SCENE VI
Mais un vieillard, Dosithée, arrête le bras d'André :
« Possédés ! Quel démon vous tourmente ? Marthe ! prends la luthérienne et conduis-la à ma maison, et dans le che-
min sois pour elle l'égide fidèle, mon enfant.
Marthe. — Père, bénis-moi.
Dosithée. — Paix à toi ! Et je vous demande à vous, de nouveau : Possédés ! quel démon vous tourmente ?
Et douloureuse, sa voix se plaint : * C'est le temps des ténèbres et de la perdition, et du renoncement à la foi ! Mes frères, mes amis, il faut défendre la foi orthodoxe. Allons au combat, au grand combat. Oui, le cœur gémit.... Oui, le cœur se glace... abandonnerons-nous la foi sainte?...» Et Dosithée, en saluant bas, doucement prononce : « Secourez-la, orthodoxes ! ))
Alors la voix de Khovanski commande, les trompettes sonnent, les streltsy enfiévrés chantent ; puis le tourbillon de guerre se porte au loin. Tout s'apaise et Dosithée reste seul avec les raskolniki.
ce Seigneur ! Tu ne laisseras pas triompher les forces infernales ! Père ! révèletoi pour le bien de tes enfants. Frères! j'ai peur! Pouvons-nous être sauvés?
Chantez, frères, le chant du renoncement à ce monde. Allons au combat ! »
Les raskolniki. — Père éternel ! toutpuissant ! éloigne de nous les paroles de mensonge, les forces infernales et l'Antéchrist !
Dosithée. — Père ! Notre cœur s'ouvre à toi !