XXVI. — LE VIN, LE JED ET LES FEMMES
Isidore a dormi comme une mannntie; lorsqu'il s'éveille il est onze heure- sonnées. Il se frotle les yeux, repasse dans sa mémore lesévénein nts «le la veille, puis, bien certain qu'il n'a pas lèvé (oui sela, en \^^y lOt sous ses yi ux une montre tharmaiiie -ii'il a achetée la veiMe, il se bâie de s'il ibiller en se disant : •-•
— Il est bien tenip- (pie j'aille présenter mes resp'vis n M. Duhanlndiirs, et ipie je tâche d'exeu^cr mon absence au diiier d hiir... Un pèie qui vous bourre de billets de banque mérite des égards. . et (elni-lù pliiT. ()iie tout autre, car il n'est pas pus-ible qu'il ressente une grai de tendi esse pour moi... et s'il savait .. linlié(Mle!... à ipiui vais-je peurei ! il y a de ci s chosp^;, ddui il ne fnil luéine pas se pai'ler à soi-mèine! Il faut être loiiime ces menteurs qui linisseiit euplqnefdis par cruiie les mensunges qu'ils di bilenl aux aiitri s.
Dubauiconrs était seul dans .«on cab ncl, feuilleiaiil des états de compte devant son bureau, birsqne Isidore se présente d- vaut lui; le pi til jeune honinie a coinpiise sa lignre et soigné sa tenue; il )àche tiiliii d'avoir l'air rai oniiable en saluant respectueusement le banquier qui l'examine assez sévèrement.
— Monsieur, dil Uniorc, je viens vous oflrir mes respects, m'informer de votre sanie, et m'excusir de ne point m'èlre trouvé ici hier pour avoir I bdiiucm- de dîner avec vous.
ile ton ies|.eciiieux adoucit un peu \r regard de niihantrours qui répond en eontiniiaiil d'exaininer ile.s c.iiiiptes : — Vous n'cies point Oblijje de diiier ici... je vous ai laisse liberic entière...
— Monsieur, sdvifz per-uadé que Je n'en abuserai pai... mais hier... mon changement de po-iliun m'av.iit tellement é'ourdi.. et puis j'ai cfiuru |ionr fure des achats... le temps a pa**»! si vil*...
— Oui, je roni^dis.. dit>s-moi,ci)nnai£-<z-viiu» la tiraille (ierbi'T^
— La familli- Gerbier... non, monieur, »ijd.i U premieie ft*is -iU* j'entends prononcer ce nom... est-ce qiie ce s<jnl iks personnes qut je dois aller voir, monsieur?
— Nullement... je voulais seulement savoir... Voua avez acheté un cabriolet?
— Oui, monsieur.
— Et deschevam?
— Oui; monsieur, un cheval de selle et un aa'je pour le cabriolet.
— Sa 'cz-vuus monter à cheval?
— Comme Bauchtr.
— Faire des armes?
— Comme Grùier.
— Et lie la gymnastique?
— Comme houx.
— Mais voire éducation est complète alors! comment diable avrzvous appris tout cela?
— Quand on a des dispositions naturelles, monsieur, on s'apprend tout soi-même.
— Est-ce que vous savezaussi parler l'anglais, l'allemand, l'iulien?. .. Milore fdii celle fois un signe de tète m j-'atif.
— Eh bien, il faudra apprendre ces trois langues... cela pourra vous siivir lorsque vous voyagerez... et quanJ on est nche on voyage souvent.
— Je les apprendrai, monsieur.
■ — c;'e-i bien... au revoir... j'ai à travailler...
— Je Vous présente mes respects.
Isidore, enchamé d'être coiiged é, s'éloigne en se di.=ant :
— Le plus souvent que j'apprendrai ces langues étrangères... estce qu'un ne parle pas le (ranimais partout... e>t-iv qu'on ne comprend pas l iijdu s quelqu'un qui a les mains pleini^ d'or.
— Le la llei.r qne monsieur a deiiian le \\ ni l'arriver, dit Juli< cœur; il a tei d chez monsieur avec des maichiudises
— Bravo... v.yoïis le taideur.
L'in lusuiei avait étale sur îles meubles une grande quantité d'hi» billeinenls d'hoiurae; d avait choisi ce i|u'il ivail'dç (Jlu^éleganl el le plus à la mode. Isidore enchanté dil au tailiur : — Laissez tout cela... je prends tout... gi eis... paiilalons. . habits...
