ÉPISODE DTN VOYAGE EN SUISSE
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La Suisse ne sera bientôt plus ce qu'elle était encore au siècle dernier, un pays de mœurs patriarcales, d'habitudes simples , de goûts paisibles et champêtres. Elle n'est déjà que trop civilisée. Ses plus belles montagnes ont des grandes routes , ses plus agrestes vallées des manufactures ; ses rivières , ses torrents font mouvoir des machines ; ses lacs sont sillonnés par des bateaux à vapeur ; ses villes possèdent des salles de concerts d'un style élégant , des théâtres ; que sais-je encore? Elle devient riche. Pour surcroît, ses petites républiques se mêlent aussi de faire des révolutions à main armée , complément de civilisation fort avantageux. La Suisse aura dû à l'affluence des étrangers beaucoup d'or, et tout ce qui en est la conséquence infaillible. Quoi que puissent dire les partisans du comfort , les industriels et les économistes philantropes , c'est dommage. L'art et le luxe n'ont rien à faire au milieu de cette grande nature , ou ce qu'ils y font la dépare. Les hommes de jugement (et il n'en manque pas en re pays) vous diront que le peuple est moins heureux qu'il
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n'était , et cela se conçoit de reste. Voit-on en effet moins d'émigrations que par le passé?
Ces réflexions préliminaires peuvent paraître sujettes à contestation , soit ; mais le sentiment a souvent raison contre le raisonnement : on pourra les trouver bien graves pour le modeste récit qui va les suivre , soit encore; mais je prie humblement mon lecteur de me laisser prendre ici mes coudées franches et deviser à mon aise.
Dans mes voyages de Suisse (celui-ci est le troisième) , j'aime à chercher , à travers la nature , des vestiges de ces antiques mœurs qui s'en vont : j'en découvre parfois de précieux qui me mettent sur la voie trop effacée de temps meilleurs. Çà et là je vois des êtres purs , pénétrés d'une piété sincère et tolérante ; des marques de respect décernées aux cheveux blancs ; de touchantes relations de famille, d'aimables scènes de vie intérieure. Ces doux spectacles reposent l'imagination et consolent le cœur, longtemps froissés par les passions turbulentes de Paris. D'autres, gravissant les monts , et donnant à peine un regard au vaste horizon qui les entoure , courbés vers la terre , y quêtent de belles plantes qui sécheront dans leurs herbiers ; d'autres, armés d'un marteau de mineur , peu occupés des effets pittoresques des rochers , se bornent à en détacher de légers fragments pour bâtir des systèmes du monde , et emportent ainsi les Alpes dans leur poche. Je forme une collection toute différente ; recueillie dans
ma mémoire , elle se forme de quelques observations morales et des souvenirs d'une nature grandiose.
Parlons un peu des femmes, et Dieu me garde d'en dire du mal ! Je sais que s'il y a, ici comme partout , des laides revêches, des prudes insipides et des coquettes -maniérées, la majorité, ce qui n'esfrplus comme partout , se compose de femmes attrayantes* sans afféterie , d'épouses fidèles , bonnes mères , et ménagères excellentes. Un incident , d'autant plus agréable qu'il était tout- à-fait inattendu , me prouva dernièrement qu'il est en Suisse des jeunes filles qui , même dans une condition peu relevée , savent allier avec la beauté une modestie parfaite , avec les dons de l'esprit une ingénuité remplie de charmes ; qui possèdent, en un mot, ces grâces naturelles que perfectionne la bonne éducation. La rencontre que je fis , accompagnée de circonstances caractéristiques, dénote des usages différents des nôtres, et offre des traits distinclifs de physionomie locale : sous ce rapport , je ne la crois pas indigne d'être racontée.
