Voir Artaud à Rambaud, 15 février
quadrupèdes et 24 oiseaux ^ Artaud - croit avoir remarqué qu'en général les animaux amis de l'homme sont plus rapprochés d'Orphée. C'est une illusion. L'entourage immédiat d'Orphée comprend douze quadrupèdes, parmi lesquels le renard, le cerf, l'hyène, le sanglier, le loup et le tigre. Ce qu'il faut noter, c'est que les quadrupèdes et les oiseaux ne sont pas mélangés. Ceux-ci occupent les deux lignes transversales du haut et les deux lignes longitudinales extrêmes ; les quadrupèdes ont les six autres lignes transversales, moins, dans chacune d'elles, les deux places extrêmes. Dans ces conditions, quadrupèdes et oiseaux ne pouvaient être en nombre égal 3, mais on a réduit l'écart au minimum. Cochard observe que le mouton « paît tranquillement entre le loup et le sanglier, allégorie extrêmement ingénieuse et qui peint la puissance de la musique même sur les animaux » 4. Après la torsade par laquelle était dessiné le grand rectangle, la mosaïque avait pour bordure un rinceau à tiges grêles et très allongées, dont les lobes étaient tous garnis de la même petite feuille cordiforme. Sur la face d'en haut ses enroulements avaient plus d'ampleur ; il était double dans la partie moyenne de cette face, au miheu de laquelle il jailHssait d'une sorte de vase.
2. Examinons maintenant si la planche d'Artaud est une image bien fidèle de la mosaïque telle qu'on l'exhuma. Autour du tableau principal elle nous montre 44 petits tableaux et nous trouvons sa notice exphcative d'accord avec sa planche. Mais ce double témoignage est en désaccord avec tous les autres. Dans le compromis entre le maire de Lyon et les marbriers il est dit que la mosaïque présente au milieu Orphée, « autour de lui quarante-huit animaux de diverses espèces, chacun dans un encadrement ou tableau séparé ». Artaud lui-même, dans son inventaire de 1833, parle de « 50 petits tableaux accompagnant le tableau principal ». Comarmond affirme qu'elle se composait primitivement de cinquante
1. Artaud, 1835, p. 121 et suiv., énumère les 20 quadrupèdes ,mais seulement 18 oiseaux, n'ayant pu <' reconnaître les autres ■ .
3. Ils seraient en nombre égal, si le tableau du centre ne réduisait pas deux rangées transversales à quatre animaux et, par conséquent, à deux quadrupèdes, chacune.
4. Comp. Artaud, 1835, p. 121 (note) : - Il paraît que c'est avec intention qu'on a mis en opposition le loup avec l'agneau ; bien avant les Romains, Isaïe avait déjà dit : Habitabit lupus inter agnos (XI, 6-9) ».
caissons, dans le centre de chacun desquels était représenté un animal S et il ajoute : « Nous ne retrouvons aucune des six rosaces qui existaient dans le bas ». Cochard avait écrit d'abord: « Le reste du pavé «, hormis le tableau principal, « est occupé par 50 tableaux 2 représentant des rosaces, des oiseaux et des quadrupèdes» ; texte qu'il a ainsi modifié en l'imprimant: « Le reste du pavé comporte cinquante tableaux plus petits, offrant quelques-uns des rosaces, d'autres des oiseaux et les autres des quadrupèdes» 3. Écartons d'emblée le nombre 48, qui est impossible : s'il y avait plus de 44 animaux, il y en avait au moins 50, une rangée transversale, soit six de plus, les seules rangées transversales à quatre places se trouvant à la hauteur du tableau central et ne pouvant être que deux. Non seulement l'erreur est certaine, mais sa cause est évidente : la mosaïque comportait bien 48 octogones, complets ou tronqués. Restent donc contre le nombre 44 trois témoignages seulement, ceux d'Artaud, de Cochard et de Comarmond. Notons d'abord que les deux premiers ne concordent pas avec le troisième. Artaud parle de 50 petits tableaux accompagnant le grand, Cochard de 50 panneaux secondaires, animaux ou rosaces, Couiarmond de 50 caissons contenant un animal et de six rosaces, ce qui ferait 56 panneaux secondaires. Outre que celui-ci est le seul garant du nombre 56, le contexte de son témoignage nous le révèle sans valeur. C'est d'après la planche d'Artaud qu'il décrit la mosaïque. « Il entrait , dit-il, dans sa composition première cinquante caissons, dans le centre de chacun desquels, était représenté un animal. Des rinceaux décoraient la bordure qui l'entourait. Artaud, qui l'avait fait dessiner, l'a représentée ainsi dans son ouvrage. Nous remarquons même que dans la restauration de cette mosaïque il y a des caissons ou médaillons qui ont été transposés et que ceux qui se trouvaient le moins dégradés sont venus prendre la place de ceux qui l'étaient davantage. On peut s'en rendre compte en comparant la planche qui nous montre le monument dans l'état où il était lors de sa