SALAMMBO
Moussorgski, dès 1856, lorsqu'il songeait à tirer un drame lyrique de Han d'Islande, avait résolu de faire lui-même le livret. En 1883, il écrivait la musique de Saùl sur son propre texte. Il n'en agit pas autrement pour Salammbô et se mit déterminément au travail dès qu'il se fut familiarisé avec l'œuvre de Flaubert. Le deuxième tableau du deuxième acte fut entièrement terminé le 15/27 décembre 1863 ; le premier tableau du troisième acte, le 10/22 novembre 1864 et le premier tableau du quatrième acte le 26 nov./8 déc. de la même année. En voici l'analyse, d'après l'étude si complète de M. Stasof, dans laquelle, au reste, nous ne cessons de puiser.
Deuxième tableau du deuxième acte. — La scène représente le temple de la déesse Tanit, la nuit. Salammbô prosternée, prie la déesse ce de diriger son rayon divin sur une âme endolorie et de rallumer en elle les feux de l'amour sacré ». Elle couvre de fleurs la statue et, gardienne du voile qui sauvegarde l'indépendance de Cartilage, elle s'étend sur la couche de repos. Pendant son sommeil, Mathô entre dans le temple pour ravir le voile. Salammbô se réveille. Ni ses prières ni ses menaces ne peuvent entamer la volonté de Mathô, qui refoule l'amour qu'il ressent pour la jeune fille. Sous le poids de sa malédiction, il emporte le talisman. L'envahissement du temple par la fouie, et le chœur par lequel elle exhale sa terreur et sa colère terminent l'acte.
Premier tableau du troisième acte.
La scène montre la terrasse du temple de Moloch. Onaperçoitau sommet de l'escalier la statue du dieu, les sacrificateurs dressent le bûcher et l'allument, chauffant à blanc l'idole, dont le ventre énorme va recevoir les enfants désignés comme