Mais avant de passer outre , je dois avertir que le récit que j'ai à faire est très simple , naïf même, si l'on veut , et de nature à figurer dans le Journal des Demoiselles. Ceux qui se délectent des romans à émotions fortes , et de ces contes violents qui ébranlent tout le système nerveux», ceux-là feront bien de ne pas continuer une lecture pour
eux trop fade. J'écris non loin de la patrie du bon Gessner,
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que j'aime, en dépit du qu'en dira-t-on , et je me laisse aller tout doucement au bucolisme. Ceci lient donc en quelque sorte de l'idylle, et l'idylle ne compte plus guère d'amateurs. Patience ! qui sait si l'on n'y reviendra pas? La mode est un cercle vicieux. Quand le goût est émoussé par l'abus des liqueurs spiritueulfc , lé plus sûr moyen de lui rendre son énergie est de se mettre au laitage. Ne désespérons donc pas du genre pastoral.
Cette préface était encore nécessaire pour montrer que je ne prends personne en traître : maintenant je poursujs. J'étais allé de Baie à Arau, en traversant une partie intéressante de la chaîne du Jura. Le temps favorisa mal cette excursion. A Arau, j'assistai à une séance du grand conseil d'Argovie : c'est notre chambre des députés en miniature. Je vis et j'entendis M. de Zschocke , moins célèbre en sa qualité d'orateur que comme auteur des Veillées d'Arauetde Y Histoire de la nation Suisse. J'entendis aussi pérorer M. Troxler,lechef de l'opposition argovienne. Quand je dis que j'entendis, jejne sers du mot propre , car je n'ai pas l'avantage de connaître assez la langue allemande pour comprendre de bout en bout un long discours. Sans doute c'est un tort ; je l'ai en commun avec beaucoup de mes compatriotes. Soit dit en passant , nous négligeons trop les langues vivantes: nous nous fions à ce qu'on parle français presque en tous lieux, et nous portons à l'étranger notre ignorance présomptueuse. Il est vrai que l'allemand
est diablement difficile. Ah ! quenel'ai-je mieux su, pour avoir le plaisir de parler la langue des aimables jeunes filles dont j'ai à vous entretenir !
Il n'y apointdedi'igence qui d'Arau conduise directement à Bâle par la petite province rhénane du Frickthal. Une méchante calèche mène chaque matin quatre voyageurs jusqu'à un bourg où l'on prend à son passage la diligence de Zurich. Vers l'heure du départ , je prévins que je voulais marcher en avant, et me voilà arpentant la montagne de Staffeleck, du haut de laquelle on découvre une grande étude de pays , terminée par les Alpes , les Alpes que je n'aperçois jamais sans un battement de cœur. Un peu fatigué , je m'assis au bord d'un ruisseau , sur une jolie pelouse ombragée par un bois de mélèzes. Vous comprenez , ici commence l'idylle. J'ai constamment un volume en poche, et je me mis à lire , un peu distrait par le murmure de mon ruisseau , vrai cristal liquide.
