CHAPITRE LXXXV
Les chirurgiens s'étaient imaginé que l'infirmerie du Spielberg pouvait offrir tout ce qui était nécessaire pour une opération, excepté les instruments, dont ils avaient eu soin de se munir. Mais, quand l'opération fut terminée, ils s'aperçurent qu'il leur manquait plusieurs choses indispensables: toile gommée, glace, bandelettes, etc.
Le malheureux mutilé fut forcé d'attendre deux
heures avant ({u'on pût appotf^ tout cela de lu ville. Enfin il put s'étendre sur 6ûit lit; et Von appliquai là glace sur Iâ plàié.
Le lendefflain^ iU débdrrasôèl'cifit lé moigndii des grumeaux de sang qui s'étaient fotmés| ils le latèrent^ iraffiëuèrenf là pëkn en atàôti et pU« ôè^ânt les Mndelètfeâ.
Duraût pliisièuri^ joules oii ne dôunâ au malade^ pour toute nourriture^ qu'une deml-taisè dé bouil"- Ion avec un jatine d'o^ufi Quaûd on n'eut pltls à ctaiiidfe la flèvtâ vulnéfaite^ oli Itii donna graduellement une nourriture plus abondante 0t pifil âttOOiilente podt instaurer seâ fondés épUiâées. L'empeteut avait ordonné de lui donflèr une ndti^ riture saiûè^ de 1^ cuisiné du mirltitéâdftûti jùé^ qu'au parfait rétàblisseUie&t.
La guérison s'effectua en quarante jours; alors on nous conduisit dans une chambre qui se trouva agrandie , parce qu'en détruisant la cloison on avait réuni notre ancienne prison à la prison habitée d'abord par Oroboni, et ensuite par Villa.
Je transportai mon lit à l'endroit même qu'occupait celui d'Oroboni, où il avait rendu le demidr soupir. Cette identité de lieu était chère à fflôll ccbdf ; il me semblait que je me tusse approché de lui. Souvent^ dans nies rêves, mon esprit ôroyalt le voii* réeUement5 et j'en reœvais de eélested et bienfaisantes consolationSi
' Le spectacle horrible de tant de teurmenis Sup-
DE satfo fliiiLiGO. 9SJ
pô^B |)ât Harôtièelli ^ pendint MJte èettê cruelle inaladie, aie fortifia rftt»€i. Diëti, qui m'avait ddâué la santé })eiiâani la maladie de mou atni^ parce qUë mes âôins Itil étaient néêessaireS) mé la ratlt quand Hai^ncelli put &6 tenir sur desl béquillaSi
J'eUâ (^èlques ttiàiëurs glaudukusèB qui me irent beaucoup soUfiHr. EUeé disparurent; puis Je ressentis mes aliciôns maut dd poitrine plus tiôlenui qué Jamais ^ des tertiges et des dyssen* t^rieè spasmodiquës.
Mon tour est venti, me disaiS'je t moi-même; serai-je moins patient que mon compagnon d'infortune?
Je m'efforçai d'imiter loii Côura|è et sa vertu autant qu'il était en mon pouvoir.
11 n'y a pas de doute que chaque condition humaine a ses devoirs à remplir; Geiii d'un malade isônt là palienôe, le courage et des éfibrts continuels pùxit paraître agréable et non pas insupportable à Ceux qui l'approchetit.
Maroncelli^ appuyé sur ses tristes béquilles^ u'atait plus Son agilité première^ et il éprouvait du ôhftgrin^ craignant de më servir moins bien. Il re-»doutait encore que, pour lui épargner les mouve-^ ments et la fatigué, Je n'eusse pas recours à ses services aussi souvent que le besoin se faisait sentir^
Pour parler fraiichement, cela m'arriva quel-^ quefeis ; mais je fis mes ef orts pour qu'il ne s'en . aperçât pas.
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Maroncelli avait repris ses forces; mais il souffrait encore néanmoins. Comme il arrive souvent aux amputés, il sentait des douleurs vives et des tiraillements de nerfs dans la partie de la jambe qui avait été coupée , comme si elle eût vécu encore. Il soufOrait des douleurs dans le pied , dans la jambe et dans le genou qu'il n'avait plus; en outre Tos avait été mal scié, il perçait parfois les nouvelles cbairs, et occasionnait des plaies fréquentes. Ce ne fut qu'au bout d'un an que le tronc devint assez ferme pour ne plus s'ouvrir.