‹ MoustacheChapitre 120 sur 281 · BANQUE · texte numérisé non relu

BANQUE

ïeux semble ne pas vouloir s'aventurer trop avant et désire >k borner à ces conversations frivoles, à ces entretiens légers qui sutit (le mode dans les salons. Madame Saint-Altiert n'en est pas moins une femme fort agréable, qui reçoit fort bien, et cliez laquelle on s'amuse beaucou|). Quant à son époux, c'est un homme qui ne pense qu'à gagner de l'argent, et laisse à sa femme libc-rté entière: c'est un mari extrêmement commode.

Alexis tâche de se souvenir des avis que Durozel lui a donnés; en causant avec la maîtresse de la maison, il lui dit hardiment tout ce qui lui vient à la tête : madame Saint-Albert le trouve fort aimable, file rit beaucoup de ses saillies, de ses bons mots, et Alexis, tout (itoniié de son succès, dit ;\ Durozel :

— Mon ami, c.U-rc que vraiment je suis spirituel? est-ce que je dis des choses drôles, anmsantes?... En vérité, celte dame me aonnerait presque de l'amour-

proprc.

— C'est ce qui vous manquait, mon cher, et c'est ce qui est nécessaire dans le monde.

Ici, ayez-en beaucoup; chez madame de Martelonne ayez-en moins; avec vos vrais atnis n'en ayez pas du tout, et tout le monde vous trouvera charmant.

Pour achever son succès à la Cliausseed'Antin, Alexis se met à une table de bouillotte ; il comptait perdre (]uelques pièces d'or, mais la chance est pour lui, il gagne tous les coups; cependant il joue Irgèrenient, il tient d'assez fortes sommes avec un très-faible jeu, mais la fortune le favorise, il continue de gagner, et , comme dans le monde le bonheur passe souvent pour du mérite, chacun s'écrie '.

— Ce jeune homme joue connue un ange et avec un désintéressement admirable...

c'est un bien beau joueur.

Après avoir passé près de trois heures chez madame Saint- Albert, Alexis |)rend corjgé et sort avec Durozel, emporiant la considération des hommes, les doux regards des dames et une quarantaine de napoléons qu'il a gagnés à la bouillotte.

— Eh bien, dit Du-

lU «perçoit devant lui Frison et GranJinct. Le premier est un peu gris. (Page 46.)

rozel à Alexis, vous voyez que pour réussir dans le monde vous n'aviez qu'à le vouloir; vous reconnaîtrez plus tard que je ne vous ai pas mal dirigé : les grisetles vous ont dégourdi, les grandes dames vous formeront, les tenimes sensibles vous adoreront !

— Mais Marguerite, mon ami, Marguerite!... Ah! si vous saviez combien je l'aime ! Au milieu de tout ce monde, près de ces femmes élégantes et belles, je me dis souvent : Marguerite vaut mieux que celai

— Nous retrouverons votre jolie fille du faubourg I... à moins qu'elle ne se soit évanouie comme une ombre.,, mais ce n'est pas probable; les sylphides n'existent qu'à rOjiéra oudanj les contes de fées.

Plusieurs mois s'écoulent; Alexis emploie presque toutes ses journées à pan;ourir Paris, espérant retrouver Marguerite ; Durozel l'accompagne souvent dans ses recherches, qui n'ont encore amené aucun résultat. Quelquefois une sombre mélancolie s'empare d'Alexis, mais Durozel le soutient, le console et le force à aller dans le monde trouver des distractions à ses secrets ennuis.

Mademoiselle Amandine a essayé de ramener Alexis près d'elle, •t pour cela elle lui a écrit plusieurs lettres bien tendres, où elle lui

promet de ne plus être jalouse, et de le laisser aller tant qu'il voudra à tous les liages de la maison.

— Il est bien temps! se dit Alexis en déchirant chaque billet. Maintenant, Marguerite n'est plus sa voisine... mais elle est cause que je l'ai perdue, et Je ne puis lui pardonner cela.

Les beaux jours étaient revenus, on était au commencement de juillet, lorsqu'un matin le concierge d'Alexis lui monte une lettre; il ne se presse pas de l'ouvrir, croyant qu'elle était enœre d'Amandine; cependant, après avoir jeté les yeux sur l'adre.sse, n'ayant pa» reconnu les jambages de la couturière, il brise le cacliet.

La lettre est une invitation de madame de Pomponney pour aller à une fête qu'elle donne le jeudi suivant à sa maison de campagne à Sussy.