.Enfin je vois venir de loin ma calèche ; elle roulait vite, elle allait passer ; le conducteur stimulait ses chevaux, le malheureux ! Je lui crie d'arrêter , je saute lestement le ruisseau, la portière s'ouvre, et un riant spectacle frappe ma vue. Au fond de la voiture, deux jeunes personnes de seize à dix-huit ans, parées, charmantes, et sur le devant deux énormes bouquets de fleurs des champs. Regardez cela de loin ; c'était à étourdir qui le vit de près. Revenu de la première surprise, après les politesses d'usage, avec
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quel contentement je mis à profit Je droit que m'avaient donné quelques francs payés à la poste d'Arau ! Je montai dans le modeste phaéton , tout à coup transformé en un landau élégant , où mon bon destin m'avait gardé une place. M'apercevez-vous là , installé entre les deux gros bouquets, en face des jolies voyageuses, plus fraîches encore que leurs fleurs ! Oui vraiment , c'était à étourdir. Entre les deux sexes , tout commence par les yeux : dans une rencontre comme la nôtre, cette communication rapide , tacite langage qui précède l'autre , est traduisible par ces mots r « Voyons qui ce peut être. » La seconde gradation, le langage parlé, se détermine d'aprèsia première , c'est-à-dire selon que l'examen a é/é plus ou moins favorable. Naturellement , c'est ainsi qu'on procède en pareil cas. Ce que de prime abord on augura de mon individu , comment le deviner? La première impression que la vue fortuite d'un inconnu éveille dans la pensée des femmes , est à l'instant même couverte d'un voile. Voile mystérieux , fortuné le mortel qui , autorisé plus tard à te soulever , rencontre des yeux doucement émus , une bouche qui prononce un timide aveu ! . . . Mais de quoi vais-je m'aviser ! c'est vraiment bien cela dont il est question ! Si j'ignore ce qu'on présuma de moi (je le saurais , que je ne le dirais pas , quoi que ce fût , et vous ne vous en inquiétez guère), je sais au moins très bien ce que je vis' d'un coup d'œil ; je pourrais le décrire , car je crois le voir
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encore. Dans ma position, j'eus d'ailleurs le loisir d'observer tour à tour l'ensemble et les détails , et je ne m'en fis pas faute. Brune et blonde étaient mes compagnes de voyage : la brune , avec un regard velouté , ce qui est peu commun ; la blonde , avec des yeux finement spirituels , ce qui plaît toujours ; toutes deux si jolies , que le cœur pouvait s'éprendre , sans trop savoir si c'était pour la blonde ou pour la brune ; toutes deux de cette tournure distinguée qui est l'étiquette du comme il faut; toutes deux mises de même, avec cette élégante simplicité , cette netteté exquise, qui parent si bien la jeunesse. A grand tort j'allais omettre que leurs chapeaux de paille avaient pour seuls ornements un ruban vert uni , et des pâquerettes disposées avec goût. Et ces fleurs , que je croyais artificielles , vrai Parisien que je suis , elle venaient d'être cueillies dans un pré! Enfin, presque sans hyperbole, je ne voyais que fleurs dans cette voiture.
A l'exacte parité du costume, on eût pris ces jeunes filles pour deux sœurs; mais là s'arrêtait la ressemblance, et je sus plus tard qu'elles étaient cousines , cousines élevées ensemble , vivant sous le même toit , et liées d'une étroite amitié.
Si réservé que soit un homme, il est malavisé de garder le silence , quand il se trouve seul avec des femmes ; si timides que puissent être de jeunes demoiselles , la politesse veut qu'elles répondent , lorsqu'on leur adresse la
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parole d'un ton convenable. A vrai dire, j'étais plus embarrassé auprès de ces gentilles personnes , que je ne Taurais été avec de grandes dames. Il y a de cela plusieurs raisons inutiles à déduire. J'en sais plus d'un qui ne les concevrait pas, quand je les aurais dites , et qui est fait pour les comprendre , se les expliquera sans que je les dise. Quoi qu'il en soit, je pris l'initiative en français ; on me répondit de même , presque sans accent , et , je vous l'assure , en fort bons termes.
Comme je les complimentais sur leur facilité à parler la langue française , elles m'apprirent qu'elles avaient séjourné pendant deux années au canton de Vaud; qu'elles y avaient remplacé deux sœurs qui , de leur côté, étaient venues passer ce temps dans le Frickthal. Cette ancienne et intéressante coutume des échanges d'enfants se pratique encore dans la Suisse française et dans la Suisse allemande. Deux familles se confient ainsi réciproquement ce qu'elles ont de plus cher, leurs enfants ; ayant le même intérêt , elles ont à l'égard l'une de l'autre une égale sécurité. Paternellement traités dans une maison érangère, les enfants ne tardent pas à la regarder comme celle de leurs parents ; ils apprennent aisément une seconde langue , et cet usage contribue à resserrer les liens des petites républiques suisses.
