SCÈNE VII
Mais voici le greffier, soufflant, essoufflé, qui s'époumonne et s'agite, les bras hauts et les traits renversés : « Ah ! malheur î
malheur ! Je n'ai plus de force ! Je suis rendu ! »
— Qu'as-tu, âne, à braire ainsi? Voyezle, il tremble comme une feuille sous le vent !
Le greffier. — Ah ! mes amis ! non ! on ne m'a pas battu, non, on ne m'a pas secoué, et ni ma bouche ni mes oreilles n'ont été souillées. C'est vrai. La peur m'a saisi, la mort m'a effrayé ! Mais maintenant, tout m'est égal. La mort est là. Je l'attends. Mais je vous dirai la vérité : les soldats sont ici ; ils fondent sur vous, ils sont là, près. Ecoutez ! J'étais à Kitaï-gorod, au travail, à ma besogne, j'écrivais, tout au devoir, vouant mon âme au salut du monde et au droit des chrétiens... Tout à coup... j'entends... au loin, un bruit régulier, rapide, des hennissements, le bruissement d'armes, de cuirasses, des cris de guerre... Je fuis, je traverse le cantonnement des streltsy! Les soldats le cernaient. *
— Tu mens! tu mens ! c'est faux !
— Les streltsy se sont jetés sur leurs armes. Ils ont eu le dessous.
— Malheur à nous ! Malheur à nous !
Et maintenant, conclut le greffier, je m'écoule, pour mon bien et ma santé. Frt! (Il s'éclipse).