— Le>six paletots aussi?...
— Je vous ns que je prends tout!
— Tre -bien, monsieur, irès-bitn, trop beiireui d'avoir la pratique de moi..-i ur.
ht le Uiliiur s'en va à reculon< en saluant toujours. Isidore [ail une toilette eniiercui. ni nouvelle, puis s éc. le :
— V te en voiture... el allons chez T.uub..urmelte .. je lui ai promi- des lu-ubles... elle le:, aura... elle eiait choiiuanle hitf àvtc ce j. Il chapeau. . Hola, Jolicœur! a-t-ou aiiele?...
— Oui, lUoii-Lur...
— Ae 1 vol. à II américaine... charmant équipagel léger, coquet
où est 11.011 gluoni?...
— Il ^e pioniiiiaii tout à l'hi ure dan la cour, mim-ieur.
— Ma>eaiiile... hoià ! .M iscriile!...
Le petit Jaiqiioi ne poinaii p.is s'habituera ré,ionilre au nom de Mascarillé; il.ldui que le valei de ibuubie le cber.hc el l'auieîie devant son maître; eofiii le groom arrive, inar>.h.inl luujonrs a\tc dil'liculle parce q e sa belle culotte ro gi le gène cuire le> jambl'*. Il tait une mine efTrayee lor.-ipie sou iiiailie lui dit de luo iter derrière sa voiiuie, parce q.i'il croil qu il doit se leiiir debo l sur le siège, mais il se rassure eu sacli.inl q l'il peut s'y a.-^oir.
Isidore fouette son i lieval qui est fi infant, vif el s i luporïe taclh»ment ; le jeune homiiie, qui n'a jamais conUuii que des chevaux de louage, iroil devoir se servir du fonei. Sou cheval h unit, se cabie, se dre-se sur les pitds de Oerrière. M. Jacqu.il a peu. «l jilie Je gr.ind.i cris. Isidore se tient ferme à sa place, mais le petit grixjm rouie h irs de son siège et va en tomb uit briser les gbices de là devant. ire d'un beau magasin de nouve.iuies. ^«
Ou paivient à calmer le cheval; Isidore pan icii glaces cassées par son gidoin; .M. Jacquol remonte eu ivchign.ml à -a place, avec deni bosses à la lèie, et on se remei eu roule ; mais celle foi ■ Isidore luê'no Son cheval avec plus de prudence; ceptndaiit, comme il n'a pas eiicbrtf i'habihiile de couJuiie, avant d'iiriiver chez TaniKinrinelle ii a accroihe une petite voiture à bras, renvtrse une bouiiquc à treize sous, lait tomber une éi.hi lie avec un peintre d'enseignes qui était dessus el manqué d'ecra-er tiois personnes. Ces divers iuci.îent> S\« se terminent qu'avec de l'argent; il en a déjà pour trois ceuls francs lorsqu'il ai rive chez madame de Pialinofl.
Avec les pièces d'or qu'elles ont retrouvées chu elle^ les deiii grisi lies ont complète leur toiU lie el achevé de se Irausfotiuer en élégantes du quartier Biéda. Il y a des personnes qui piolendeniqiie la loitelle n'ajoute rien à la beauté; si cela était vrai, iH>ur4aoi dviiic les femmes seraiciil-elles si coipieltts, uienie celbs pu sont jolies? U ue faut pas nier tout ce que l'art, le Uni goùi, l'elcgance ajouleiU
!.K l'KTIl' l-;||iu|'.t;.
Un homme eu blouse est c .. train de tirer la SHViite avec ua beau uioiuiiur. (P. 81.)
aux charmes d'une femme; il en est plus d'une que vous n'auriez pas remarquée si elle était passée devant vous mise bien simplement, et que vous aurez envie de suivre, si sa robe fait valoir ses formes, si son chapeau avantage sa figure, si une holtine fine et gracieuse emprisonne un pied dunt la petitesse disparaîtrait dans de gros souliers.
Les deux chemisières portent fort bien leur nouvelle toilette, mais c'est surtout Tambourinette dont le minois piquant et la taille séduisante deviennent irrésistibles. Au^si le petit Isidore se sent-il très-disposé à ne lui rien refuser. Il l'emmène dans son équipage. On court chez les tapissiers, chez les fabricants les plus en vogue. Mais cette fois, comme c'est chez madame de Platinntf qu'il fiut envoyer la fourniture, les marcliands veulent être p^iy's. Heureusement Isidore a rais dans sa poche le restant de ses billets de banque, et moyennant onze mille francs qu'il débourse, mademoiselle Tambourinette a un mobilier ravissant.
