Ibid., ainsi que les pièces suivantes
5. Registres des délibérations, séance du 13 janvier 1815. D'après le dossier R-a, le 28 octobre 1813, la préfecture autorisait le paiement à Barbara de 300 fr. du hangar ; le 20 novembre et le i''"' décembre, Barbara présentait deux devis, l'un de 177 fr. 53, l'autre de 197 fr. 29 ; le 21 juillet 1814, la préfecture autorisait le paiement de 175 fr. (travaux exécutés pour préserver la mosaïque des eaux).
Il n'était pas superflu de remonter jusqu'aux sources, je veux dire aux archives municipales, afin de connaître exactement cette histoire de l'acquisition. Les quelques lignes que lui consacre Comarmond sont remplies de grosses erreurs : « M. Macors... ayant vendu cet emplacement à un entrepreneur, en 1814, pour y élever des constructions, cet entrepreneur céda la mosaïque à la ville en 18 15 « K Artaud était mieux à même que personne de savoir la vérité ; il ne l'altère pas, à proprement parler, dans sa notice de 1835 2, mais on y voudrait un peu plus de précision : « M. Macors... A la mort de cet amateur distingué, la propriété fut vendue et même divisée 3 ; le lot de la mosaïque échut en partage à un artisan qui la vendit à un architecte. Celui-ci voulut la déplacer pour en faire un objet de spéculation. Le temple fut abattu. Déjà on procédait à l'exécution du déplacement du pavé ; mais, comme alors on ne connaissait pas les procédés de M. Belloni, la Ville craignit un essai infructueux et, partant, la perte de ce précieux monument ; elle proposa un bénéfice à l'architecte et le marché fut conclu ». Outre les dates et les noms propres, ce que cette narration nous laisse ignorer, c'est que, si la Ville intervint au dernier moment, elle avait longtemps refusé d'intervenir, et qu'un homme joua un rôle considérable dans toute l'affaire, soit spontanément, soit, hypothèse beaucoup plus probable, à son instigation à lui Artaud, le préfet de Bondy. Une note rédigée par le même Artaud 4 en 1821, mentionne ce rôle, mais d'une façon inexacte : « Déjà le temple venait d'être abattu, lorsqu'un préfet passionné pour les arts, M. le comte de Bondy, employa tout son crédit pour en faire faire l'acquisition au conseil municipal ». Le comte de Bondy n'attendit pas la démolition du temple pour s'intéresser à la mosaïque et tâcher d'y intéresser le conseil municipal ; il employa non seulement tout son crédit, mais aussi les pouvoirs que lui conférait la loi, pour en faire faire l'acquisition. Disons le mot qu'Artaud n'a pas osé dire : il l'imposa.
1. Description.,., p. 686. De là l'erreur de Steyett, Nouvelle histoire de Lyon, I, p. 262, et du Catalogue sommaire des Musées de Lyon, 1887, p. 132, n° 9 = 1899, p. 204, n» 11 : « Acquise en 1815 ',
3. Inexact, nous l'avons vu : le lot III se sépara du lot VI, mais non par une vente qui n'avait pas raison d'être.
4. La minute sans date de cette note est à la bibliothèque de l'Académie de Lyon, M 201, fol. 517-518. Elle fut écrite, lorsque la mosaïque Michoud était déjà posée, lorsque la mosaïque Cassaire ne l'était pas encore, c'est-à-dire dans les derniers mois de 1831 ou les premiers de 1822.
I. Acquise en 1 813, la mosaïque des Jeux du cirque fut enlevée, non pas dans les trois mois qui suivirent la vente, comme le prévoyait le traité, mais seulement en 1818 ; et, l'arrangement amiable qu'il prévoyait, pour le cas d'un retard, avec les propriétaires du terrain n'ayant jamais été conclu, ce laps de temps fut troublé par de nombreux incidents. Dès le 16 avril 1814 ^ Artaud signale au maire des agissements nuisibles à la mosaïque : les Dépierre comblent les fossés établis pour la préserver de l'humidité ; ils ont la prétention de clore le terrain qui la contient. Le 17, Dépierre écrit au maire pour l'inviter à le débarrasser le plus tôt possible de la mosaïque. Le 9 juillet, un vieux soldat invalide que la Ville a chargé de la garder se plaint au préfet d'être molesté et menacé par Dépierre, plainte que le préfet transmet au maire le 18. Il est encore question de ces « difficultés " entre Dépierre et le gardien Monnard dans une lettre d'Artaud au maire, en date du 14 mai 1815. De son côté. Dépierre, dans une lettre du 15 novembre, récrimine auprès du maire contre cette mosaïque toujours en place qui lui suscite des ennuis avec son voisin. Le 21 septembre 18 16 2, Dépierre père et fils adressent une pétition au maire pour réclamer à la fois l'ouverture de la rue de la Direction (rue Bourbon, aujourd'hui rue Victor-Hugo) et l'enlèvement de la mosaïque qui «paralise la propriété des exposants, les gêne dans les constructions qu'ils voudraient faire, les empêche de se clorre chez eux, et en résultats (sic) ne profitte qu'au sieur Arthaud, directeur du musée, qui en tire seul un excellent parti '. La situation s'aggrave en 18 17. Le 26 juillet 3, par acte extrajudiciaire. Dépierre père et fils font signifier à la Ville qu'à défaut d'enlèvement dans la quinzaine, ils considéreront la mosaïque comme objet abandonné et continueront la construction qu'ils ont entreprise sur leur terrain. Cette construction menaçait évidemment l'existence du pavé, puisque, le i^^ août, le préfet, accusant réception au maire de