PATHOLOGIE CHEZ LES ÉQUIDÉS
Les expériences de Nocarp [42], puis de Scenverz et Mress- NER
(1, mettent en lumière le mode d'infection possible du cheval par les aliments.
Ces expériences avaient démontré que les lésions intestinales ne s observent pas, sauf dans les cas où une grande quantité de matière infestante est administrée par la bouche. Dans la plupart des cas d'infection naturelle les lésions se trouvent dans la cavité thoracique ; il est bien probable que l'infection chez ces animaux est la suite d’ingestion d'aliments ou d’eau contaminés par des sécrétions virulentes. La contamination à travers la peau par l'intermédiaire des harnais est, aujourd’hui, assez rare. Chez les animaux domestiques comme le chat, le chien, les animaux sauvages en captivité comme le lion, le tigre, la morve a été maintes fois observée à la suite de l’ingestion de viandes crues provenant d'animaux morts de la morve.
Ceci est une preuve de plus de la facilité avec laquelle la maladie se propage par le tube digestif. Les bacilles ingérés en petite quantité, s’acheminent par les vaisseaux lymphatiques mésentériques, jusqu'aux ganglions thoraciques puis atteignent les poumons pour y produire des lésions caractéristiques.
Chez le cheval, ces lésions peuvent rester à l’état latent pendant des mois, même des années, sans la moindre manifestation de la maladie, et il est fréquent que les microbes soient localement arrêtés au niveau de lésions circonscrites comme on le voit dans l'infection par le bacille tuberculeux. Dans d’autres cas, les lésions externes font leur apparition avant que les microbes soient complètement détruits. Après ingestion en masse, une grande quantité de microbes est arrêtée par les ganglions mésentériques et par le foie qui présentent les lésions macroscopiques. Dans les cas les plus sévères de ce type d'infection les bacilles peuvent être trouvés dans le sang. Mais dans la majeure partie
des cas aigus et dans la presque totalité des cas chroniques, la mise en sec dans le sang par culture est impossible. Les microbes véhiculés dans les vaisseaux arrêtés à certains points du système cutané et des muqueuses des voies respiratoires Où ils produisent les chancres et les abcès farcineux. Les lésions cutanées se localisent, de préférence, dans les régions exposées au traumatisme, particulièrement aux jambes. Ces lésions une fois établies ne persistent pas longtemps, les unes se cicatrisent, alors que de nouvelles apparaissent. Celles des voies respiratoires également ont tendance à la guérison, les ulcères sont remplacés par du tissu cicatriciel. L’élimination des bacilles de Porganisme animal, ne se fait pas seulement par ces lésions, mais aussi par les reins, bien que les lésions de cet organe ne soient pas communes. Les microbes introduits dans l’organisme par le système cutané produisent d’abord une lésion locale ; après quelques jours un œdème léger apparaît, se développe, suivi par la formation d’abcès et d’ulcères. De là les microbes s’étendent par la voie lymphatique et les lésions ultimes des poumons sont formées par le développement des bacilles comme dans la maladie spontanée. L’inoculation en masse sous-cutanée du matériel virulent produit une infection fatale. Chez l’âne la maladie se présente presque invariablement sous la forme aiguë et les manifestations cliniques apparaissent rapidement en entraînant la mort en l’espace de 5 à 20 jours. Quant au mulet, l’évolution chez cet animal est beaucoup plus rapide que chez le cheval mais plus lente que chez Pâne.