Toutes les fois que Tambourinette descend de l'américaine, M. Jacquot lui dit : — Faut il que je te suiva, ma sœur ?
Alors celle-ci lui fait des yeux furibonds en lui répondant :
— Tais-toi petite bète.
Et Isidore ajoute : — Monsieur Mascarille, je vous ai défendu de parler... d'autant plus que vous avez un alfreux charabia; je vous garde à condition que vous serez muet.
— Oui, nioussia...
— Quand on vous questionnera...
— Je répondrai : Je suis mouetta.
En voyant arriver les meubles que son ami vient d'acheter pour sa maîtresse, le gros Auguste pousse de telles exclamations que ces dames le menacent de le mettre à la porte.
Sur les six heures du soir, Isidore est obligé de quitter madame de Platinofï, mais on se promet de souper ensemble toutes les fois qu'on n'y dînera pas.
Isidore se compose un maintien en entrant dans le salon de Duhautcours, il trouve là plusieurs hommes de bourse, tout oi cupes de causer de la cote du jour, et qui ne s'inquiètent nullement de ce que peut être ce jeune homme qu'ils n'ont pas encore vu ; du moment qu'il dîne chtz le millionnaire, on ne lioute pas que ce ne soit un personnage très distingué. Cependant Isidore s'attendait à être présenté à la compagnie comme le fils de la maison, mais M. Duhautcours n'en souille pas un mot.
Le dîner est peu animé. Le banquier n'est pas gai, il semble rêveur, préoccupé et mange fort peu. Un des convives en fait la remarque en lui disant : — Il me semble qu'autrefois vous étiez un viveur.
— Oui... autrefois, répond Duhautcours en secouant la tète. Mais depuis quelque temps... je ne sais ce que j'ai, mon estomac me tait soiiifrir... je ne digère plus si bien !
— 11 faut aller prendre les eaux.
— Ah ! oui... prendre les eaux... c'est le grand remède, pour ceux à qui l'on ne sait plus qu'ordonner...
— A propos... n'aviez-vous pas acheté des terrains du côté oà l'on construit le boulevard de Sébastopol î...
— Oui... j'en avais... la ville me les a achetés.
— Vous avez dû gagner beaucoup dessus!...
— Trois cent mille francs à peu près...
— Ce diable de Duhautcours! il ne fait que de bonnes opérations!.,;
— Oui... oui... murmure Duhautcours ; puis il ajoute à demi-Toix : mais cela ne me fait pas digérer !
Après le dîner ces messieurs vunt au spectacle, et Isidore s'échappe en disant : — Ce n'est pas amusant un dîner d'hommes qui ne parlent que: actions industrielles... cours de la rente, report, prime!... décidément c'est bien plus agréable de dépenser l'argent que de le gagner.
Puis, il court rejoiuilre Tambourinette, la inene au théâtre et au bal ; un souper qui se prolonge fort avant dans la nuit termine cette seconde journée de richesse.
Plusieurs jours s'écoulent de même. Isidore dîne chez Duhautcours qui est avec lui toujours aussi froul, aussi indiffèrent. Puis il va retouver Tambourinette, chez laquelle il donne souvent rendezvous à beaucoup de ses amis ; alors c'est chez madame do PlatinofT que l'on soupe et que l'on joue; plus d'une fois le petit jeune homme ne rentre qu'au malin dans le bel hôtel de la rue du Heldcr, et gris au point que le valet de chambre est obligé de soutenir son maître pour qu'il puisse gagner sun appartement.
Quant à monsieur Mascarille, il ne se grise pas, mais il a presque toujours des indigestions.
Au bout de quinze jours de cette vie déplaisirs et de désordre, au moment de sortir, Isidore, qui ne trouve plus d'or dans ses poches, veut faire changer un billet de banque, mais les billets de banque ont pris le même chemin que l'or, et il n'a plus rien des vingt-cinq mille francs que le banquier lui a remis.
— Puisque je n'en ai plus 1 se dit Isidore, il me semble que jf n'ai pas .mire chu^e à faire que d'aller en demander !... je suis ici i la soui'ce... et après tout, ce cher monsieur Duhautcours ne m'a pat dit de les ménager.
