‹ Mosaïques romaines des musées de LyonChapitre 31 sur 136 · I. Voir E. Hûbner, article cité plus haut · texte numérisé non relu

I. Voir E. Hûbner, article cité plus haut

Une troisième mosaïque ^ des jeux du cirque fut découverte dans une localité d'Espagne aussi, à Girone, en 1876, ou plus exactement une mosaïque dont l'un des deux grands tableaux a pour sujet les jeux du cirque. Ce tableau est un rectangle, comme dans les trois mosaïques précédentes ; mais ici Voppidum en garnit le petit côté à notre droite. C'est un édifice rectiligne, en pierre, qui comporte, au rez-de-chaussée, six carceres et l'entrée, laquelle, par une maladresse de l'artiste, se confond avec la loge où siège tout seul le président qui élève la mappa de sa main droite. Au dessus des carceres^ il y a, non pas des galeries, mais deux reliefs. On voit que cet oppidum ne ressemble en rien au nôtre. L'artiste a si mal pris ses mesures que l'espace libre entre les carceres et la borne apparaît beaucoup trop étroit pour le passage des chars. La spina, massif plein, est ornée de statues et d'autres objets, parmi lesquels l'obéHsque qui nous y rappelle seul la spina de Lyon. Les bornes sont normales. Quatre quadriges prennent part à la course ; les chars et les cochers sont nommés. En haut, à droite, c'est-àdire à la place habituelle, puisque ce quadrige serait en bas, à gauche, si Voppidum était orienté comme dans les précédentes mosaïques, le quadrige de la faction verte est renversé : chevaux, char, aurige ont roulé pêle-mêle. En haut, à gauche, le quadrige de la faction bleue court en bon ordre. Devant lui, à la hauteur de la borne, galope un cavalier dont la partie antérieure du cheval manque, tout le petit côté gauche du tableau étant fort endommagé. Manque aussi le char du troisième quadrige, celui de la faction rouge ; le cocher fait effort pour retenir ses chevaux devant lesquels un piéton gesticule, pour l'y aider, sans doute. Ce groupe garnit la région inférieure gauche. La région inférieure droite appartient au quatrième quadrige, celui de la faction blanche ; le cocher retient lui aussi, de toutes ses forces, les chevaux et regarde les spectateurs. Son attelage, le seul qui se voie nettement, est régulier : deux jiigales au milieu, denxfunales aux extrêmes. Devant ce quadrige, à la hauteur de la borne, un piéton, tourné vers le public comme le cocher qu'il acclame peut-être. A part l'accident et le cavalier qui précède l'un des concurrents, la course n'offre pas de ressemblance notable avec celle de notre mosaïque.

I. Voir J. de Laurière, " la mosaïque romaine de Girone > (Espagne), dans Bulletin monumental, 53, 1887, p. 236etsuiv.

Je dois mentionner enfin une mosaïque découverte à Gafsa (Tunisie) en 1888, « travail naïf et grossier de l'époque byzantine «, dit Gauckler qui la décrit sommairement ainsi ^ : « Vue intérieure d'un cirque, au moment d'une course de chars. En haut et en bas, sur les côtés de l'arène, les gradins, sous arcades, garnis de spectateurs ; à droite, au fond de l'arène, les carceres, à la porte desquels se tiennent des palefreniers nègres ; au milieu, la spina avec les metae et les cages des lions, entourée de l'arène ovale où circule le personnel à pied et à cheval, et où courent quatre quadriges aux couleurs des quatre factions du cirque ». L'originalité de ce pavement, par rapport aux autres mosaïques du même sujet et à presque tous les monuments figurés qu'on en peut rapprocher, consiste dans la représentation des gradins et des spectateurs. Il ne ressemble en rien, de façon frappante, au nôtre.

I. On a déjà vu que la mosaïque Macors, malgré les singularités qui la distinguent, n'enrichit d'aucune donnée sûre la connaissance imparfaite, dont l'archéologie romaine a dû se contenter jusqu'ici, des cirques et des courses de chars en général, mais que cette mosaïque fournit sans doute une image vraie, sinon complète, du cirque de Lyon à une certaine époque et des courses de chars, telles qu'elles s'y pratiquaient alors 2. La simplicité originale, mais peu décorative, de Voppidum et de la spina^^ se conçoit fort bien, si l'artiste a peint la réalité contemporaine et locale. Au contraire, si elle avait été plus riche, pourquoi l'aurait-il appauvrie ou bien négligée en faveur d'un autre monument moins spécieux, exposant son œuvre à pâtir d'une comparaison désavantageuse ? Quant à suivre Delandine 3 et Artaud 4

1. Inventaire des mosaïques de la Gaule et l'Afrique (II, Afrique proconsulaire, n" 321, fig.)- Cf. Bull. arch. du Comité, 1906, p. 1 3, n° 39 et pi. 26.

2. Opinion formulée, d'abord dubitativement, puis catégoriquement, par AUmer et Dissard, Trion, p. CXXXVI =iW^usee de Lyon, II, p. 301 : < Si c'est le cirque de Lyon... Sans doute, il est représenté tel qu'il aura été reconstruit après le sac de Lyon, l'an 197 >, sous Septime Sévère. — Trion, CXLVI = Musée, II, p. 320: «...la précieuse mosaïque qui représente le cirque de Lyon >. Voir encore Bazin, Vienne et Lyon galloromains, p. 213.

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