‹ Mosaïques romaines des musées de LyonChapitre 47 sur 136 · P. 57etsuiv · texte numérisé non relu

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3. Avec cette différence, pourtant, que Menestrier avait dit: «Combat de l'amour lascif et de l'amour honnête . Delandine, qui adoptait la même opinion, la traduisait plus fidèlement (Bulletin de Lyon, 1806, p. 74) : Le tableau ■'■ offre l'emblème de l'amour déréglé et de l'amour pudique >. La définition de Bazin en est une variante assez libre (Vienne et Lyon..., pass. cité) : i; On a cru reconnaître dans cette représentation, qui d'ailleurs n'est pas rare, la lutte des penchants bons et mauvais u

que « tout doit céder à l'éloquence»; mais bien vaguement, on va le voir : « D'autre part, il a pensé que ce combat pouvait avoir trait aux jeux et aux disputes d'éloquence fondés par Caligula devant l'autel d'Auguste. Il y reconnaît même, selon les règles d'Aristote, les trois genres d'éloquence et de poésie ». Le démonstratif serait représenté par le satyre, le délibératif par Silène, le judiciaire par l'Amour; Minerve ou Hermathène, déesse de l'éloquence, présiderait le concours. J'ignore à qui appartiennent réellement ces sottises qu'Artaud met au compte de Spon. Pour le sien propre, il présente ensuite comme une addition une idée toute différente : « Notre archéologue aurait pu ajouter encore que les jeux inventés par Caligula se faisaient en l'honneur du dieu Silvain, que, ce dieu étant présent, le génie de l'éloquence a vaincu la nature sous les traits du dieu Pan qu'on voit enlacé ^ et l'Hermès ou le dieu de la palestre serait la statue qu'on avait coutume de placer dans les Ueux du combat... ». Ne retenons de toute la divagation que ce dernier détail -.

La notice de Comarmond 3, dont la partie descriptive n'est point mauvaise, constitue pour l'exégèse une aberration non moins déplorable. Il commence par se déclarer très embarrassé ; il conclut, son explication donnée : « Cette scène allégorique est difficile à interpréter et nous devons laisser le lecteur libre de l'expUquer à sa manière. « Son idée à lui, la voici. L'Amour est aux prises avec un satyre; mais il s'agit d'une rencontre «sentimentale » plutôt que d'une lutte ; il s'agit « de l'expansion d'une passion que fait naître Cupidon et qu'il encourage de tous ses efforts». L'Amour porte ses deux bras en avant, « non dans le geste de la défense ou de l'attaque, mais dans celui d'accorder une faveur ». Le satyre, son partenaire, « est dans une pose à lui demander une faveur plutôt qu'à vouloir entrer en lutte ». Rien ne prouverait que le personnage debout, à droite, soit Silène ou

1. Plus loin, p. 59, en expliquant pourquoi « le satyre capripède qui combat avec l'Amour paraît n'avoir qu'une main libre », Artaud propose une nouvelle interprétation du tableau, qui est une variante de celle-ci : « Pan ou la nature, enchaîné et vaincu par l'amour honnête, semblerait le caresser de la main qui lui reste libre, et le sujet serait bien rendu par le vers d'Ovide : Omnia vincit amor, et nos cedamus amori ». Nous verrons que ce vers n'est pas d'Ovide et qu'il faut l'appliquer à la toute puissance de l'amour sans épithète.

2. Mazade d'Aveize, Lettres à ma fille sur mes promenades à Lyon, 1810, 1, p. 136, affirme que la mosaïque du Gourguillon « donne des lumières sur le culte que les anciens Celtes rendaient à Mercure et à Minerve, unis ensemble sous le nom d'Herm-Athènes ».

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