LE HANNETON
(Paroles de Moussorgski)
EN PROSE
ce Niania! niania ! oh! Quelle histoire ! Niania chérie! Je jouais sur le sable, derrière le berceau, où il y a les bouleaux. Je faisais une maison avec les branches que maman, maman elle-même, m'avait préparées. La maison était déjà faite, entièrement faite, une maison avec un toit, une vraie maison. Tout à coup !... Sur le toit, un hanneton énorme, noir, si gros. Il remue les moustaches terriblement et me regarde en face. J'ai eu peur. Et le hanneton se fâche et gronde, écarte les ailes, il veut me saisir. Et il a sauté sur moi, il m'a frappé là, près de l'œil. Je me suis fait petit, niania, je me suis assis, j'ai eu peur de remuer et j'ai ouvert un peu, un tout petit peu, un œil. Et puis ? écoute, niania ! Le hanneton reste immobile, les pattes pliées, le nez en l'air, sur le dos,
et il ne se fâche plus, il ne remue plus les moustaches, il ne gronde plus et ses ailes tremblent. Est-ce qu'il est mort, ou bien fait-il le mort? Qu'est-ce que cela veut dire? Dis-moi, niania, qu'est-il arrivé au hanneton? Il m'a donné un coup, et luimême est tombé? Que lui est-il arrivé, niania, à ce hanneton ? »
-Le Hanneton a eu un très grand succès dans les salons de Saint-Pétersbourg.