Atexis avait presque totalement oublié sa cousine; il met machina»

lement la lettre dans sa pfpclie, cl va trouver Durozel, en se disant :

— Des fêtes!... toujours des fêtes!... et pendant ce temps cette jeune fille, si intéressante, et que je croi»

si sage, endure peutêtre toutes les souffrances de la misère, cachée dans quelque obscure mansarde !.., cl moi, qui l'aime tant, moi que la fortune a bien traité, et qui serais si heureux de pouvoir adoucir ses peines, il me faut vivre loin d'elle, vivre au sein du monde, ne voir que des gens dont la seule occupation est de chercher par quels plaisirs ils embelliront leur journée!.,. Ahl que j'aimerais bien mieux être près de Marguerite, dans sa petite chambre, si pauvrement meublée, mais dont sa présence fait un délicieux séjour!

Durozel avait reçu une invitation semblable à celle d'Alexis, et il parut fort content en voyant que madame de Pomponney n'avait pas oublié entièrement son jeune cousin.

— INous n'irons pas à cette fête, n'est-ce pas , Durozel ? dit Alexis à son ami.

— Ne pas aller à cette fêtel oh! si fait, parbleu ! nous n'aurons garde d'y manquer...

Voilà l'occasion que

j'attendais depuis longtemps.

— Quelle occasion?...

— De vous venger de voire cousine.

— Jo lui ai pardonné, mon ami ; vous voyez bien qu'elle m'est totalement indifférente,

— Vous me feriez presque regretter de vous voir si bien guéri. Que vous ne soupiriez plus pour elle, c'est très-bien ; mais oublier la mystification qu'elle vous a fait subir... oublier que ceDartigueet ses amis se sont moqués de vous... oh ! vous ne le devez pas.

— Vous avez raison, Durozel! s'écrie Alexis, auquel ces souvenirs viennent de faire monter le feu au visage. Oui, ce M. Dartigue a été im[iertinent avec moi... mais je voulais me battre, pourquoi m'en avez-vûus empêché ?

— Parce que ce n'est pas ainsi qu'il faut vous venger,., un duel, c'est une chose fort commune, fort ordinaire ; vaincu, on vous eût oublié; vainqueur, on eût plaint votre adversaire. Il vous faut mieux que cela.

— Que comptez-vous donc faire?

— Allons à Sussy d'abord, mais surtout faites-vous bien élégant, paraissez avec tous vos nouveaux avantages ; soyez chez madame de

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Pomnonney ce que vous Ates chez madame Saint-Albert, et j'ai dans I idée que ma v(;rij,'5ance ira vile.

Le billet (le madinuo de Poiiiponney invitait à un diner et à une f(H(; de nuit qui devait le suivre. Le jeudi arrivé, Durozel et Alexis, ayant loué un joli cabriolet qu'ils comptent garder jusqu'au lendeluain, parlent pour Sussy, après avoir fait une toilcllu de fort bon goût pour la campagne.

— Connaissez-vous l'habitation de ma cousine? demande Alexis à «on compagnon de roule.

— Oui, j'y suis allé une fois l'année dernière, à une jolie fête dont celle-ci sera sans doute une copie. La maison de campagne de .M. de Pomponney est fort belle, et pourrait presque passer pour un petit château. 11 y un jardin de dix arpents au moins, divise en bois, prairies, bocages, labyrinthes, bosquets touffus;

il y a une pièce d'eau...

«n pont chinois , des grottes, des pavillons, et tous les jeux que l'on peut -rassembler dans une campagne; c'est un fort joli séjour , dont votre cousine peut, à juste titre, être appelée la déesse.

— lit son mari?...

— M. de Pomponney se roule sur le gazon avec son singe, ou va dans les allées obscures poursuivre ses jardinières et ses filles de basse-cour.

a — Ah ! oui, je me souviens de ce maudit singe. Croyez - vous qu'il sera à la campagne?

— Assurément; M. de Pomponney et lui sont inséparables...

— Ainsi que ma cousine et M. Dartigue !

— Quand à cela, je l'ignore,., les amours de grandes dames ne sont pas ordinairement de longue durée!... il pourrait bien y avoir du changement depui»

cet hiver.

Ou approchait de Sussy, campagne déli- ' cieuse, située sur* une collme d'où l'on découvre de chanuanls paysages. Durozel montre dans réloigncment unu maison bàlie à la moderne, et dominée par une terrasse sur laquelle est un jardin factice, à la manière orientale, en disant :

— Voici la propriété de M. de Pomponney.

Vous allez revoir voire belle Hélène... E^t-C9

que le cœur ne vous bat pas un pou?

— Mon cœur ne sait pas encore battre pour deux femmes à la fois, et je vous ai dit que j' muais Marguonte.

On est arrive devant rcltganle habitation; la cour qui la précède est remplie d'équipages, do caRclics, de cabriolets.

— Je vois avec plaisi. qu'il y a nombreuse société, et que nous n'arrivons pas les premiers, dit Durozel.