Eu voyant entrer Isidore dans son cabinet à une heure de la jour» née où il n'a pas l'habitude de le voir, Duhautcours s«mble pliUMA»
'rj-F^Mi
ij lliSllsMilhi
JI:us l'iiilibiiite lo retitiu u'iiu ■ maui ferme par son raglan, ;P. S5.)
trarié que satiffiit, cependant il fait signe au jeune homme de s'asseoir en lui (lisant : — Vous avez à me parler?... — Oui, monsieur... j'ai mal pris mon kmps peul-ètre... vous êtes occupé... — Je m'occupe toujours, moi!... je ne suis pas de ceux qui ne font rien que se promener et s'amuser !...
Ces mots dits d'un ton assez ironique semblent de mauvais présage à Isidore qui hésite à continuer; le capitaliste s'en aperçoit et reprend : — Voyons, monsieur, si vous avez quelque chose à me dire, parlez, car en e(T<t... j'étais occupé...
— Monsieur... voilà ce que c'est... je... je n'ai plus d'argent !.., Duhaulcours relève la tète, le regarile quelque temps et iui dit :
— Ah ! yons n'avez plus rien des vingt-cuiq mille francs que je vous ai donnés il y a (lumze jours? — Non, monsieur... Je ne sais pas comment cela s'est lait... mais j'ai acheté tant de chosis... — Oui... en ed'et... vous avez aelielé deux chevaux et une américaine... avcz-vous payé vos dettes aussi ? — Oh ! inlégralcmenl I
Duhaulcours ouvre sa caisse, y prend des billets de banque et les donne à Isidore.
— Tenez, monsieur, voici quinze mille francs... je pense que cette fois vous en aurez pnur quel pie temps... il faut vivre granlemenl, sans doute, mais il ne faut pas jeter l'argent par les fenêtres.
— Miinsieur, vous pouvez être persuadé que je m'elloreerai de...
— C'est bien... c'ist bien... allez, et quand il vous conviendra de ne point dîner ici, ne vous giMiez pas.
Isidore salue respertueiisement et se sauve en se disant :
— Drôle de père ipii m'est arrive là.... il est tendre avec moi.... comme un pain de luiit jours!... mais il m'a donui! quinze mille francs! bénissons-le!... ce n'est pas que, (pnnze mille Crânes... au train dont J'y vais, je u'tn aurai pas pinir Imiglemps.. mais je me modérerai... je ne mettrai pa> tous les jours une maîtresse dans ses meubles!... je ne perdrai pas continuellement au baearat... non, mais puisqu'on me le permet, dès aujour.l'hui je ne dîne plus ici, on s'y amuse trop. Allons! allons 1 vive la gaieté ! et faisons danser Us écus du milliouuairc.
Uuinze autres jours se sont éronlès. Isidore continue ses folies et ne dîne presque plus à la table de 1) iliauteours, lorsqu'un jour, une heure environ après ipie le pelil jeune lionuui' rst sorti dins sou amé.rieaine. le mardiiuid de chevaux, le eariM>si('r, e bijoutier, le tailleur, eiilin tous les fournisseurs qui n'avaient pas revu le fils de M. Diiliautcouis et dèsraient savoir ^i ce jeune honîme payait aussi facilement qu'il aehelait, se présentent à l'hôtel du miUiomiaire et demandent M. Duhaulcours (ils.
— Mon maître est sorti, répond Jolicœur, qui se trouve justement dans la cour à l'arrivée des créa iciers. Que lui voulez- vous?
— Nous venons... pour nos fouriiitures... nous serions bien aise» d'être payés, voici nos mémoires. — Cela ne me regarde pas! — .Mais cela regarde votre maître... qu^nd le trouve-l-on... — Il me serait difficile de vous le dire.. .quelquefois il ne rentre qu'au jour, ou bien pu du tout... quand il dort 11 m'a défendu de l'éveiller. — Mais ne pouvons-nous nous (irésenler au caissier de monsieur son père... n'acquittera-t-il pas les fournitures faites à .M. Duhaulcours le fils?...
Joliioeur ne sait trop que répondre lorsque le capitaliste, qui sortait de chez lui, aperçot Us fournis-eurs qui montraient déjà d»^ l'humeur; il s'approche en disant : — Qoe demandent ces raessieursT — Ils demandent monsieur Isidore... — Que lui veulent-ils?
