SCÈNE i
Le prince Ivan Khovanski est à sa table, chargée de vaisselle et de coupes. Des jeunes filles chantent pour le distraire, mais, impatienté, il les interrompt :
— Qu'est-ce que cela? Dieu me garde !
Portez-vous un mort à sa demeure dernière? Il fait assez triste sans cela, en Russie ! Faut-il encore entendre des gémissements de femmes ! Dieu me garde !
Chantez-moi une chanson gaie... M'entendez-vous?
— Comme il vous plaira, prince.
— Hé bien?
— Nous sommes à vos ordres, prince.
— Hé bien ! hé bien! j'attends!
— Le heiduque ? Si nous chantions le heiduque? Le heiduque? Le heiduque?
— Qu'avez -vous à chuchoter? On vous dit de ehanter !
Et l'air populaire, au rythme martelé comme des heurts de talons, s'enlève,
rompu par les exclamations impatientées du prince :
— Plus vite ! Encore! C'est cela !