LA PRIERE
(Paroles de Monssorgski)
EN PROSE
L'enfant, agenouillée dans son lit, dit sa prière auprès de la niania qui l'écoute :
« Seigneur, aie pitié de Papa et de Maman, et sauve-les, mon Dieu! mon Dieu, aie pitié de mon petit frère Vasenka et de mon petit frère Michenka. Mon Dieu, aie pitié de ma vieille grand'maman, envoie-
lui une bonne santé, à grand'maman si bonne, à ma vieille grand'maman, Seigneur! Et sauve, mon Dieu, la tante Katia, la tante Natacha, la tante Paracha, les tantes : Liouba, Varia et Sacha et Olia et Tania et Nadia, les oncles Petia et Kolia, les oncles Valodia et Gricha, et Sacha. Seigneur! sauve-les tous, aie pitié d'eux. Et de Filia et Vania et Mitia et Petia et Dacha, Pacha, Sonia, Douniouchka! »
La niania s'est-elle assoupie? Ou bien est-elle perdue dans sa prière? — <( Niania! » — (( Hé, niania! » — ce Comment est-ce plus loin, niania ! »
La niania. — Voyez-moi la petite folle ! Combien de fois te l'ai-je dit : « Seigneur, aie pitié de moi, pécheresse. »
L'enfant. — ce Seigneur, aie pitié de moi, pécheresse. »
Puis, doucement interrogative :
— ce C'est comme cela, niania? »