunise l’espèce humaine contre la tuberculose maïs la durée et la qualité de cette prémunition ne peuvent encore être exactement mesurées ». (Vie Médicale, janvier 1936).
Signalons que, dans l’ensemble, les cuti-réactions restent positives pendant plus longtemps (au moins deux ans) lorsque le vaccin a été administré par voie parentérale. Signalons également qu’une cuti-réaction négative doit être vérifiée un mois plus tard environ, de facon à éliminer le défaut possible de technique et à éviter de considérer comme un fléchisement naturel de lallergie ce qui n’était peut-être qu’une anergie transitoire due à une maladie infectieuse passée inaperçue; disons enfin que, au cours de la première année, une cuti négative à 3 mois chez un enfant vac-