‹ MoussorgskiChapitre 57 sur 83 · SCENE II · texte numérisé non relu

SCENE II

Un valet du prince Galitsyne pénètre dans la salle et se dirige à pas rapides vers le prince :

— Que me veux-tu? s'écrie celui-ci, qui t'a permis d'entrer?

Le valet s'excuse, mais il apporte un message du prince Galitsyne : ce Tiens-toi sur tes gardes, Khovanski. On en veut à tes jours ! »

■é— Voici qui est risible en vérité, songe à mi-voix le prince Khovanski. Je ne serais pas en sûreté, dans ma demeure, que je ne quitte pas? Galitsyne veut rire à mes dépens, il pense m'effrayer.

Et, sardonique et colère, il appelle ses gens et leur donne l'ordre de châtier le messager, et de faire venir ses danseurs persans.

La musique de ballet se particularise des morceaux du genre par son franc

caractère oriental, un mouvement lent au début, d'une nervosité exaspérée à la fin. A pekie les dernières notes se sont-elles éteintes que Chaklovitiy apparaît. Il annonce au prince Khovanski que la tsarevna Sophie le mande en son conseil.

— Holà ! s'écrie le prince dans un élan d'exaltation rayonnante, qu'on me revête de mes plus beaux vêtements. Et vous, dit-il aux jeunes filles, chantez le chant de gloire !

(( Il nage, il nage, le cygne blanc, Ladou, Ladou.

(( Va vers sa belle, le cygne blanc, Ladou, Ladou.

ce Rejoint sa belle, le cygne blanc, Ladou, Ladou.

ce La belle alors lui dit :

% — Cygne blanc, Ladou, Ladou.

« — A toi je donnerai mon amour, Ladou, Ladou.

(( Chantez la gloire du cygne blanc, Ladou, Ladou.

(( Chantez la gloire du cygne blanc, Ladou, Ladou ! »

Le prince quitte la salle. Quand il

arrive à laporte, des hommes se jettent sur lui et l'assassinent. Il pousse un cri horrible, et les jeunes filles, épouvantées, s'enfuient.

Le prince Chaklovitiy s'approche à pas lents du cadavre, qu'il considère: « Chantez la gloire du cygne blanc, Ladou, Ladou ! . . . Ah ! ah ! ah ! ah ! ah ! *

Deuxième tableau. — scène i

La voix des cuivres, mystérieuse et retenue, se pose en une marche lente et solennelle. Le rideau en se levant découvre la place de l'église Basile le Bienheureux à Moscou. La foule envahit la scène, se presse vers le parvis. Des cavaliers, sabre au clair, défilent : ils conduisent un convoi de prisonniers condamnés à la déportation en Sibérie, parmi lesquels se trouve le prince Galitsyne.

Le peuple, curieux, s'intéresse. Ses paroles brèves, murmurantes, accueillent le convoi, prient pour le prisonnier, et, peu à peu, les voix de l'orchestre et de la

foule s'apaisent, les pas s'éloignent, la scène se vide.

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