Le carrossier salue huiiililement Duhaulcours et lui présente soa mémoire : — Monsieur, y désirerais être payé... monsieur votre Ûls a achité chez moi une américaine...
— Chez moi, deux chevaux...
— Clitz moi, une mo itre à répétition, une chaîne d'or, un lorgnon, une épingle en diamant...
— Moi, je lui ai fourni tous les ellets d'habillement dont voici la note détaillée...
Duhaulcours fronce les sourcils, examine les notes en disant :
— Gomment I il n'a pas paye to itcela comptant?
— Nous n'avons pas reçu mi sou !
— Mais nous n'étions pas inquiets! le fils de M. Duhautcours.... nous lui aurions donné toute noire marihanlise à crédit.
Diili.iiitioiirs se mord les lèvre^, mais il f lit un signe aux fournisseurs de le suivre. Il les conduit à sa caisse et lait piyer tous les mémoires, ce qui formait un loUil de neuf mille huil cents Ir.mos.
Les iiiarehands venaient de partir, et Duhaulcours tenait encore les iliverses notes acquiliées dans sa main, lorsque Franvdle entre dans son cabiiut.
— Pardon I... dit le vieux militaire, je viens savoir des nouvelle» de notre jeune homme... j'espère ou'il se conduit bien, que tous en êtes content ?... m.iinuiianl vous devez commencer à le connaître, à l'afiprécier... — En elVel, ri'p >nd froidemenl Duhaulcours, maintenant je le connais... je l'apiuecie re qu'il vaut...
— Vous me dites eel.i d'un ton singulier; est-ce que ce jeune Isidore...
— Ce jeune Isidore est un parfait vaurien .. un fort mauvais sujet... tenez, voilà des mémoires que je viens de payer |VHir Un, il y eu a pour neuf mille huit cent> Iraiies... et il y a quinze jours il n'.avaiiiiejàplus un soude vingt-cinq mille francs que je lui avais donne*.
!.K PETIT ISIDOIIE.
— Il serait |i(issiblcl... — ICt il m'avait dit uvnir payé tous ses achats .. Je lui ai redonuo quinze mille franco, que proliablement II aura bientôt (lissi|)(>sau>si.. il va bien ce cliaruiaiit gar^unt... décidémi nt c'est une iriisle trouvaille que vous avez l'aile là... et j'aurais mieux fait de ne jamais m'en occupei' !... — C'esl-à-diie que si vous vous en étiez (icciipé plus tôt il ne serait pas deveini un mauvais sujet I
— Ah! je vous en prie, ne rceoniincnçons pas ce» discussions... je l'ai npiis... c'est bien... je lui rouiiiirai de l'ar^'ent puisqu'il lui un faut; lieureusenieiil cela lu^ me i^ine (lust... quant à ressentir de l'affection pour lui... je Vous avoue que cda m'est tout à lait iuipnssililf.
Franville ne répond lirn; ce qu'il vient d'aïqircndic l'a viveiiiLiit al'Uigé. Au boot lie i|uvli)iKà instants il iiiunituie :
— Je le verrai, moi, cr jeune liomiuu, je lui parlerai, gavrebleul il faudra bien qu'il enteiulo la voix de la raison...
— Je puis vous assurer qou vous perdre/, vos paroles.,, si M. Isidore TOUS écoute... ce sera pro''ableincnt puyr se uuuiucr de ce que vous lui aurez dit... je l'ai leniarque plusieurs fois l\ ma table... il ne «e doutait pas que je l'observais... il voul.ut eu vain avoir une lenut: f.oiivenalile... il chaque inj>t.iiil il s'oiibliiil, il tii:r.iiuil m vidicule mes convives... leur faisait dos griiu ices... hq l.d.oiçut sur isa cli.iise comme s'il eût été chez un traibur... je vous bj i' polo, il a ires-iiiauvais ton... il ne changera pas inamlfiiant, c'est un pU pris chez lui... ne revenons plus là-dessu»!... — Mais ou peut toujdUis, ce me semble, lui dire de ne point dépenser viiigt-cinq mille francs en c|uiiize jours 1... — Oh! ceci est une liagatelle. . — Une Im^alcllo!... diable!... je coiinai.^ des gens que cette ba^'aiilk-là rendrait heureux pour toute leur vie. . — A iTopos... coiimiL'iil se purie la famille Gerbier? — Tiis-bien... Dieu merci 1 lieibier a recouvre sa bonne santé... ah 1 c'est qu'il ne faut pas qu'il soii malade eeliii-la... quand on aquatie enfants à nourrir... — Comment .. (|ue quatre? — Je ne compte plus Georgiiia, puisqu'elle gagne de l'ai gent,et que loin d être à charge ù son peie elio aide aussi a rentretien de ses tien s et de ses sœurs... ah! c'est nno brave UUe... qui uienteiail d eue heuieu e... malheureusement. ,. — Malheureusement'?... quoi... achevez donc, Franville... — Oli! rien... rien... — Mais si, vous vouliez dire quelque chose. — Parbleu 1 je voulais dire que la petite a du chagrin parce que le )euiie Alexis a tire à la constripUun, qu'il a eu un mauvais numéro et qu'il est parti pour rejoindre son corps.
