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2. Le relief de Foligno nous montre un piéton en toge adossé à la spina un peu à droite de l'obélisque et tenant peut-être une palme ; dans le relief Vescovati, vers la même place, il y a un piéton vêtu en anriga qui tient une grande palme. Cf. Zangemeister, p. 255 et suiv.
couleur de chair, quelques-uns sont blancs, d'autres gris, selon que l'artiste l'a jugé nécessaire pour faire fuir ou détacher ses groupes ». Les cochers ont tous, à la couleur près, le même costume, casquette avec visière occipitale ; double tunique, celle de dessus sans manches ; ceinture ^ ; braies collantes ; ils ne diffèrent pas essentiellement de ceux que nous voyons partout ailleurs 2.
Le premier quadrige, sur la ligne même de départ, est de la faction verte ; il a sans doute heurté la borne en tournant : les chevaux se sont abattus, le char est fracassé, le cocher renversé. La localisation d'un accident plus ou moins grave à cet endroit de l'arène est de règle dans les monuments figurés. Le second quadrige (faction rouge) et le troisième (faction blanche) 3 courent en bon ordre, presque de front, celui-ci un peu en avant, plus près de la spina sur la deuxième linea alba. Un cavalier dont nous n'apercevons plus que la jambe droite avec l'arrière-train et le ventre de son cheval, précède le troisième quadrige. Le quatrième, au bout de la spina, était détérioré dans sa partie postérieure. Il semblait « appartenir à la faction bleue par les traces de couleur bleue » qui subsistaient et Artaud l'a restitué en conséquence. Outre Vagitator proprement dit, un piéton, vêtu à peu près comme les auriges 4, stimule les chevaux, courant à côté d'eux, un fouet dans la main droite, dans la gauche « un instrument blanc à deux pointes », peut être « des forces pour couper les traits en cas d'accident ». Le cinquième quadrige (faction rouge), à la même hauteur, mais au-delà de la spina:, vient de verser en tournant ; cependant le mal n'est pas irréparable et le cocher, tombé sur ses chevaux abattus, paraît vouloir les remettre sur pieds. Le sixième quadrige (faction bleue) est le seul dont le cocher soit démuni de fouet ; il court en bon ordre. A sa droite, et le dépassant un peu, galope un cavalier vêtu d'une tunique verte et monté sur un cheval blanc.
1. Hormis le blanc (série inférieure) et le bleu (série supérieure). Nous avons noté plus haut que dans la planche I Artaud l'avait omise par négligence pour le rouge de la série inférieure.
2. D'ordinaire les auriges portent, non des braies, mais des bandes molletières et jambières. Quand ils n'ont qu'une tunique visible, elle est à manches.
3. De ces deux quadriges, Artaud l'a déjà noté, on n'aperçoit pas les chars, que l'artiste a supposés cachés par les jambes des chevaux.
4. Artaud dit que sa tunique est blanche et languetée en bas, dans la monographie in-8, p. ii. Blanche manque dans la monographie in-fol., p. 9. Il nous semble bien qu'elle est mi-partie blanc et verdâtre. Il n'a ni tunique de dessous ni braies.
Le septième quadrige, au droit de l'obélisque, est mutilé ; le cocher a complètement disparu. Du huitième, mutilé aussi, on ne voit plus guère que les têtes des quatre chevaux, avec une jambe et un arrière-train, à l'extrémité de la spina, tout près de la borne. Ces deux derniers concurrents étaient, sans aucun doute, l'un de la faction blanche, l'autre de la faction verte. En avant du huitième et à sa droite, un piéton court dans le même sens que les chars, vêtu d'une tunique verte et tenant des deux mains un vase plat : c'est un sparsor, un arroseur, chargé de jeter de l'eau soit sur les roues, pour les empêcher de prendre feu, soit sur les chevaux, pour les rafraîchir. La présence de cette sorte de comparses est fréquente dans les monuments ; mais leur place et leur nombre varient.
S'ils étaient partout, comme sur le relief de Foligno, en nombre égal à celui des factions y on les tiendrait pour des employés de celles-ci ; tel n'étant pas le cas, il vaut peut-être mieux les ranger parmi les employés de la présidence des jeux, circensium ministri. A cette catégorie appartenaient certainement l'homme qui referme les barrières, celui qui est debout près de la porte, celui qui manœuvre les boules, celui qui tient la palme et son compagnon ; probablement, puisque sa couleur n'est pas celle du quadrige qu'il stimule, notre agitator à pied, et les piétons plus ou moins analogues d'autres monuments figurés. Comme les sparsores, les cavaliers sont parfois en nombre égal à celui des factions. Dans ce cas, l'hypothèse est spécieuse que c'étaient des entraîneurs, lesquels, à la fin de la course, si la victoire favorisait leur faction, acclamaient joyeusement le vainqueur (jubilatores ) . Mais, le plus souvent, ils sont en nombre inférieur ; on a donc proposé de les ranger parmi les circensium ministri : ce seraient des commissaires et surveillants de la course, moratores ^ ludi. Notons que la couleur du cavalier intact de notre mosaïque n'est, pas plus que celle de Vagitator à pied, la couleur du quadrige qu'il accompagne. On a conjecturé enfin, mais sans grande vraisemblance, que c'étaient des champions se disputant le prix d'une course montée, accessoire de la course attelée : leur attitude signifie presque toujours assez clairement qu'ils s'occupent en quelque façon de celle-ci et non d'autre chose.