‹ MoustacheChapitre 19 sur 281 · MOUTON, NANETTE · texte numérisé non relu

MOUTON, NANETTE

(Mouton arrive par la droite; il a l'air préoccupé.)

HANKTTi à part. — Oh! comme il a l'air de réfléchir!...

MOUTON. — Ah ! vous voilà, IN.inette ?

HANKTTE. — Oui... oui... not' maître.

MOUTON o part. — Mon dîner n'a pas été long... l'inquiétude m'a ♦té l'appétit... C'est bien singulier ! tout le monde et mon notaire luimême (gardent un silence mystérieux dès que je fais une question...

NANETTK à paM. — J' n'ose pas m'en aller.

MOUTON à part. — Et toujours des circonstances qui ne sont pas naturelles !...

MANETTE à part. — Si je pouvais prévenir madame Firmin... mais il n'y a pas moyen.

MOUTON. — rVanette, est-il venu quelqu'un en mon absence?

^ANHTTE. — Non, monsieur, personne...

MOUTON. — De loin, pourtant, il m'a semblé voir un homme sortir de cetie maison.

NANKTTE. — Un homme ?

MOUTON. — Oui ; je crois même qu'il était armé...

KANETTK. — En vérité !... (A part.) C'est son neveu !

Air de la Pipe de tabac.

MOUTON. Avec un air rempli d'audace

D'abord il march^jit droit à moi.

Et je crois vraiment qu'à ma place

Un autre aurait eu de l'eft'ioi.

Je l'ai vu s'élancer ensuite

A tr.tveis champs... comme un voleur;

Tu vois, puisqu'il a pris la fuite.

Que c'est luoi qui lui faisais peur.

HABETTE. — C'est ben drôle !... En tout cas, monsieur, il n'est entré aucun étranger ici.

Mou'ioN. — C'est possible; mais pourquoi se sauver comme cela?... J'ai donc l'air bien ertr»yant ?...

NANETTE. — Ah ! pas du tout, j' vous assure. Monsieur a-t-il trouvé les environs jolis ?

MOUTON. — Oui, assez bien. Cependant, cette propriété est un peu isolée...

NANETTE. — Qu'est-ce que ça fait ?... Nous ne craignons pas les voleurs, nous autres.

MOUTON à part. — Nous autres !... hum... (Haut.) Vous êtes bien Heureux !

Air : Tant que l'on boira, lanrett».

■àMRn. On dit à tout's nosjeun's filles Qu' toujours des voleurs adroits.

Pour guetter les plus gentilles, Sont cachés au fond du bois :

J' vas cueillir queuqu'fois La noisette, Sans craindre tout ça,

Nenui da !

On rencontrera Tant qu'on voudra, D'ici, d' là, D' ces gens-là Sur l'Uerbetie; Nanette y viendra, Larirette ;

Nanette en rira , Larira !

MOBTOB à part. — Tudieu ! quelle femme 1

Même air.

■AHETTi. On dit que dans nos campagnes

(C qui n' me surprend pas beaucoup), Queuqu's-unes de me^ comparu En courant ont vu le loup.

Moi, qui ris de tout,

Je r répète.

Je n' crains pas tout ça,

Nenni da !

On rencontrera Tant qu'on voudra.

D'ici, d' li, D' ces loups-là Sur l'herbettc ; Nanette y viendra,

Larirette; Nanette eti rira , Larira !

MOUTON. — Je vous félicite d'être aussi coorageme ; mais laisson, cela... Qu'est-ce que c'est que ce rocher?... Je n'ai pas encore visitÀ cela.

NANETTE à part. — Tâchons qu'il n'y entre pas. (Haut.) Monsieur, on appelle ça un labyrinthe, et si tous n'avez pas le fil, vous vous perdrez.

MOUTON. — Ah ! il faut avoir le fil pour entrer là dedans?... (A part.) Encore du mystère !

NANETTE à part. — Il n'a pas l'air persuadé... Si sa nièce pouvait sortir par l'autre côté...

MOUTON à part. — Elle chuchote.... Cela m'est suspect... (Haut.) r Nanette, laissez-moi ; je veux être seul.

NANETTE à part. — Allons, v'ià qu'i m' renvoie... Il va entrer là.<.

MOUTON. — Nanette, est-ce que vous ne m'avez pas entendu?

NANETTE sans bouger. — Si fait , not' maître.

MOUTON. — Je vous dis que je veux être seul. Que diable ! c'est clair, je pense...

NANKTTE. — C'est que... monsieur va s'ennuyer tout seul.

MOUTON. — Qu'est-ce que cela vous fait, mademoiselle?... Je suis bien le maître de m'ennuyer, si cela me fait plaisir. Ailei, vous dis-je.

HANETTK. — J' m'en vas, monsieur. Oh! mon Dieu, j' m'en vas.

MOUTON. — C'est bien heureux. .

(Nanette s'éloigne à regret, en regardant toujours U labyrinthe.) i<i

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