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D'abord p..., puis entremetteuse, puis sorcière

2. Mat de ojos. Ce n'est pas le mal que reçoivent les yeux, c'est celui que font les yeux, c'est la fascination du mauvais œil. On attache souvent au poignet des enfants, dans le royaume de Valence, un petit bracelet d'écarlale pour les préserver du mauvais œil.

APPENDICE BIBLIOGRAPHIQUE

douzaine de vieilles femmes, pieds nus et les cheveux au vent », en compagnie desquelles il part, un soir qu'il s'était caché dans sa barque, et après une traversée si rapide « que le sifflement de l'eau fendait les oreilles, et que le {goudron s'en fondait », il aborde une terre inconnue. Il y avait là de grands roseaux que le vent agitait, et un grand feu. Ilenriquez saule à terre et coupe quelques roseaux. Au bout d'une heure, les sorcières reviennent, et le bateau repari aussi vite qu'à l'aller. Tout à coup, six heures sonnent. Toutes aussitôt s'envolent et disparaissent, et Ilenriquez est obligé de ramer pendant plus de deux jours pour rentrer à Peniscola.

Il montre les roseaux qu'il avait rapportés à l'apothicaire du lieu qui lui déclare qu'il n'en pousse de pareils qu'en Amérique. Il s'en va trouver alors une des sorcières à qui il annonce qu'il sait tout, et la sorcière, pour se débarrasser de lui, lui donne un sort lui permettant d'avoir à volonté un vent comme celui qui les a menés en Amérique.

« Je remerciai Vicentc de son histoire, et j'ajoutai, pour le payer de même monnaie, que, dans mon pays, les sorcières se passaient de bateaux, et que leur moyen de transport le plus ordinaire, était un balai, sur lequel ces dames se mettaient à califourchon.

— Votre Seigneurie sait bien que cela est impossible, répondit froidement Vicente.

Je fus stupéfait de son incrédulité. C'était me manquer, à moi qui n'avais pas élevé le moindre doute sur la vérité de l'histoire des roseaux. Je lui exprimai toute mon indignation, et je lui dis d'un ton sévère qu'il ne se mélût pas de parler de choses qu'il ne pouvait comprendre, ajoutant que, si nous étions en France, je lui trouverais autant de témoins du fait qu'il pourrait en désirer.

— Si Votre Seigneurie l'a vu, alors cela est vrai, répondit Vicente; mais, si elle ne la pas vu, je dirai toujours qu'il est impossible que des sorcières montent à califourchon sur un balai ; car il est impossible que, dans un balai, il n'y ait pas quelques brins qui se croisent, et alors voilà une croix faite ; et alors comment voulez-vous que des sorcières puissent s'en servir?

L'argument était sans réplique. Je me tirai d'affaire en disant qu'il y avait balais et balais. Qu'une sorcière montât sur un balai de bouleau, c'est ce qu'il était impossible d'accorder; mais sur un balai de genêt dont les brins sont droits et raidcs, sur un balai de crins, rien de plus facile. Tout le monde comprend sans pcinequ'onpeutaller auboutdu monde sur un tel manche à balai.

La lettre se termine par l'histoire d'un zagal (postillon à pied) gui, ayant perdu son sou/fle, le recouvra plus puissant que jamais grâce à une amulette de sorciers.

APPENDICE BIBLIOGn.VPHIQLE.

Touchant la Vision de Charles XI, on s'est souvent demandé si cette nouvelle est une invention propre à Mérimée, ou bien seulement le développement du fait historique rapporté.

M. Roger Peyre, dans un article de la Revue d'Histoire littéraire de la France (n» 1 de 1914, janvier-mars), vient de lever le voile et d'établir qu'il ne s'agit pas d'une pure imagination de P. Mérimée, mais que le fonds en a été puisé par lui dans un récit répandu en Suède et parvenu jusqu'aux archives du ministère des affaires étrangères. On trouve là, en effet, la traduction, en forme de lettre, d'un article, daté du 16 juin 1810, du journal allemand Vaterlandischen Muséum : l'objet en est une visite au château de Gripsholm — situé dans une île du lac Mœlar — où l'événement se serait passé dans la nuit du 16 au 17 décembre 1676.

M. R. Peyre reproduit cette lettre qui apparaît, de toute évidence, comme la source de la Vision de Charles XI.

Mais où la chose devient tout à fait curieuse, c'est qu'en dernier examen ce document ne serait lui-même qu'une supercherie littéraire, composée en 1742, au moment de la transmission de la couronne portée par la sœur de Charles XII, Ulrique-Jiléonore, femme de Frédéric, prince de Hesse Cassel, et alors quïl s'agissait d'écarter la candidature du prince Adolphe-Frédéric de Holstein Gottorp, pour favoriser celle du prince-héritier du Danemark dont le choix permettait d'espérer la réunion, sous un même sceptre, de tous les Etats Scandinaves.

L'ancienneté de cette vision est impossible à déterminer. En tous cas il n'existe aucune pièce authentique ni aucun document contemporain de la date où elle a été placée, et, sauf le roi Charles XI, aucune des personnes énumérées soit dans la nouvelle, soit dans le texte original, ne vivait à cette date. Si bien que le comte deLœwenhielm, ministre de Suède et Norwège à Paris, se hâta de réfuter les erreurs contenues dans la nouvelle de Mérimée.

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