‹ Mosaïques romaines des musées de LyonChapitre 25 sur 136 · I. On la retrouve dans le relief de Foligno · texte numérisé non relu

I. On la retrouve dans le relief de Foligno

3. Zangemeister, p, 248, affirme à tort que c'est la plus courte.

au lieu d'être pleins, les deux parallélipipèdes sont ici creusés en bassins. Des spinae de cette sorte ont certainement existé dans les cirques romains après la suppression, sous Néron, de l'euripe ou canal qui entourait l'arène et fournissait l'eau nécessaire à l'arrosage de la piste ; le nom d^euripus est même plus fréquent que celui de spina pour cet élément du cirque. Mais sur aucun autre monument il n'est manifeste que la spina soit un bassin. Nos deux bassins sont traversés, du côté des tribornes, par une architrave que soutiennent trois piliers et qui supporte une rangée de sept dauphins jetant de l'eau, et, plus près du centre de la spina, par deux barres horizontales fixant à mi-hauteur et en haut sept piliers qui portent une rangée de sept boules ovales ; plus exactement, les deux rangées de dauphins sont intactes, mais la charpente qui supporte celle de droite est mutilée; de même les deux charpentes qui portent les œufs ; en outre, à la rangée de gauche, il manque trois œufs. Sous cette dernière, on voit le haut d'un personnage, mais Artaud n'avait vu qu'un fragment bleu « qui paraît avoir fait partie d'une figure que nous soupçonnons être Verector ovorum », celui qui manœuvrait les œufs. Ces boules ovales, comme les dauphins, servaient, d'après les textes, à marquer le nombre des tours (curricida) déjà courus ou commencés ; pour chaque tour, on abaissait un œuf, nous le savons, et certains monuments nous induisent à croire qu'on faisait pivoter un dauphin. La représentation des dauphins et celle des œufs sont très fréquentes ; leur nombre varie, mais il est souvent, comme ici, de sept qui était le nombre normal des tours d'une course. Notre mosaïque se distingue de tous les autres monuments, d'abord en ce qu'elle nous montre, non pas une rangée, mais deux, soit de boules, soit de dauphins ; puis en ce que, si la restitution d'Artaud est juste, nous y voyons l'employé chargé de la manœuvre, celui qu'il appelle Verector ovorum, comme si chaque tour était marqué par l'érection d'un œuf, et qu'il aurait dû appeler Vereptor ovorum. S'il y avait, sous la rangée droite des boules ovales un autre personnage pareil, nous l'ignorons, la place qu'il aurait pu occuper étant comprise dans une assez grande lacune dont nous aurons à reparler.

Du sommet de la spina le plus proche des carceres, une ligne blanche coupe la piste normalement au grand côté du rectangle. Au droit de l'obélisque, une autre ligne blanche tombe parallèlement à la première. Encore

une singularité de notre monument lyonnais. Longtemps, semble-t-il, le départ eut lieu des carceres mêmes. Cependant Cassiodore ^ atteste qu'à son époque il avait lieu d'une ligne blanche située non loin des portes ; ce serait notre première ligne. Quant à l'arrivée, en l'absence de tout témoignage précis, on est amené à supposer qu'elle avait lieu sur une ligne prolongeant celle du départ de l'autre côté de la piste ; et Cassiodore dit en effet que la ligne blanche était tirée dans toute la largeur du cirque, in utrumque podium. Ce n'est pas le cas ici. Notre seconde ligne pourrait donc bien être la ligne d'arrivée ; remarquons que l'homme qui porte la palme destinée au vainqueur se tient tout près de cette ligne, chose naturelle dans la dernière hypothèse, bizarre dans la première 2. On peut aussi conjecturer que c'était une autre ligne de départ, que les quadriges étaient divisés en deux groupes et rangés sur deux lignes, quand on en faisait courir à la fois, comme ici, huit, course double, au lieu de quatre, course simple.

Notre course est donc un certamen hinarum ( quadrigarum ) ; deux quadTiges y représentent chacune des quatre factions, la blanche, albata, la rouge, russata, le verte, prasina, le bleue, veneta, qui existaient dans tous les cirques de l'époque impériale romaine et que l'on nommait ainsi parce que leurs cochers (aurigae, agitatores) portaient respectivement ces quatre couleurs. La course double est une exception rare dans les monuments figurés. Des chevaux du quadrige réel, les deux moyens étaient sous le joug du timon, les deux extrêmes attelés seulement par des traits ; les uns s'appelaient jugales, les autres fimales. Les artistes ont quelquefois rendu avec exactitude ce détail de la réalité ; le plus souvent leurs œuvres ne montrent pas distinctement l'attelage ; sur notre mosaïque il n'est visible que pour le quatrième quadrige de la série inférieure où le cheval de droite est fimalis, les trois autres étant jugales. Artaud a remarqué justement que tous nos chevaux ont la queue coupée très court ; la remarque convient à tous les chevaux de course que nous connaissons par les monuments. Quant à la couleur, « presque tous les chevaux, dit-il, sont d'un bai pâle ou plutôt

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