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Dans la décoration du vestibule des Antiques

longue que celle où VIvresse de Bacchus figure maintenant, mais elle n'était pas plus large ; elle n'était pas assez large pour que le pavement y fût placé dans toute sa largeur primitive sans gêner la circulation du public autour de la barrière qui le protégerait. Je n'attribue pas, bien entendu, à cette seconde cause une importance excessive : elle ne suffirait pas plus que la première à tout expliquer. Si elle avait agi seule, on se serait naturellement borné, pour rentrer dans les limites voulues, à supprimer les caissons qui composaient les deux rangées longitudinales extrêmes. Et la comparaison de la mosaïque actuelle avec la lithographie montre qu'on est bien parti de cette idée très simple, mais aussi qu'on n'a pu la réaliser jusqu'au bout. La plupart des caissons que leur place désignait pour être maintenus, l'ont gardée ; si quelques-uns l'ont cédée à d'autres pris dans les rangées sacrifiées, c'est apparemment qu'ils ne semblèrent pas utilisables. « Il a fallu, constate le mémoire d'Edouard Mora, déplacer plusieurs carrés de mosaïque..., scier certaines parties qui ont été placées dans les parties manquantes y<.

Nous ne possédons aucun dessin de cette première reconstitution. M. Claudius Mora m'a raconté qu'elle fut faite d'après un schéma de l'architecte Desjardins indiquant les caissons à maintenir et la place à leur donner. Ce plan n'existe pas au dossier des archives municipales. Mais nous connaissons tous les 27 caissons qui la composaient : il en reste 24 dans la seconde reconstitution et j'ai retrouvé les trois autres dans les dépôts. Nous sommes donc en mesure d'affirmer que dès lors la mosaïque avait perdu quatre de ses panneaux les plus intéressants : le labyrinthe de Crète, les sept divinités de la semaine, l'oiseau dans un cadre de biges et de cariatides, le lion parmi les six oiseaux. Trois autres panneaux, qui sont aujourd'hui dépourvus de leur motif central, n'ont vraisemblablement pas souff'ert ce dommage depuis, trois panneaux à décor circulaire, ceux qui contenaient la tête de Méduse, le Silène portant deux cistes de vendange et le satyre avec l'enfant enchaîné. Le vide a été comblé dans tous les trois par un champ de cubes rougeâtres.

I. De la place qu'elle avait usurpée en 1867, notre mosaïque fut délogée en 188O5 lors de la construction du grand escalier oriental destiné à desservir, outre les salles du premier étage que desservait déjà l'escalier occidental, les nouvelles salles du deuxième étage. La cage de Tescalier à construire devait en effet couper la salle de la Momie. L'Ivresse de Bacchus fut donc enlevée et rangée provisoirement au rez-de-chaussée, dans l'ancienne salle de la Bourse ^ Ce provisoire dura sept ou huit ans. Il s'agissait encore une fois de résoudre la question d'emplacement, toujours difficile, même après la réduction déjà opérée. Des quatre compartiments actuels de la galerie qui sépare les deux escaliers et qui est aujourd'hui la galerie des peintres lyonnais après avoir été la galerie Chenavard, le premier à l'est était alors occupé par la mosaïque Michoud, le suivant par la mosaïque Cassaire, représentant l'une et l'autre la lutte de l'Amour et de Pan, le troisième par la mosaïque Montant (Orphée charmant les animaux). Le quatrième était libre 2. Dès 1882, on envisage le transfert de la mosaïque Michoud dans ce dernier, beaucoup plus petit que celui qu'elle occupait, mais largement suffisant pour elle, et la repose de VIvresse de Bacchus dans le premier. Ce dessein ressort du rapprochement d'un devis de Mora père et fils, en date du 28 octobre 1882 3, pour le déplacement de la mosaïque du « Faune », avec une lettre du conservateur Dissard au président de la commission des Musées, en date du 4 avril, transmise par celui-ci au maire le 8 avril 4. Une somme de 5.000 francs est nécessaire, y est-il dit en substance, si l'on veut assurer la conservation de la belle mosaïque antique qui était placée avant les travaux dans l'ancienne salle de la Momie et représente « le triomphe de Bacchus ». Mais il ne fut donné suite au projet qu'en

1. Arch, mun., M'd. Aynard, président du conseil des Musées, au maire, 8 juillet 1887 ; ibid., R-b Dissard, conservateur du Musée archéologique, au président de la commission des musées, 4 avril 1882.

2. Voir, Arch. mun.. M'd, le double plan du 22 août 1878 (avant la restauration et projet de restauraion),

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