Un domestique aver ,t ces messieurs que presque toute la compagnie est réunie dans li. grand pavillon du jardin, où l'on fait do la musique. Les deux am is'y rendent, et reniarquenl sur leur cbeniiu de grands préparatifs : un tcu d'arlilice, des illuniinalioiis, et jus(pi';\ un ballon (pii doit probablement loriiiiiier la fêle.

Le pavillon uii l'on (disait delà musiiiue elait au milieu d'une belle

pelouse, k cinq cents las de la maison. Il ne contenait (pi'une pièce,

mais qui était fort bebî, taillée en rotonde, et dans laquelle deux

ceuls ucrsonnes pouVBuciit ge réunir.

I — Laisaci-iuoi enli.!r 1« ju-euiicr et vous annoncer, dit Durozel

à son ami, en montant les marches qui conduivùent à la porte da

pavillon. ,

— Pourquoi n'entrerais-je pas sur-le-champ avec tou»?

— Parce q le je veux que votre entrée fasse de l'effet, et pour qu'une chose fasse de l'effet, il faut qu'elle soit préparée...

— Mais je ne tiens pas du tout à faire de l'effet...

— Ah! mon cher ami, laissez-moi donc agir à mon idée... re&tez là trois minutes seulement, et puis vous entrerc-ï.

Alexis cède, il reste sur le perron, et Durozel entre dans l'intérieur du pavillon, où plus de soixante personnes étaient déjà réunins. La belle Hélène, dans une toilette délicieuse, s'apprêtait à <ïxéciter un morceau sur la harpe. Beaucoup de dames, dont ^Ausieurs étaient jolies, parce que, pour une (été extraordinaire, il avait b en fallu

àéroger un peu à ses habitudes, étaient assises près de madame de Pomponney, et une foule d'hommes élégants se tenaient debout derrière ces dames.

En apercevant Durozel, Hélène, qui allait prendre sa harpe, s'arrête et lui dit :

— Vous êtes bien aimable d'èlre venu à notre petite fête; mais n'amenez-vous pas mon cousin?

— Il me suit, dit Durozel, il est arrive avec moi.

Un sourire de satisfaction vient errer sur les lèvres de madame de Pomponney, qui jette quelques regards d'intelligence sur plusieurs dames qui l'entourent, en disant tout bas :

— J'aurais été désolée qu'il ne vint pas... car j'espère qu'il nous fera bien rire ce pauvre petit cousin!... je vous ai prévenues, mesdames , il faudra vous en amuse.'...

A peine Hélène achève-t-elleces paroles,que la porte du pavillon s'ouvre de nouveau, et un jeune homme élégant se présente, avec autant d'aisance que de grâce, jusqu'au milieu du cercle vix est madame de Pomponney.

C'était Alexis; mais Hélène le regarde qut Iques instants, et ne peut croire que ce soit son cousin; car la gaucherie, l'embarras, le» manières de provmce ont fait place à l'cleganre, lu bon ton, à l'habitude du monde ; si bien que la figure même a changé ; car des yeux qui se reposent sur vous avec une noble assurance ne ressemblent plus à ceux que l'on tenait baissés, ou qui ne se levaient qu'avec timidité; et une bouche sur laquelle erre un sourire ipielque peu s;irilonique donne k la physionomie une tout autre eypressiou que deux lèvres enlr'ouvcrtes ou qui se rapprochent et s'avancent eu fais-uit la moue.

— Ma cousine, dit Alexis eu saluant Hélène, je vous remercie Ai ne lu'avoir pas oublié; quant à moi, j'avais conservé un souvenir trop agréable de votre bal pour ne point m'emprcsser de me ruiKlre à voire invitation.

Le ton à moitié railleur dotit ces paroles ont été pninoncée» interdit un moment madame de Pomponney ; elle regarde Alcii» (>n balbutiant :

— Mon cousin... je suis charmée de... En vérité, vous èlef Wl*. nu'iil chaulé... j'avais peine i vous rcconnailre...

— Mais "vous alliez nous ejéculer un morcu.iu, je cnMS ; que ni présence ne vous iulcrrouipe cos, je strai fort aise de vt»us eui«u'ir«.

On Iflisse M, r>obcrtln cli.rcli«r son Rrl)ro.',r»^« »(>.)

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Toiitos les (lames se roRarJcnt, puis ropurtent les yeux sur madaim; de l'uuipuiincy, toiuuie potu- lui dire : C'est là eeJCunc homme que vous nous aviez annouuii coiuinc si gauche, si niais I... c'était donc une plaisanterie?

■— Je ne le reconnais plus, uiuriiuue Uéliiue.

— Oui, il est changé pour la mi=e et la démarche, dit à deuiivois M. Dartigue eu caressoJU ses favurit, tuais il faudra voir le rtsle.

