De même, et d'après lui, le Catalogue sommaire
2. Dans son Guide du voyageur et de l'amateur à Lyon, p. 130, il donne ce même nombre.
3. Savigné, après avoir reproduit dans son texte cette phrase de Cochard, non sans la défigurer, écrit dans une note, p. 188 : • Des 58 panneaux il n'en reste pas même la moitié ■. Je néglige de discuter ce nombre, qui n'est qu'un lapsus. Bazin, Vienne eï Lyon ga/Zo-romains, p. 381, fait entrer le tableau central dans le compte des 50 panneaux. Comment s'y prendrait-il pour distribuer les 49 animaux autour d'Orphée ^
découverte et celui où il est actuellement. La bordure n'existe plus et on a supprimé trente-huit caissons ; nous ne retrouvons aucune des six rosaces qui existaient dans le bas ». En fait, Comarmond n'a vu ni les cinquante animaux ni les six rosaces. Ses souvenirs le trompent, comme ils le tromperont un peu plus loin, lorsque, décrivant sans l'avoir sous les yeux l'entourage d'Orphée réduit à douze animaux, il le subdivisera en cinq quadrupèdes et sept oiseaux. Je ne discerne pas l'origine de son erreur en ce qui concerne les six rosaces. Quant au nombre 50, il avait pu le lire dans l'inventaire de 1833 par Artaud ; sa mémoire lui aurait ainsi joué le double mauvais tour de retenir le nombre faux après avoir oublié le nombre juste. Le cas d'Artaud rédigeant cet inventaire fut sans doute pareil. Pas plus que Comarmond il ne prit la peine de se reporter à la planche, ce qu'il eut soin de faire lorsqu'il rédigea sa notice de 1835 ; et je croirais volontiers que le nombre 50 lui a été suggéré par Cochard, avec lequel sa notice de l'inventaire offre une autre concordance frappante, l'évaluation des mesures, « plus de 20 pieds par 12 à 15 ». Cochard, lui, a vu la mosaïque primitive. Mais l'a-t-il bien vue ? L'a-t-il regardée aussi attentivement et détaillée aussi soigneusement que le dessinateur d'Artaud ? Ce qui prouve que non, c'est sa remarque bizarre que quelques-uns des animaux — et non pas la moitié des animaux — sont disposés en sens contraire des autres. A-t-il compté les caissons ? De leur nombre il ne semble pas avoir été bien sûr, car il avait d'abord écrit '( une quarantaine de tableaux )-. Quant aux rosaces, dont il a cru voir qu'une partie des caissons étaient ornés, il aura pris pour telles les fleurs qui garnissaient les intervalles des octogones ou bien les rinceaux qui décoraient les quatre octogones tronqués par le tableau central. Bref, 44 me paraît infiniment plus probable que 50, pour ne pas dire certain.
3. Au reste, la planche d'Artaud laisse beaucoup à désirer sous le rapport de la fidélité. Elle nous montre dans un état parfait de conservation le pavement que les marbriers jugèrent à première vue inutilisable ; dont on ne pouvait, de l'aveu même d'Artaud, sauver que le tableau central et les animaux les moins endommagés ; dont, toujours d'après Artaud, on aurait eu, si on avait voulu le rétablir intégralement, à refaire la moitié. Entre le moment où elle fut exhumée et celui où elle fut enlevée, la mosaïque eut à souffrir des intempéries ; sans doute : Artaud affirme que pendant l'hiver
1 822-1 823, par suite de la gelée, elle perdit « au moins un quart de sa conservation )) ; soit. Mais ce n'étaient pas la gelée et les pluies de cet hiver seul qui avaient rendu noirs comme charbon les fonds et les entrelacs d'un grand nombre de panneaux. Le demi-aveu du mauvais état primitif est dans un autre passage d'Artaud ^ : « Malheureusement, on l'avait laissée trop longtemps exposée à la pluie dans un lieu bas, et le ciment qui était déjà décomposé en partie, le fut encore davantage, lorsqu'on voulut la détacher du sol" . Quand le ciment d'une mosaïque est décomposé en partie, il n'y a guère chance qu'on la découvre intacte et il est bien difficile qu'on ne la dégrade pas davantage en la découvrant. Artaud a donc réparé sur l'image les dommages subis par l'objet. Nous savons déjà qu'il est coutumier de ces hbertés 2. La comparaison des panneaux utihsés pour la restitution avec les parties correspondantes de la planche nous fournit une autre raison de croire que cette image n'est pas exacte dans le détail. Entre la figure et l'objet, animal ou sol, il y a souvent de sensibles différences. Inexactitude plus grave, tous les animaux n'occupent point dans l'image la place qu'ils avaient dans l'original. La chouette, qui n'a pas été utiHsée pour la restitution, mais existe encore, je dirai tout à l'heure où, regarde à droite, quand elle est posée normalement. Par conséquent, dans l'original, elle faisait partie, soit de la moitié inférieure gauche, soit, posée en sens inverse, de la moitié supérieure droite. Or, sur la planche, elle est le troisième animal, en partant du bas, de la première rangée longitudinale droite ; elle regarde à gauche.
De même qu'il nous trompe, dans son album, en nous faisant voir intacte la mosaïque à peine remise au jour, de même Artaud, dans sa notice de 1835, exagère le délabrement de la mosaïque sur le point d'être enlevée. « Nous ne pûmes sauver que le tableau du milieu et quelques panneaux dont nous fîmes une moins grande mosaïque... >. Si l'on prenait ce témoignage à la lettre, douze panneaux seulement auraient été sauvés, les douze qui, dans la mosaïque réduite, entourent le tableau central. Or, en considérant le dessin annexé au traité de Bernard et Jamey avec la ville, dessin conformément auquel ils s'engagent à effectuer la restauration, nous consta-