Or, commentées deux jeunes personnes se trouvaientelles seules dans une voiture publique ? Elles étaient allées
Voir une amie récemment mariée auprès d'Arau. Rien de plus simple. En Suisse , l'éducation des filles est peu contrainte : elle jouissent d'une liberté assez étendue , forment entre elles , dans les villes, de petits clubs féminins où'les hommes ne sont admis que par faveur spéciale, et elles entreprennent parfois des parties de plaisir à la campagne , sans être obligées de recourir à la protection d'aucun cavalier. Cette sorte d'indépendance accordée aux femmes avant le mariage ne vous semble-t-elle pas un éloge tout fait des bonnes mœurs qui régnent encore en ce pays ?
Je ne trouvai chez mes compagnes de voyage , ni cette retenue affectée qui va jusqu'à la pruderie , ni ce laisseraller de paroles vides qui dégénère en babil. Leur conversation , toute d'accord avec leur maintien , me parut enjouée, spirituelle, et mesurée par un sentiment parfait de convenances. Ce n'était pas ce que nous appelons le bon ton , mais ce qui constitue le bon goût; c'était la grâce , mais non telle qu'on l'entend dans nos salons. A leur instruction acquise se mêlait une naïve inexpérience des choses , et cet alliage de savoir et de candeur est peutêtre ce qu'il y a de plus intéressant dans la jeunesse. Enfin je reconnaissais en elles , si j'ose m'exprimer ainsi , la ville et la campagne , c'est-à-dire lanature habilement secondée par un art discret , ou , si l'on veut , la culture bien ménagée de nos plus beaux jardins.
Malheur à qui , rencontrant seules ces jeunes filles , et se méprenant sur la facilité apparente de leurs propos folâtres , eût fait entendre à de chastes oreilles un langage de séduction ! Anathème à qui eût osé souiller d'un impur contact cette innocence virginale!... Je n'ai jamais mieux senti que le plus grand respect est dû au jeune âge.
Que tu as bien raison, ô Jean-Jacques ! oui , « l'inno- « cénce des mœurs a aussi sa volupté qui vaut bien l'au- « tre. » Pardonne-moi une comparaison , ô mon philosophe ! n'allai-je pas m'aviser de trouver des traits de ressemblance entre ces jeunes amies et les deux charmantes personnes avec lesquelles tu passas une si riante journée à Thoune? En vérité, cette similitude existait ; mais il ne m'est pas donné , ô notre maître à tous ! d'écrire ces quelques pages où tu as immortalisé le souvenir de mesdemoiselles de Graffenried et Gallay.
Une sorte d'intimité régnait déjà, et la gaîté confiante commençait à s'établir entre nous. J'aurais voulu que la bienheureuse calèche nous emportât loin , bien loin , au bout du monde. Hélas ! elle n'allait qu'à cinq lieues. A mon grand déplaisir , nous entrâmes bientôt dans le bourg où devait s'effectuer la séparation , et notre conducteur fit halte devant une auberge de bonne apparence. Il fallut descendre : j'offris la main âmes compagnes de voyage ; elles me remercièrent par quelques mots accompagnés
d'un sourire affectueux , me saluèrent , et disparurent dans la confusion que notre arrivée avait occasionée , sans que j'eusse le temps de voir de quel côté elles tournaient leurs pas. Je demeurai quelque temps à la même place , fort préoccupé , car la conclusion de l'aventure , toute prévue qu'elle fût , m'attristait. Sans doute me disais-je , ces demoiselles sont des châtelaines du voisinage, et leurs parents sont déjà à les attendre au bout de l'avenue qui mène à leur belle demeure : pour moi inconnu , il n'est point d'hospitalité de château ; l'auberge est mon seul refuge , à moi étranger. J'y entrai un peu en rechignant , dans cette auberge; et apprenant qu'il se passerait encore une heure et demie avant l'arrivée de la diligence de Zurich , bien que je n'eusse pas le moindre appétit, je résolus de dîner par passe-temps. La maîtresse de la maison , une ronde maman de quarante ans , à la mine fraîche et avenante, me. dit qu'on me servirait dans un quart d'heure , et j'entrai dans la salle à manger.