Alexis est allé rejoindre Darozel, et passe la société en revue. Cependant Hélène a pris su harpe, elle veut exécuter un morceau ; mais, soit émotion, soit contrariété, elle joue mal et (luilte l'instrument sans vouloir finir, en disant :

- Celte harpe ne tient pas l'accord !... c'est insupportable, il n'y a pas moyen de jouer dessus !

— l'a>sons au piano alors, dit Dartigue; chantez-nous quelque chose, madame...

— Non, pas maintenant, dit Hélène; mais Thénaïs va chanter... Monsieur Robertin, où est donc votre (illeV

Un monsieur qui était debout contre les carreaux d'une fenêtre sur lesquels il faisait des chevaux avec un petit morceau de craie, se retourne vivement, en s'écriant :

— Comment! est-ce qoe Thénaïs s'est éclipsée?... Elle est capable de courir dans le jardin a|irès des papdlons.

— Non, mon père, me voilai dit une demoiselle bien grasse, bien rouge, en quittant un coin du pavillon où elle causait avec une dame, que me veut-on?

— Qoe vous vous mettiez au piano, ma fille,

— Pourquoi Caire, papa?

— Oli! quelle question!... Certainement ce n'est pas pour jouer du violon. Madame de l'omponney, votre amie, vous demande une romance.

— Moi, je n'en sais pas par cœur.

— ïu dois savoir ma romance de la Mort de César, l'œuvre de ton père.

Mademoiselle Thénaïs fait une singulière figure en répondant :

— Non certainement, je ne la sais pas; d'ailleurs, c'est une romance d'homme.

— C'est juste, répond Robertin; moi, je la chanterais si j'étais moins enroué. Cependant, si on le désire... je ferai un effort.

Au lieu de prier Robertin de faire un effort, Hélène s'adresse à une jeune dame, en lui disant :

— lit vous, Emmeline, ne chanterez-vous rien?

— Volontiers, répond la jeune dame : le duo des Puritains, si quelqu'un veut le dire avec moi.

Aucun homme ne répondait; Alexis s'avance alors et dit à la dame : — Je crois savoir un peu ce duo; si vous daignez être indulgente, je l'essayerai avec vous.

La jeune dame accepte et se place au piano où Alexis la suit. Hélène fixe ses yeux sur son cousin, et semble attendre avec étonnement ce qui va se passer.

Le duo est chanté avec goût par la dame, avec pureté et sentiment par Alexis; des bravos retentissent dans tout le salon. Hélène seule est ttllement surprise, qu'elle ne peut dire un mot. M. Dartigi.e s'assied dans un coin, se mord les lèvres, et semble très-occupé de ses gants.

— C'est singulier, dit Robertin en s'adressant àDurozel, le cousin de madame de Pomponney n'est pas reconnaissable! 11 avait l'air si bête cet hiver au bal, en Amour.

—C'est vrai, dit Durozel, il a perdu son air bête ; voilà la différence qu'il y a entre lui et certaines pei-sonnes que je vois ici.

Madame de Pomponney se lève, en disant : ^ — Voilà assez de musique... passons au jardin; allons à la pièce d'eau. Si ces dames veulent se promener en bateau avant le diner, nous trouverons des embarcations toutes prêtes, et je ne doute pas que ces messieurs ne veuillent bien nous servir de pilotes, ou tout au moins de bateliers.

Tout le monde quitte le pavillon : en se levant, Hélène a fait quelques pas vers son cousin comme pour voir s'il lui offrirait la main ; mais Alexis causait avec la grosse et fraîche Thénaïs, qu'il se rappelle maintenant avoir vue autrefois chez Hélène avant qu'elle fût madame de Pomponney, et il laisse passer sa cousine sans s'offrir pour être son cavalier. Alors un sentiment de dépit semble se peindre sur les traits de la belle Hélène, qui accepte machinalement la main qu'un jeune homme lui présente. ,M. Dartigue est resté en arrière, toujours occupé de ses gants, qui ne collent pas parfaitement sur sa main.

On se dirige du côté de la pièce d'eau, et Robertin suit la société, en disant :

— Je n'irai pas sur l'eau... Ce sont de ces récréations que je goûte peu ; non que je craigne l'eau , je nage comme un poisson ! mais reau est toujours humide, cela enrhume... et je désire pouvoir chanter ce soir, 'i'hénais, tu n'iras pas sur l'eau.

— Pourquoi cela... papa... cher ami? répond la grosse demoiselle isn folàtraui dans le jardin.

— Parce que,., tu n^ sais pas njger.

I — Mais il n'y a que quatre pieds d'eau tout an plus,,, on ne peut pas se noyer...

— Mais, ma fille, reprend Robertin en se raiipruchant de Thénaïs et baissant la voit, si vous tombiez... songez uonc que... Avez-vous un caleçon ?

— Ah! par exemple... je n'ai jamais porté de ça...

