‹ Mosaïques romaines des musées de LyonChapitre 13 sur 136 · Ibid., R'i, ainsi que les pièces suivantes · texte numérisé non relu

Ibid., R'i, ainsi que les pièces suivantes

ses deux lettres du 25 et du28 juillet, relatives au différend de la Ville avec les Dépierre, lui annonce un arrêté « qui remplira le but que se propose l'administration dans l'intérêt des arts et de l'histoire ». Cet arrêté préfectoral est aussi en date du i^^ août. Il vise d'abord l'acte de vente avec délai de trois mois pour l'enlèvement ; puis un rapport du 25 juillet, où le maire constate qu'il a été « reconnu par des personnes de l'art que l'enlèvement ne pouvait se faire sans détériorer entièrement n la mosaïque ; ensuite l'acte extrajudiciaire ; enfin la loi du 8 brumaire an III pour « la protection des monuments d'arts et de sciences », et celle du 8 mars 18 10 concernant l'expropriation pour cause d'utilité publique. Il considère que les tentatives faites par la Ville pour amener Dépierre à vendre le terrain nécessaire à la conservation de la mosaïque ou accepter en échange un terrain adjacent ont échoué. Il porte : 1° interdiction formelle de continuer provisoirement les travaux ; 2^ avis que sommation sera faite par le maire à Dépierre de vendre à la ville une parcelle du terrain dont les dimensions sont fixées ; 3° qu'à défaut de soumission dans les trois jours l'autorisation royale de poursuivre l'expropriation pour cause d'utilité publique sera immédiatement sollicitée et qu'en attendant il ne sera rien changé à l'état des choses. Le 5 août, l'arrêté est signifié par le commissaire de police à Dépierre père et fils qui « ont dit qu'ils feraient incessamment connaître l'expert choisi par eux avec leurs observations ». Celles-ci font l'objet d'une lettre au maire, où ils exposent les désagréments que le manque de clôture les oblige à subir, la rue de Bourbon étant alors ouverte. Ils demandent qu'il leur soit permis de se clore sur cette rue et que la Ville fasse clore la partie du terrain qu'elle réclame, en attendant la décision. L'affaire s'arrangea sans vente forcée ou expropriation, la Ville ayant trouvé moyen, en 18 18, comme nous allons le voir, de déplacer sa mosaïque, mais non avant que les Dépierre eussent adressé au préfet un nouveau mémoire où ils récapitulaient tous leurs griefs ^ « La Ville, devenue propriétaire de cet objet, disaient-ils, au lieu de remplir les conditions de la vente, a commencé par s'emparer de la propriété des s" Dépierre, leur a deffendu aucuns travaux, a établi des agens pour surveiller, a fait combler les travaux

I, Arch. mun., O', rues ; dossier de la rue Bourbon ; liasse Dépierre.

d'enlèvement commencés par Riffaut et Rivoiron, fait construire un bâtiment en bois pour clorre et mettre à couvert cette mosaïque et en a remis les clefs à un gardien pour la montrer aux amateurs, qui, à tel effet, sont obligés pour y parvenir de traverser en entier la propriété des s" Dépierre ». Ils supportent « depuis cinq années la stagnation de cette antiquité sur leur propriété «. Ce ne fut pas encore, à notre connaissance, la dernière manifestation de leur caractère peu conciliant. L'enlèvement commencé, trouvant que les choses n'allaient pas assez vite, ils firent, le 23 octobre ^, signifier par huissier au maire qu'ils se réservaient de demander indemnité pour le retard.

La prolongation interminable du délai prévu dans l'acte de vente ne fut pas seulement une cause permanente de tracas pour la préfecture et la mairie ; elle fut aussi une source de dépenses supplémentaires. Nous avons déjà noté les plus anciennes. A la date du 12 février 181 7, on trouve au dossier - un état estimatif, dressé par l'architecte Flacheron, « des ouvrages les plus urgents à faire pour la conservation de la mosaïque représentant les jeux du cirque » ; il se monte à i.ooo francs 3. Mais ceci n'était rien en comparaison du dommage de plus en plus grave infligé à la mosaïque. Le hangar de Barbara, comme le temple de Macors, la laissait « encore exposée aux intempéries des saisons », parce qu'elle gisait « dans un endroit profond et humide, sujet à recevoir en outre les eaux pluviales » 4. Artaud afiirme, dans sa note de 1821, qu'« exposée aux dégradations, presque toute décomposée, elle allait périr », lorsque le moyen de l'enlever apparut enfin. « Si on eût attendu encore une année pour la déplacer, elle aurait été entièrement perdue , écrit-il, en 1835 5. Même s'il exagère un peu le mal pour augmenter

i./èi<f.,R-a.

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