XIX
pas de piètres administrateurs, s^en accommodaient fort bien.
Et qu'on ne jette pas en avant l'éternelle objection : si nous avions des écrivains , nous encouragerions la littérature. Vous avez des écrivains qui depuis longtemps ont fait leurs preuves , vous en avez d'autres qui ne sont pas sans avenir ; et vous ne soutenez pas les premiers dans la route , et vous rebutez les seconds dès l'entrée de la carrière. IVulle part on ne fait sonner si haut qu'ici le mot nationalité ; et nulle part (toujours en fait de littérature , bien entendu , je ne sors pas de là ) , nulle part ne se vérifie si souvent le proverbe : nul n'est prophète dans son pays. Qu'on me pardonne les noms propres , mais sans noms propres , on reste vague et incompris. Dans le peu d'écrivains belges que j'ai lus . j'ai vu des pages réellement excellentes. Comparez certaines épîtres politiques de M. Lesbroussart avec la Villéliade et les poèmes du même genre de Barthélémy et Méry, et si vous êtes homme de goût et de bonne foi , vous hésiterez à donner la palme ; M. de Reiffenberg a trop éparpillé son talent , c'est possible, mais je vous citerai tel écrivain français dont le nom est dans toutes les bouches , et qui n'égale pas sa piquante et spirituelle érudition; M™" Desbordes Valmore a-t-elle un morceau qui vaille la grâce naïve et touchante de certains vers de M. Alvin à sa petite fille? la distance est-