— Lh bien donc... on oe s'expose pas à nager quand on n'a point de caleçon.

Mademoiselle Thénaïs s'éloigne de son père en haussant un peu le épaules, et Robertin s'arrête devant un fort bel ébénier sur l'écorce du(|uel il se disposera faire un cheval avec la pointe de son couteau.

M. de Pomponney était près de la pièce d'eau sur laquelle on apercevait de jolies barques ornées de bannières, de petits drapeaux de diverses cooh urs; il va au-devant de sa femme, en criant :

— Allons donc, mesdainesl voici les joutes qui vont commencer... j'ai voulu mettre Caporal en batelier, mais le coquin s'est sauvé... il n'aime pas l'eau... A propos, et le petit cousin est-il venu... que nous lui fassions des farces... qu'il nous divertisse un peu, que nous le...

Alexis se trouvait justement alors à deux pas du mari d'Hélène; celle-ci faisait des signes à M. de Pomponney pour qu'il se lût; mais voyant qu'il ne la comprend pas, elle se décide à l'interrompre, en disant :

— Mon cousin est arrivé... le voilà près de vous...

— Qui sera charmé de pouvoir vous.divertir, monsieur, ditAlexil en saluant d'un air railleur M. de Pomponney. Au reste , ce ne sera pas la première fois que j'aurai ce plaisir... caravant cette mémorable soirée du bal où je vous fis tant rire, nous nous étions déjà rencontrés un soir... dans la rue... vous fites même une pirouette qui se termina sur une borne.

M, de Pomponney devient violet, et semble fort mal à son aise; mais il lâche de sourire, et serre la main d'Alexis en s'écriant :

— Ahloui... oui... je sais,.. Votre santé est bonne, monsieur Ranville?.,, enchanté de vous posséder ici.

— Quelle est donc cette rencontre dans la rue? demande Hélène. Vous ne m'aviez jamais dit, monsieur, que vous connaissiez mon cousin.

— Oh! ce n'est rien... une histoire... une plaisanterie... Ahçà, mesdames, les batelets vous attendent; et vous, messieurs, j'espère que vous allez montrer votre adresse... Il y a là de longues perches tamponnées pour la joute... seulement, comme cela ne vousamuserait sans doute pas de tomber à l'eau, il suffira de renverser son adversaire dans le batelet pour être proclamé vainqueur... Ah ! si Caporal n'avait pas peur de l'eau... il aurait jouté... mais il est dans le jardin, et je ne puis'pas découvrir oùil s'est caché.

Toute la compagnie va s'asseoir autour de la pièce d'eau, et les jeunes gens s'élancent sur des barques, où, munis de longues perches, ils essayent, comme les jouteurs, de se renverser mutuellement. Jusqu'alors les vaincus ne sont tombés que dans leur batelet sur un lit de feuillage, préparé à cet effet, et la joute semble devoir se terminer sans autre incident, lorsque Alexis, après avoir laissé le beau Darligae être plusieurs fois vainqueur de ses adversaires, se jette à son tour dans une barque, et, prenant en main l'arme des jouteurs, semble attendre qu'on lui oft're le combat.

— A nous deux, monsieur, dit Dartigue en apercevant Alexis sur une barque. Je suis curieux de voir si vous vous tepez là aussi bien qu'à cheval.

— En effet, dit Alexis, je crois un jour vous avoir envoyé un peu de poussière, et je dois m'efforcer de réparer cela...

Dartigue semble sûr de sa force, il veut renverser le jeune homme en appuyant sa perche sur sa poitrine; mais au moment où il croit le toucher, Alexis se penche en avant, l'arme de son adversaire glisse derrière lui, et au même instant atteignant de sa perche les jambes de Dartigue, il le pousse si brusquement de côté, que celui-ci perd l'équilibre et tombe dans l'eau, au bruit des éclats de rire de toute la société,

Alexis a sauté sur le rivage, Dartigue en fait autant après avoir barboté quelques instants dans la pièce d'eau. Mais il est trempé, sa todette est perdue, et il est surtout furiLUX d'un événement qui fait ' rire tout le monde à ses dépens. 11 s'approche d'Alexis et lui dit, en dissimulant avec peine sa colère :

— Monsieur, il me semble que ce n'est pas ainsi qu'on était convenu ae jouter.

— Monsieur, repond Alexis en riant, je vous avais couvert de poussière, avec, mon cneval, j'ai voulji effacer cela aujourd'hui en vous faisant prendre un bain...

— Cette plaisanterie pourrait ne pas être de mon goût...

— Oh! ni.onsieur,vous êtes parfaitement libre de la prendre comme il vous plaira...

