LA VIRULENCE
La virulence est la caractéristique de ce microbe. Ce facteur Joue un grand rôle dans la pathogénie de la maladie et détermine la sévérité de l'infection, Elle est l'adaptation du microbe au terrain, et s'établit par les passages successifs sur l'organisme d'une même espèce animale,
La virulence initiale de chaque souche pour un animal donné, dépend de ces passages et de l'animal d’où provient la souche.
La provenance des lésions chroniques ou aiguës n’a pas d’importance. Burrocn et Tworr [3], avec des souches isolées de l’homme, ont tué le cobaye par l’inoculation intrapéritonéale de 1 mgr. de corps microbiens en moins de 14 jours. L'entretien des cultures sur les milieux usuels diminue lentement la virulence en même temps que son abondance et augmente la fragilité. La diminution de la virulence sur différents milieux ne va pas parallèlement : elle est plus rapide sur gélose ordinaire ou glycérinée que sur la pomme de terre. La virulence d’après Maurice NICOLLE ne peut pas avoir complètement disparu, même après plusieurs passages sur les milieux artificiels. Autrefois, pour augmenter cette virulence, on recourait au passage sur les chats ou sur les ânes, animaux très sensibles.
Maurice Nicozze a observé que le passage sur les cobayes d’une souche virulente du microbe de la morve, de provenance équine, augmentait la virulence pour les cobayes, mais la diminuait pour le lapin et la souris blanche [41]. Afin d’avoir un microbe assez virulent pour la préparation de la malléinie, on peut faire le passage sur les lapins, les cobayes, toujours par la voie péritonéale ; au cours de ces passages l’infection peut prendre une allure septicémique.
Turro (1908), en inoculant les cultures jeunes des microbes de la morve en bouillon, mélangées aux produits toxiques obtenus de la culture sur gélose avec le traitement à la solution
d'hydrate de soude à 0,5 P+ 100, est arrivé à luer les cobayes en 16-20 heures.
M. Lecroux a montré que si la virulence se perdait assez rapidement sur les milieux usuels, elle se conservait au contraire pendant longtemps sur le milieu de Dorset-Lubenau. Les souches de la morve ainsi conservées se sont toujours montrées virulentes pour le cobaye, après plusieurs années de conserva (ion.