‹ MoscouChapitre 15 sur 32 · I.l'S PALAIS · texte numérisé non relu

I.l'S PALAIS

].a visite de cette merveilleuse collection où l'intérêt artistique le dispute H l'intérêt historique vaut à elle seule le voyage de .^Ioscou.

Xon loin du Palais des Armures, nous rencontrons un autre édifice de l'ancien Kremlin, le Poticcluiy Dvorets Palais des Menus plaisirs), où fut. dit-on, élevé Pierre le drand. C'était autrefois la résidence de la

Le roi des canons.

famille de 3liloslavsk\" ; cette famille a donné à la Russie une tsarine Marie Miloslavsky, qui fut la première épouse du tsar Alexis Mikhaïlovitch. La seconde, Nathalie Nar3-chkine, devait être la mère de Pierre le Grand. Ce palais vit sous le règne d'Alexis iMikhaïlovitch les premières représentations théâtrales en langue russe. Il est actuellement occupé par le général commandant la place de Moscou.

Nous ne nous attarderons pas à visiter la caserne du Kremlin, mais nous devons saluer en passant

Le lourd canon de bronze ;i sa porte accroupi.

le tsar Pouchka. le roi des canons, cjui, dans son genre, fait pendant au /.s\7/- Koliikol, la reine des cloches. Sa longueur est de cinq mètres trente

centimètres, son calibre d'un mètre. On évalue son poids à 39.000 kilogrammes. Il fut fondu en 1586 ; a-t-il rendu de grands services ? Je ne sais. Si le tsar Pouclika se vante d'être le plus gros des canons, La Licorne (Edinorog) couchée non loin de lui se glorifie d'être le plus long. Elle ne date que du règne d'Alexis Mikhaïlovitch. Son poids est de 12.000 kilogrammes.

L'enceinte du Kremlin abrite encore l'ancienne demeure des patriarches construite en 1656 sous le patriarcat de Xicon. Le patriarcat fut supprimé par Pierre le Grand au commencement du xviir siècle et remplacé par un Conseil suprême de l'Eglise, le Saint Synode présidé par le métropolitain de .Saint-Pétersljourg. La maison patriarcale conserve des livres sacrés, des ornements ecclésiastiques qui méritent l'attention des curieux.

De son antique domination spirituelle, Moscou a gardé le privilège de préparer le saint chrême (Kiev seule dans tout l'empire partage avec Moscou cette prérogative). C'est le lundi de la semaine sainte que le métropolite allume sur un âtre spécial le feu destiné à faire bouillir dans des chaudrons d'argent l'eau, l'huile et les aromates nécessaires. Pendant trois jours entiers que dure la fabrication du liquide consacré, des prêtres lisent sans relâche l'évangile; le soir du mercredi suivant le saint chrême est versé dans les vases qui doivent le conserver.

Parmi les manuscrits de la bibliothèque patriarcale l'un des plus intéressants pour l'histoire de l'art est le Sbornik ou recueil de Sviatoslav, l'un des plus anciens monuments de la littérature russe. Ce manuscrit célèbre date de 1073. Il fut écrit pour un prince qui régna à Kiev de 1073 à 1076.

Il reproduit un recueil bulgare écrit pour un tsar bulgare Siméon. Il renferme un certain nombre de textes profanes ou sacrés sur lesquels nous n'avons point à insister ici. Mais ce qui mérite d'arrêter notre attention, ce sont les miniatures dont il est enrichi et dont l'une reproduit le prince et sa famille.

L'arsenal n'offre au point de vue monumental aucun intérêt. Mais ce qui frappe les yeux ce sont les huit cents canons couchés au pied de ses murailles. Ces canons sont ceux de la Grande Armée, pris par les Russes ou ramassés par eux dans la neige des steppes. Le seul dénombrement de ces pièces désormais inertes et silencieuses est tout une page d'épopée. Une singulière émotion vous étreint à voir couchés là. sur leur soubasse-

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