Hélèii>% qui s'aperçoit que nette altercation peut devenir sérieuse, s'empresse de s'interposer entre ces messieurs, en s'écriant ;

— Eh Cieii! qa'est-ce donc?... voudrait-on se fâcher? je trouverais-.eio Icrl maladroit... i\ous sommes à lacampii^u':. .ojies les inahces y sont permises... D'ailleurs, M. Dartigue doit se souvenir

parfaitement qu'à mon bal travesti, mon cousin a fort bien pris Ua

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plaisanteries qu'on lui a faites... il est juste que chacua ait son tour.

— Oui, oui, s'écrie M. de l'omponney qui délire se remettre liien aTCC Alexis. La cullmte dans l'eau est lort drùle... j'ai ri comme un fou, moi... Ah ! ce pauvre Dartigue... le voilà trompé. Courez à luun appartement, mon cher ami... demandez mon donieiitique, il vous donnera de quoi changer...

Dartigue n'a pas attendu les derniers mots de M. de Poraponncy, >la pris sa course vers la maison. Tendant ce temps, Durozel serrait la main d'Alexis et lui disait tout bas :

— Bravo, vous allez comme un ange... mais tâchons de trouver le singe et gardons quelque chose pour le huiiquet.

La société s-'est dispersée; les uns suivent une allée, les autres s'asseyent sur un hane de verdure. Hélène se promené en causant avec des dames; plusieurs fois clic a tourné la létc [lour voir si Alexis ne viendrait i)as de son côté, mais Alexis s'est enfoncé dans une autre partie des jardins, où son seul désir est de parvenir à trouver Caporal.

Le son d'une cloche avertit que le dîner est servi, chacun retourne vers la maison, où tout le niouile S'> retrouve : iléléue, pensive, distraite et faisant ses efforts pour paraître gaie; M de l'umponney ircsinquiut de son singe qu'il n'a pas retrouvé; .M. Dartigue de furt mauvaise humeur, parce que les habits du mari d'Heièno ne lui vont pas et qu'il se trouve ridicule dedans; Kobertin ench:inté de lui, parce qu'il est persuadé que le cheval qu'il a fait sur l'écorce d'un ébénicr grandira perpétuellement avec l'arbre; enfin, Alexis, lançant à Durczel des regards satisfaits qui signilient (jue sa ven-: geance sera complète.

Le dîner est triste, comme tous les grands repas, où chacun se contente de* parler bas k sa voisine, (t de faire un échange de politesse avec son voisin, llobcrlin, seul, parle très-haut, s'adiesse à tout le monde, et lâche de se rappeler une anecdoie sur chaque mets que l'on Sert. Alexis était place fort loin d'ilelène, entre une petite fille gourmande et une dame laide ; c'était sans doute pour le punir de n'avoir pas une seule fois ofl'ert la main à sa cousine. Le jeune homme prend son parti en faisant honneur au diner, et madame de Pomponney voit enrore avec dépit que maintenant , au lieu de ne songer qu'à la contempler, son cousin mange avec iufiaiment d'appétit.

Beaucoup de personnes, qui n'étaient invitées que pour la fête du soir, viennent bientôt se joindre à la société déjà rassemblée chez madame de Pomponney. L:i réunion devient si nombreuse, que les salons ne peuvent la contenir; mais à (icine le jour a-t-il disparu, qu'une illumination générale donne au jardin un aspect luagiqtie, et chacun s'empresse de se répandre dans ses brillantes allées, en attendant que l'orchestre annonce l'ouverture du bal.

Alexis et Durozel se [iromenaient en riant de la figure de Dartigue, qui, n'jiyant pu se déi ider à garder un habit et un pantalon de M. de Pomponney, venait d'essavi r de se mettre en jardinier. Rubertin donnait le bras à sa fille, parlant très haut, suivant son habitude, pour attirer l'attention surlui,«t Thénaïs lirait toujours son père du côté d'Alexis, pour lequel la vive et enjouée demoiselle se sentait unseciet penchant.

Mais une exclamation de surprise échappe aux deux amis lorsque, dans une jeune dame bien parée qui vient d'arriver pour le bal, ils reconnaissent madame Saint -Albert.

Ces messieurs s'empressent d'aller présenter leurs hommages à la jeune dame, celle-ci paraît charmée de la rencontre et leur (lit :

— Je connais fort peu madame de Pomponney. cependant elle a eu la bonté de m'envoycr une Invitation pour sa fête; je n'y serais pas venue sans mon amie que voilà, et qui m'a entraînée. Mon mari n'a pu m'accompagncr, il vient de partir pour le Havre; mon amie comptait sur son Irère qu'une atlaire subite retient je ne sais où. Bref, nous sommes venues sans cavaliers... voulez-vous ôtru les nôtres? Oh ! mais, soyez tranquilles, nous ne serons pas trop exigeantes, nous vous permettrons de danser avec d'autres, et de nous quitter quand cela vous fera plaisir.

