‹ Mosaïque (volume 2)Chapitre 51 sur 102 · Coiffure des jeunes ûllcs illyricnnes · texte numérisé non relu

Coiffure des jeunes ûllcs illyricnnes

— Des heyduques' m'ont attaqué, ils m'attendent au défilé de la montagne; quand le jour viendra, quand il faudra te quitter, ils me tueront. Je t'embrasse pour la dernière fois. Mais si j'avais le fusil magique de ton père, qui oserait m'attendre? qui pourrait me résister?

— Le fusil de mon père, comment pourrais-je te le donner? Le jour, il est attaché sur son dos ; la nuit, il le tient sur son lit. Le matin, s'il ne le trouvait plus, il me couperait la tête assurément.

Et elle pleurait, et elle regardait le ciel du côté de l'orient.

— Apporte-moi le fusil de ton père, et mets le mien à sa place; il ne s'apercevra pas de l'échange. Mon fusil a douze capucines d'or et douze capucines d'argent; la crosse est incrustée de nacre, et de la poignée pendent trois houppes de soie rouge.

Sur la pointe du pied, retenant son haleine, elle est entrée dans la chambre de son père ; elle a pris son fusil et mis celui de Dawoûd à sa place. Le bey a soupiré en dormant, et il s'est écrié : « Jésus! » Mais il ne s'est pas éveillé, et sa fille a donné le fusil magique au beau Dawoùd.

Et Dawoûd examinait le fusil depuis la crosse jusqu'au guidon, et il regardait tour à tour la détente, la pierre et le rouet 2. Il embrassa tendrement Nastasie et lui jura de revenir le lendemain.

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