AU RÉGIMENT ÉTRANGER
("Corps expéditionnaire du MexiqueJ
INTRODUCTION
UE le lecteur ne s'attende pas à trouver dans ce volume, sèchement racontées en quatre lignes, une série de petites anecdotes plus ou moins vraies sur les derniers moments de tous les souverains de ce monde. La plupart des morts royales n'offrent pas toutes le même attrait de curiosité, soit que le prince ait rendu Vâme dans son lit, tranquillement, sans secousse ni révolution, ou bien encore que Vintérêt qui s^attache à sa personne ne soit pas asse\ considérable pour que les dernières heures de sa vie méritent d^étre racontées.
J^ai publié, il y a plusieurs mois, une relation de la Mort de Louis XV, qu^on retrouvera dans ce livre, avec quelques suppressions de convenance, et que le public bibliophile a bien voulu accueillir favorablement. Je désirais d'abord éditer de la même manière
INTRODUCTION
une suite de relations semblables ; puis, f ai préféré réunir en un volume quelques-unes des plus intéressantes, en racontant non-seulement les derniers moments des souverains qu^elles concernent , mais en résumant aussi leur existence royale, et en rattachant aux faits qui ont causé et accompagné leur mort les actes de leur vie qui les ont préparés.
Oest ainsi que f ai été amené à donner avec détails, entre autres récits, la relation intime de la révolution de 1762 en Russie, et celle non moitts intime et non moins curieuse de la mort de Catherine II, avec certains épisodes sur sa conduite privée {je dis privée on verra qu'elle ne fut , hélas! que trop publique), que je publie pour leur intérêt historique, et non pour servir un piment licencieux aux appétits des lecteurs blasés.
Qitoique la mort de Napoléon ait été racontée un peu par tout le monde, et de toutes les façons, j'ai voulu, moi aussi, évoquer le souvenir de cette grande figure, et parler des dernières heures de Villustre capitaine, non pas seulement d'après les documents si connus, mais surtout, et comme comparaison, d'après les relations anglaises et les mémoires d'Hudson- Lowe.
Je crois qu'on trouvera dans les quelques pages consacrées à l'impérial captif de Sainte-Hélène des détails intéressants, et, je ne dirai pas inédits, mais
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moins familiers au public que ceux qu'il a l'habitude et la facilité de se procurer tous les jours.
Dans V Appendice, je puis, grâce à Vaimable complaisance de M. Édouard Fournier, publier le curieux récit de la Mort de Louis XVIII, écrit pour ainsi dire heure par heure par la princesse Adélaïde d'Orléans. Cette précieuse pièce, découverte par l'infatigable et adroit bibliophile, et imprimée récemment dans la Revue des Provinces, puis reproduite dans le journal l'Evénement, paraît ainsi aujourd'hui pour la première fois en volume. '
Cette préface n'ayant d'autre but que d'indiquer rapidement au public le genre et la nature du travail historique que je lui offre, je la termine ici, mais non sans remercier cordialement mes confrères des grands et des petits journaux des lignes gracieuses qu' ils ont accordées à mes deux dernières publications, et en osant, comme on dit dans les suppliques officielles, leur demander pour celle-ci « la continuation de leur bienveillance. »
Georges d'Heilly.
Nemlly-sur-Seine, octobre i8éé.
LA RÉVOLUTION RUSSÉ