CHAPITRE LXXXVI
De nouvelles souffrances étaient encore réservées à Tinfortuné; elles devaient tomber sur lui sans intervalle. Il eut d'abord une attaque de goutte, qui commença par les articulations des mains, et lui martyrisa ensuite tout le corps. Eofin il fut attaqué du scorbut; son corps fat bientôt tout entier couvert de taches livides qui le rendaient effrayant à voir.
Je cherchais quelques consolations en roulant ces pensées dans mon esprit : a Puisqu'il faut mourir dans l'horreur de cette triste position, c'est Dieu qui envoie à l'un de nous la maladie épidémique du scorbut, qui nous conduira au
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toiDl)ean9 sinon simultanément; au moins à une courte distance, d
Nous fîmes ensemble notre préparation à la mort; et nous restâmes tranquilles. Neuf années d'une cruelle prison et de souffrances atroces et presque continuelles nous avaient enfin apprivoisés avec ridée de la destruction de deux corps aussi ruinés et aussi avides de repos que les nôtres. Notre âme était remplie d'une entière confiance en Dieu. Nous espérions bientôt aller nous réunir aux lieux où cessent toutes les colères des hommes y et où nous demandions à Dieu de réunir aussi un jour ceux qui nous détestaient.
Le scorbut; Tannée précédente , avait fait beaucoup de ravages dans les prisons. Quand le gouverneur apprit que Maroncelli était frappé de ce cruel fléau y il craignit une nouvelle épidémie; et consentit à la demande du médecin , qui prescrivaitf comme le remède le plus efficace, de prendre souvent Tair; et qui conseillait de rester dans les appartements le moins de temps possible.
Comme compagnon de chambre de Maroncelli, et malade moi-même d'une dyscrasiO; je pus jouir du même avantage.
Pendant tout le temps que la promenade n'était pas occupée par les autreS; c'est-â-dire une demiheure avant le lever du soleil; deux heures après ; pendant le dîner; si nous voulions, ensuite pen^ dant trois heures de la soirée jusqu'au coucher du
soleil, nom jôuisëiond d6 i'aif pat sous tin dél étendu. Telles étaient les heures aditqyélleâ ûmB sériions ipendant l€s jours ouvrables; melid les joâi*i de léie^ cômma les auifes prisotmlerfi ne fjoiiVàieùt se ptomener^ noits f ëstlôas dehors toute la journée, excepté pendant le diûeh
On nous donnft un autre cômpagàôn> doni là santé était trop délabrée, et âgée d'environ soi tante» dix ans^ On espérait qu^nn air pur et moinft épâiii que l'atmesphène des prisons pontrâit répArer nn peu ises fofces! c'était Mt Gôndtantino Munari> estimable tieiilard, paMiotiné pour lee études de littérature et de pbilosopbiè , dont U tôclété Uôui fut ttèe^âgréable.
^Si Ton voulait compter le tenips dé ma prisoû depuis ma (condamnation et non depuis tnon ai^ l*estation, mes sept années et demie finissaient en 1829, dansjeis premiers iômê de juillet, êfi datant de la signature impériale de ma senteuôé, ou au 92 août, en datant de 1& publication de fflà sentence.
Cette époque encote paisa ^ et toute espérance mourut au fond de mon cœur»
Jusqu'alors, Maroncelli, Munafi et moi ^ SOUè aimions quelquefois à rètef que nous revefHons encore notre chère patrie, nos parents) c'était li matière d'entretiens pleins de regrets et d'amour
Le mois d'août passa, puis le mois de septembre, puis toute cette année> et noutf n'avions pins riesi
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à èspéfer so? cette terre ^ sinon Tinaltérable con* stance de notre amitié réciproque > et Taaiistanee de Dieti pour terminer dignement le re^te de notre long vérifiée.
Ah I U religion et l'amitié sont deux bieils ines^ timables ! elles embellissent eaoore les henreii d'^n priBonniei* qni ne toit plus briller à ses yeux au»- Gone lâear d'espérance ! Dieu est vraiment àveo les malbeureilx ^ avec les malheilreui qui aimenti