ESSAIS DE VACCINATION CONTRE LA MORVE
D'après Burner, on peut les comparer avec la zymase de Bucuxer, le ferment que la levure ne sécrète pas ou presque pas et que lon obtient par broyage du corps du microbe.
Cette comparaison ne signifie pas bien entendu que les endotoxines soient des diastases. Pour mériter leur nom, les endotoxines doivent être spécifiques et donner des anticorps antitoxiques.
L'existence des endotoxines spécifiques est démontrée par la toxicité des corps microbiens mêmes, et en principe des corps microbiens jeunes, autant que possible non altérés par des manipulations plus ou moins prudentes.
Il faut se méfier des endotoxines qui s’amassent dans des vieilles cultures (PretrFER) qui sont produites par la destruction des microbes par le temps ou l'insuffisance alimentaire, ce qui n'est pas sans produire des altérations profondes. Dans bien des cas (Prerrrer) les microbes à l’endotoxine peuvent sécréter aussi d’autres poisons, solubles, tout différents des endotoxines.
Mercanikorr, ROUX, SALIMBENI avaient montré que le vibrion cholérique sécrète une toxine qui se trouve dans les milieux de culture surtout pendant les premiers jours. Ce poison n'existe pas si les cultures sont vieilles et si beaucoup de corps microbiens sont déjà détruits et ont laissé leurs débris dans les milieux. Par inoculation des endotoxines dysentériques, pesteuse, typhique, sous forme de corps microbiens, ou sous forme d'extrait par des manipulations plus ou moins ménagées, on obtient des sérums anti-endotoxiques correspondants, quoique de très faible valeur.
Comme un des caractères essentiels des toxines est d’engendrer des antitoxines, ceci prouve que les endotoxines sont des poisons spécifiques. Il faut donc chercher à perfectionner les endotoxines et les anti-endotoxines.
M. Lecroux s'était mis à la recherche de telles substances par des procédés biologiques, seul moyen de ne pas les altérer ou dénaturer [29 |.
PRINCIPES LYTIQUES DES BACILLES DE LA MORVE, DE WHITMORE ET PYOCYANIQUE
En 1927 M. Lecroux [22] a montré les affinités de culture entre le bac. pyocyanique et le bac. de Wurrmore que les bactériologistes anglais qualifiaient de bac. pseudo-morveux; plus tard avec J. GEeNEvRAY il a montré l'identité de caractères culturaux des deux germes et la superposition de leurs actions pathogènes.
M. Learoux avait émis l'hypothèse que le bac. de la morve, qui ne se rencontre que dans les lésions des malades et jamais dans la nature, pouvait être l'adaptation tn vivo d’un bacille fréquent dans le milieu extérieur, le bac. pyocyanique var. achromogène.
Les expériences que nous avons réalisées avec M. Learoux | 23) en 1931 ont apporté des éléments de grande vraisemblance à cette hypothèse. Nous avons cherché à mettre en évidence les principes autolytiques, qui existent normalement dans toute culture bactérienne, des bacilles de la morve, de Wuirmore et pyocyanique; en possession des filtrats de ces cultures nous avons examiné les interactions de chacun sur les trois bactéries à l'étude.
Les bacilles sont ensemencés dans les bouillons glycérinés à 5 p. 100, puis capuchonnés et portés à 37°, prenant le soin de les agiter de temps en temps pour faire tomber les voiles dans le fond du tube. Un tube de chaque espèce de culture est filtré tous les deux jours afin de voir s’il contient un facteur lysant le germe respectif ou les deux autres. Les cultures en bouillon glycériné de Wuirmore, filtrées après douze jours d’incubation à l’étuve à 37°, contenaient un principe lytique, à très faible actüvité d'abord pour le bacille de la morve, mais n’exerçant pas d’action sur le bacille de Warrmore et le b. pyocyanique. Les cultures
PRINCIPES LYTIQUES DES BACILLES de:
de b. de la morve lysées par le filtrat précédent des cultures âgées de b. de Wurrmore, laissées 24 heures à 37°, puis filtrées sur bougie Chamberland L*°, donnent naissance à un principe lytique pour le bacille de Wuirmore et à une exaltation de force lytique pour le bacille de la morve.
Quelques passages ainsi faits soit sur le bacille de la morve soit sur celui de Wuirmore permettent d'obtenir un principe lytique dont t millionième de em déclanche la lyse complète des cultures du b. de la morve et du bacille de Wurrmore indifféremment. Il est impossible par le passage successif sur l’un ou l’autre de ces microbes d'enlever aux filtrats la propriété de lyser l’autre.
Ces filtrats n’ont aucune action sur le développement d’autres bactéries comme les bacilles du côlon, dysentérique, le staphylocoque doré, etc... dont les principes lytiques sont régulièrement entretenus à l’Institut Pasteur ; ces principes de leur côté n’ont pas d'action sur les cultures du bacille de la morve et de Wurr- MORE. Quant au filtrat des cultures du bacille de fa morve, âgée de 12 jours ou de plus, il n’agit ni sur le bacille de la morve, ni sur celui de WuiTMORE.
Une autre série d'expériences a été pratiquée avec le bacille pyocyanique (Races, PeA et MS de GessarD); les cultures en milieu liquide et glycériné, filtrées sur bougie L° après 15 jours d’incubation à 37° provoquent la lyse transmissible du bacille de la morve, mais n’agissent pas sur le bacille de Wurrmore et le pyocyanique. C’est après plusieurs passages du principe lytüique de Warrmore sur le bacille pyocyanique que l’on a obtenu une adaptation sur ce dernier microbe.
Pour s’assurer de la spécificité de groupe de cette réaction de bactériolyse, l’action du filtrat de cultures âgées de bactéries protéolytiques comme les bacilles anthracoïde et le b. protée, a été recherchée. Les cultures du bacille de la morve se sont régulièrement développées en présence de ces filtrats.
En résumé, les filtrats de culture de 12-15 jours à 37° de bacille de Wunrrmore et de bacille pyocyaniques, en bouillon glycériné, ajoutés aux cultures jeunes du bacille de la otre provoquent la lyse transmissible de ce microbe et la lyse exaltée de celui-ci donne un principe lytique pour le bacille de Wurr-