‹ Mosaïque belgeChapitre 9 sur 16 · XX · texte numérisé non relu

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elle si grande entre M™" Guizot ou M™^ de Saussure» et M">« Gatli ? Je ne sais si 31. l'abbé Louis à Liège , et M. E. Robin à Bruxelles sont Belges , ce que je sais, c'est que leur critique est souventremarquable par la justesse, la sagacité et le style. Et je pourrais, sans peine , grossir cette liste , et je ne cite ni les historiens, ni Van Hasselt, ni Mathieu de Mons , ni Ch. Faider, ni St-Genois, ni bon nombre de romanciers, et de poètes dont les débuts, quoi qu'on en dise, ne sont assurément pas si pauvres d'espérance. — Camaraderie! dira-t-on , vous en parlez, parce que vous les connaissez. — Eh, parbleu ! qui donc en parlera? ceux qui ne les connaissent point? les journalistes français, peut-être ! C'est le mot de Malherbes à qui l'on reprochait d'avoir toujours des procès avec ses proches. — El avec qui voulez-vous donc que j'en aie? avec les Turcs et les Moscovites? — Au reste, s'il y a camaraderie, du moins y at-il désintéressement; car, pour arriver à quelque chose en Belgique, c'est une maigre recommandation , je vous jure, que celle de MM. les littérateurs.

Il est certain que la plaie mortelle de toute littérature parmi nous, c'est la profonde indifférence du public pour les productions indigènes. Peutêtre , à la longue . surgira-t-il un génie assez puissant et assez obstiné pour vaincre cette fatale apathie; mais en attendant, ne peut-on chercher à la combattre? Sans doute, plusieurs écrivains français

gont des hommes d'un haut mérite , mais enfin seraient-ils si bien connus , auraient-ils tant de lecteurs , si l'on ne fatiguait sans cesse de leurs noms tous les échos de la presse ? si , réveillé par cet appel quotidien, chacun ne demandait à son voisin : avezvous lu le dernier roman d'un tel? Connaissez-vous les vers d'un tel? Que je dise à cinquante personnes : Voici un livre intéressant, lisez-le; il est à supposer qu'une vingtaine au moins suivront mon conseil , et que ces vingt lecteurs satisfaits en amèneront cent autres. On ne dit point au public belge : admirez les écrits de vos compatriotes ; on lui dit seulement : donnez-vous la peine de les lire , dépouillez ce préjugé anti-national qui vous fait répondre, quand il s'agit d'eux, le mot ignare des vieilles écoles, quand il se rencontrait dans un livre latin une citation grecque : qrœcum est , non legîtur. N'applaudissez pas , à tort à travers , toute œuvre belge ; jugez-la , jugez-la en connaissance de cause. Est-elle mal pensée et mal écrite? qu'elle retombe dans le néant; nous ne confondons pas un louable sentiment de nationalité avec une patrioterie ridicule. Mais donne-t-elle , promet-elle seulement un écrivain de plus à la Belgique ? qu'alors tous vos efforts tendent à la faire connaître et apprécier.

C'est que cette indifférence va plus loin qu'on ne 'imagine. Un des premiers violons de l'Europe , A. Hauman , revient à Bruxelles , tout couvert des

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