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LE BACILLE

La nature virulente des produits morveux était démontrée définitivement par le vétérinaire français Sainr-Cvr en 1863; le germe spécifique est découvert simultanément en France par BoucuarD, Caprran et CnarrinN [2], en Allemagne par LœFFLER et ScuueTz [33] au mois de décembre 1882.

Dans les lésions où les décharges purulentes des animaux malades le bacille de la morve a l'aspect d’un bâtonnet mince, droit ou légèrement incurvé, à extrémités arrondies, de 2à 5u de longueur sur 0,5 4 de largeur. Au point de vue dimension il a été toujours comparé au bacille de la tuberculose, bien que celui-ci soit un peu plus mince.

Dans les produits pathologiques morveux le microbe est souvent granuleux ; c’est un bacille immobile n’ayant pas de capsule colorable et ne donnant pas de spores.

Sur les frottis de pus, la plupart des microbes sont extracellulaires. Très peu nombreux sont ceux qui se trouvent dans les cellules. Il est assez difficile de déceler les microbes par lexamen microscopique, après coloration des produits pathologiques, par Je fait qu'ils sont faiblement colorés au milieu de débris de cellules nécrosées qui se colorent intensément ; de plus les bacilles de la morve ne sont pas très nombreux dans les lésions qu'ils provoquent; dans les frottis de pus de farcin ainsi qu’au niveau des lésions pulmonaires, il faut souvent examiner plusieurs champs de microscopes avant d’en voir un. Les éléments des jeunes cultures sur milieu solide ont la particularité d’être assez courts et uniformes, tandis que dans les vieilles cultures on a toujours observé un grand polymorphisme. Quelquefois, en particulier dans les bouillons glycérinés et âgés de plusieurs

Jours, les formes longues de r2 x et même plus ne sont pas rares. Ce polymorphisme qui n'est pas propre aux cultures du bacille de la morve sur les milieux artificiels, peut aussi s'observer dans les produits pathologiques, mais dans le pus caséeux des abcès non ouverts.

Coloration. — Le microbe de la morve ne se colore pas inten-sément. Il ne reste pas coloré par la méthode de Gram. Dans les frottis des jeunes cultures il se colore uniformément, tandis que les granulations endoplasmiques sont bien visibles dans ceux des cultures âgées. La coloration originale de LœrrLer se faisait au moyen de la solution alcaline de bleu de méthylène, suivie d’une différenciation par la solution d'acide acétique à 1 p. 100.

Les colorants habituels tels que la fuchsine et le bleu de méthylène sont tout à fait suffisants pour mettre le microbe en évidence dans les frottis des pus et des cultures. Pour la coloration des coupes, Mac FaDiean recommande la méthode suivante :

Fixer à l’alcool absolu.

Faire agir pendant 30 minutes le bleu de méthylène alcalin de LŒFFLER.

Traiter pendant quelques secondes seulement à lPacide acétique à 4 p. 100.

Laver à l’eau, mordancer au tanin pendant 15 minutes.

Laver et contrecolorer à la fuchsine au r/100.

Déshydrater à l'alcool aussi vite que possible, éclaircir au xylol.

Monter au baume. Les bacilles prennent le bleu, les tissus le rouge clair.

À l’Institut Pasteur la coloration de choix se fait au moyen de la thionine phéniquée ou du bleu de toluidine avec différenciation par l'alcool ou l’essence de girofle.

Culture. — Le développement du germe dans des conditions aérobiques contribue beaucoup à la facilité d'obtention des cultures sur les milieux ordinaires, à une température optima de 37°. Il s'arrête au-dessus de 42° et en dessous de 10°. Une petite variation en acide ou en alcali du milieu n’a pas d'influence sur l’abondance des cultures. Cependant une légère acidité (pH 6,5) semble favorable à son développement.

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