SCÈNE XIX ET DERNIÈRE
les mêmes, KLOPMANN, FRANCOEUR.
KLOPMANN.
Place , place pour un courrier !
32V MISCELLANEES.
francoeur , à Sinclair.
Mon capitaine , des dépêches sont arrivées de Paris au quartier-général; on parle d'événements décisifs qui doivent amener , dit-on , la cessation des hostilités. Je me suis empressé de venir vous apprendre cette nouvelle.
SINCLAIR
Tu as bien fait, F rancœur, et je t'en remercie.
M. RAYMOND
Nous verrions donc la fin de cette guerre ! (a Rosenthal. ) Cela étant , M. le baron , vous devenez libre.
ROSENTHAL
La reconnaissance m'enchaîne à jamais à votre famille.
M. RAYMOND , prenant les mains de Louise et de Sinclair.
J'avais une fille bien-aimée, je vais avoir deux enfants qui seront la joie et l'honneur de mes vieux jours.
SINCLAIR
Quelle félicité est égale à la mienne !
FRANCOEUR
Ce n'est pas pour dire, mais... si mam'zelle Anna... Car enfin, moi aussi j'ai un cceur.... Et puis d'ailleurs, en ait de çà....
MI8CELLANÉES. 325
KLOPMANN , l'interrompant.
Mon camarade , vous vous embrouillez. Nous autres , voyez-vous , nous n'entendons rien à distiller une déclaration.
francoeur.
Il a raison, l'ancien. Au fait , mam'zelle Anna, je vous aime, v'ià le fait.
ANNA
Ah ï ah ! M. Francœur n'est donc [plus Francœur le sergent?
FRANCOEUR
Si fait , mam'zelle , si fait; je suis le sergent Francœur, etjem'envante. De plus, vous voyez là (montrant sa poitrine-) ce ruban que je n'avais pas l'an dernier ; c'est ma fortune ; je vous l'offre , et moi , par-dessus le marché .
M. RAYMOND
Mon brave , je me charge de la réponse d'Anna.
KLOPMANN.
Moi , je n'ai rien à offrir , je suis le vieux Klopmann , et c'est tout.
M. RAYMOND
Baron de Rosenthal, nous sommes heureux d'avoir pu vous rendre service : n'est-ce pas un bonheur , en effet ,
d'adoucir , autant qu'on le peut , ce que la guerre a de cruel?
ROSENTHAL
De retour dans mon pays, je dirai à mes compatriotes, qu'à peine entré sur le territoire français , j'y ai trouvé des modèles des vertus qui honorent le plus l'humanité. M. Raymond, charmante Louise, et vous aussi , Sinclair , vous venez d'acquérir un ami. A la paix, je reviendrai parmi vous goûter les charmes de votre union , et cette félicité , digne prix des âmes vertueuses.
M. RAYMOND
Le quiproquo dont nous venons d'être acteurs ou témoins , montre qu'on ne doit pas prendre pour certitude même une forte probabilité ; nous le voyons ,
IL NE FAUT PAS JUGER SUR i/APPARENCE.