Madame Saint-Albert était assez jolie et a^sez aimable pour que la propasilioii pût élre re^'idée comme i.iie favuir; Alexis s'empresse de lui oll'riL- Boii bias; Uuiozcl prend celui de son amie, et tous quatre 8e dirigent vers une tente élégante élevée dans le jardin, et sous laquelle tout est disposé pnir le bal.

Un orchestre délicieux ùoiiiie le signal : les quadrilles se forment, les danseurs s'élauceiit; par une belle nuit d'été, dans un jardin éblouissant de feux de mille couleurs, il semble que tout nous invite *u plaisir, que la musique soit plus suave, les femmes plus lielles, leurs p.wures plus séduisantes ; eiiliii quelque chose agit sur tous nos sens, et il est bien difficile de uc pas élre uu peu étourdi» enivré par tout cela.

Alexis avait dansé déjà plusieurs fuis avec madame saint-Albert, et puis il s'élut promené avec elle quand on ne iViu-ait pas; il ne songeait point à lui faire la cour, mais il avaii du plaisi;- à causer avec elle, parce qu'elle était aimable, rieu--e, et s'appuyiùt .sur son bras av«c un laissei-allcr charmant.

Ptusiettrs (uis la belle Ilélcue s'étaii ir.^ivi'f» au m(nie quadrille que

son cousin ; elle avait remarqué qu'il dansait loujour? avec la mtote dame , et ses yeux s'étaient attaché» fort loogteinp! sur madame Saint-Albert.

Le b.,au Dartigue avait quitté la fête, vpxé de sa choie dans le baî-in, luéi' .nient de ne point produire d'eflet dans son costume de jardinier; il venait de remonter en c<'bri<let et était rirpirli i>.ur Paris. Une foule de jeunes gens entouiaunt ll':'.';!i-; ; fliatun a eux briguait la faveur dune coutrcdan-e o > d'i. . t ^'^r '■• :: r.aade dans les jardins. Alexis seul n'allaii j ■'■ >•

rateurs de sa cousine, et celle-ci, toi.'. !;î

jeunes élégants qui i'entuuraient . cli' : . - .n

jeune cousin , et avait peine à aissimulcr i*»n iuii>al.cu.c ùt U; voir constamment près de madam>: Saint-AlberU

Durozel observait t .ut ce qui se pas-ait, et il élail d'une gaieté , folle, qu'il parvenait souvent à (aire ^.rtager à Alexis.

Enfin Hélène vient d'apercevoir Alexis seul; il va passeï devant elle sans s'arrêter; elle l'appelle, et lui dit en tâchant de sourire :

— Mon cousin , la mode anglaise est donc maintenant en luage en France?

— Que voulez- vous dire, ma cousine? reprend Alexis en regardant Hélène d'un air surpris.

— Ne savez-vcus pas qu'en Anirleterre on aduple une danseuse pour toute la ?oirée ?... c'est cependant te que vous avez f4it ce .-nr... vous ne dansez qu'avec cette madame Saiul-Albcit... Sivcz-vuus que je pourrais me formaliser de ce que vous n'avez pas eu... la peW-e... de m'invjter une seule fuis?

— En vérité, ma cousine, je n'ai pas cru devoir le faire; conus£ au dernier bal que vous avez donné vuus m'avez coni>Lammeot ref>i->'-, j'ai pensé" que cela ne vous était pas agréable de danser avec mui; et je ne croyais pas nécessaire d'essujer un nouveau refus.

— Au dernier bail... Comment, vous pensez encore à cela?... cela vous a donc fait bien de la peine alors de ne point dan.-tr avic moi ?...

Alexis ne savait trop que répondre ; heureusement pour lui l'orchestre fait entendre le prélude de la contredanse ; il salue alors si cousine, et s'éloigne, en lui disant :

— Mille pardons, ma cousine; mais madame Siint,-Albcrt m'atteni pour la coiilreJaiise'.

— • Ahl c'est trop fort, murmure Hélène en déchirant fi jelint à ses pieds avec colère les Heurs d'un superbe bouquet qu'elle tenait à sa main.

En ce moment, M. de Pomponney passe devant sa femme, elle l'arrête et lui dit.:

— Monsieur, après cette danse, vous ferez tirer le feu d'artifice.

— Comment, déjà, chère amie? mais il n'est que minuit et demi... on devait danser jusqu'au jour.

— Cela m'est égal... J'ai mal à la tète... aui nerfs... je sois horriblement fatiguée, je veux me retirer.

— Mais c'est que je n'ai pas encore retrouvé mon singe... je suis inquiet de ce pauvre Caporal... Si on me l'av.ait pris...

— .Monsieur, il ne s'agit pas de votre singe. Je vous répète qu'après cette danse , je veux le feu d'arlifiee et le ballon lumineux : j'espère . qu'après cela toute la société s'en ira.

hl. de Pomponney avait pris l'habitude d'obéir ^ sa frmme ; k peinelcquadrilleesi-il terminé, qu'une bombe paît : u-u.