Un quart d'heure , en effet , s'était écoulé à peine , quand on vint pour mettre la nappe. Il était écrit que j'irais ce jour-là de surprise en surprise. Deux jeunes filles entrent , chargées de tout ce qui constitue un couvert. Le croirez-vous? c'étaient les demoiselles de la calèche, je ne me trompais pas ; c'étaient elles-mêmes. Les deux châtelaines étaient tout uniment , l'une la fille et l'autre la nièce de l'aubergiste. Peu d'instants leur avaient
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suffi pour quitter leur parure, et prendre un plus simple vêtement ; quelques minutes avaient fait de citadines élégantes de jolies villageoises ; mais leur gracieux maintien n'avait rien perdu à cette métamorphose. A peine descendues de voiture , elles étaient déjà rendues à leurs fonctions journalières , et cela gaîment, bonnement, sans la moindre apparence de regret ou d'embarru. Mon étonnementles divertit, et il est présumable qu'elles n'en comprirent pas nettement la cause , tant leur conduite en tout ceci était naturelle.
Ce fut comme le deuxième acte d'une pièce jouée par les mômes personnages, avec cette différence que je n'étais plus guère dans mon rôle , tandis que mes interlocutrices n'avaient fait que changer d'habits. Ce brusque changement de scène et de décorations me déconcertait. Malgré ma répugnance, il fallut bien me résoudre à me laisser servir par mes jolies hôtesses dont j'aurais été si volontiers le serviteur. Je fis bonne contenance, et je me tirai vaille que vaille de l'épreuve à laquelle j'étais soumis. Le dîner devait être bon, je le supposai d'après le témoignage de mes yeux , car je songeai peu à savourer les mets ; ce repas ressemblait fort à ceux qu'on sert sur le théâtre, et auxquels les conviés ne touchent que pour la forme. Je prenais goût à ma nouvelle position, et une main gentille venait de me verser le café , quand on entendit le roulement lourd de la diligence. Que n'était-elle
en retard ! Que n'avait-elle versé ! Force était de payer et de partir. Je demandai mon compte : 15 batz (45 sois) étaient la modique somme due. J'aurais volontiers marchandé pour donner davantage. Restait une question que je discutai à part moi , pendant le court moment de répit que m'accordait le relai ; embarrassante questio i , celle de savoir à laquelle de mes deux hôtesses j'oserais donner les 15 batz ; je les remis enfin , non sans une sorte de honte , à la jolie brune , car il me semblait que je n'aurais pu me résoudre à mettre cet argent dans la main de la charmante blonde. Heureusement ou malheureusement , je ne sais lequel , ce n'était pas le cas de rien donner pour la fille.
Adieux faits, je montai dans la diligence : un dernier regard au tournant de l'auberge , et tout fut dit.
La vie est un amalgame bizarre d'éléments hétérogènes, un vrai salmigondis. Figurez-vous que je ne trouvai dans la diligence que deux maussades vieilles femmes , parlant suisse pour tout patois. Triste dénouement d'une pièce si bien commencée ï
Un Bàlois qui traversait souvent le Frickthal , et qui s'arrêtait chaque fois dans l'auberge où me servirent mes aimables hôtesses, m'a dit que leur pore était fort riche, qu'il jouissait d'une considération méritée, et qu'il était maire de sa commune. Sa fille et sa nièce ont épousé depuis lors peut-être, l'une un bourguemestre, et l'autre un
opulent manufacturier. Tout cela va de soi-même en Suisse ; déroger ce n'est pas changer de position sociale , c'est uniquement se mal conduire. Heureux pays , ne laisse donc pas s'altérer tes mœurs et tes institutions!
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