— Déjàl déjà!... s'ccrie-t-on de tinitts p.irls; 11. :it lancées, et chacun court se placer sur une pelouv île on tire le feu. Alexis et Durnzol n'ont point abanJ' . s. Us sont près d'elles, mais ib se parlent bis ; et ii>: ini

on entend annoncer le ballon, Ale\is quitte viveuit , ^ , i se

dirige vers un grand es|ace entoure de pieux et de curd<.à, ùaus lequel on avait attache le ballon, afin que personne ne put en approcher avant le moment où l'on devait le l.uicer dans les airs.

Plusieurs cercles de verre de couleur entouraient le ballon, afin qu'on pût, la unit, le suivre dans les airs. Depuis le matin le ^i avait gontlé l'aérostat, qu'une seule corde empêchait de quitter la terre.

— Qui est-ce qui lâchera la corde? crie M. de P.i"i;x->nrtfT qui craint d'être accroché et enlevé île terre en al ■ i.

— Ce sera moi, si vous le pcrmellcz, ijà franchi les barrières, et vient de nrc.idre di! . [ue ch.-ise qui ressemble à une corbeille d'Mier.

— Allez, allei. dit M. de Pomnounry, nous sommes prêts, dom attendons.

Alexis reste quelque temps baisse près du balK>n , au bas duqwi il semble attjicher quelque chose ; enfin il se relève, et, après «voir coupé la corde , court reprendre sa place auprès de madaine Saint- Albert,

Cependant le bayioii s'élève majestueusement au milieu du jardia( tou> les yeux se p4ii-tent sur lui, «l l'ieutot ou s'écrie .

— Tiens I... mis il y a une nic«'ilo di-ss^nis... on dirait mêm« qu'il y a du moiiile iledaiis. Oui. certiiiiemenl, il y a quelque chose... Ksl-ce que quelqu'un fiil une asceiiMon?

L'n i ri part de la loule... C'est M. de P,iinp4iniiej qui bnrie, lierigle et se tortille comme un déjcspcre, parce qu'il vient de reconimltre son singe sous le ballou. C'était en oJr>'t C-ip.Tal que l'on avait atta>

LA JOLIE FJLLE DU PAUBOUnO.

ché dans une énorme corbeille, Inquellc avait clé ensuite fiiée avec des cordes sous l'aérostat.

Le singe essayait de se dégager, et faisait d'horribles contorsions sn se voyant monter dans les airs.

— Ne coupez pas la corde 1 s'écrie M. de Pomponney en faisant d'aussi laides jjrimaces que son sioLje.

Mais il n'était plus temps ; déjà le ballon a dépassé les arbres, et bientôt il se perd derrière des bois voisins, aux cris d'admiration de la société, qui trouve que c'est une idée délicieuse de faire faire une ascension à un singe.

— C'est affreux! c'est abominable I.., s'écrie M. de Pomponney. Ah ! fi je savais qui m'a joué ce tour-là!...

Uéléiie s'était rappiocbée d'Alexis, et, se penchant vers lui, elle (ui dit à l'oreille :

— Je vous fais compliment, mon cousin; \qm» ^vez pris une revanche éclatante.

Alexis ne répond que par un sourire , puis , .• (jercevant que Durozel a (putté les deux amies, il se rapproche d'elles, au moment où madame Saint-Albert dit à Hélène :

— Madame, \otre fête était délicieuse : je ne saurais vous dire combien je m'y suis amusée... Ensuite, j ai eu le plaisir de retrouver chez vous monsieur votre cousin , ([ui a bien voulu ètio mon cavalier,., et qui sera sans doute assez bon pour accepter une place dans notre calèche... car, pour revenir à Paris, deux femmes seules dans une voiture... je ne serais pas tranquille...

— Madame n'avait donc pas pensé à cela en venant ici ? dit Hélène d'un air un peu moqueur.

— Je croyais qu'on passerait toute la nuit, qu'on ne s'en irait qu'au jour... et alors j'aurais été très-brave...

— Mesdames, dit Alexis, je vous remercie de vouloir bien me permettre de vous ramener à Paris...

— Mais n'ètes-vous pas venu avec votre ami Durozel? reprend llélène en regardant Alexis d'une façon singulière.

— Oh ! je ne suis pas inquiet de lui; il a noire cabriolet, et il reviendra bien seul... Adieu, ma cousine, votre fête était charmante. Je suis aux ordres de ces dames.

— Eh bien 1 partons alors.

Les deux amies s'éloignent avec Alexis, dont madame Saint-Albert vient de prendre le bras. Hélène les regarde s'éloigner, et le dépit, la jalousie semblent la sulToquer.

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