Uii éclair de joie iilumine la figiiie de Uuhautcours, il la dissimo'.' en reprenant d un air qu'il s'elK.i c de rendre mdilïireiit : , •-
— Ah! ce jeune houirae... qui doimait le bras a la charmante Georgiua quand je vuus ai rencontre... car e'est celui-là qui s'appelle Alexis, n'est-ce pas? — Oui,c'est bien celui-là. — Il est pt 11 pour l'armée?... — Oui... il est solilatl... oh! c'est un brave gaiis<?a qui ne rechignait pas à servir... et sans l'amour qu'il éprouvait pour fieorgiua, il serait parti tout joyeux... mais c'est égal, je suis bien sûr qu'il avancera... a moins qu'une halle... <iu un boulet ne l'arieie en chemin. - La jeune i ersomie se consolera... les Iciuoies n'ont pas pour habitude de se chagriner sept ans pour on amoureux!...
— Ce que vous ilites là e>l assez vrai... Cependant on prétend qu'il y a des exceptions... Adieu."., je vous qoilte... mais maigre ce que \ous m'avez du... je verrai ce jeune Isidore ; je lui parlerai, car je ne veux pas, moi; non, je ne veux pas que le dis de cette bonne Adèle soil un mecliaiil sujet.
Franville a quitte l'Iiôlcl de Duhautconrs, il nVst occupé que d'Isidore, auquel il veut ubsoluneiil parler, parce qu'il espèié que ses conseils teront compremlre au jeuue lioinme le danger qu'il y a pour lui à s'aliéner le cœur de Uuiiautrours, qui ne l'a pas encore reconnu coumie son lils et qui peut u'uii inonieiil à l'autre lui l'eniiec la porte de son hôtel. Mais puur païkr a Uuiore, il faut le voir, le rencontrer. Son valet de ctiaïuhre hii a tlil qu'il n'avait [las d'Iienie pour rentrer, qu'il n'elail cliez lui que pour uorinir et qu'alors il ilelei.dailexiiresseinciit qu'un le leven àl.
' — Il faut puuilanl que je le rencontre, mille noms d'une pipe ! ,se
Jdit Franville; il rentre fore tard... Il doit naiurellemenl reviiiir par
; îles boulevards, eli bien, je ferai (action sur les bomevard?, de minuit
;'i \ quatre heures du matin. A celle heure-la, les voitures tout [lUis
I , rares ; s'il est dan^' son cabriolet, je le vivrai liien et je le suivrai jui-
^,que chez lui. Çi exercera ma jambe qui ne veuipas lonjoursal erijien.
L'ancien miiilaire met ce piaii a execotiou ; el, depuis trois jours,
il s'est inutilement promené sur les boulevard.-, sans dépasser la rue
d'Antm ni la rue de Hiclielieu, allant se coucher à quatre heures du
zQatin, eu se disant : — 11 me parait que cetie nuit ce monsieur ne
■ventrera pas du tout.
Le quaiiieuie jour, l'ancien militaire faisait encore sa faction. Il était trois heures du malin, loisqu'il entend des cris pousses sur le boulevard Montmartre ; cette lois il dépasse les limites de aa Dr<jmenade, en disant :
— Si c'est quelqu'un que l'on attaque, je dois aller à son secours. Il s'avance el apeiçoit bientôt une américaine arrêtée ; à quelques
pas de la voiture, un homme en blouse est en train de tirer la savate avec un beau monsieur tres-bien mis, et d'autres hommes en blouse sont spei t. leurs du combat. Au moment où Franville approche, le beau monsieur venait d'être terrassé et de recevoir un vigoureux coup de talon dans la tète. La vue de 1» vieille moustache ^•■<>K eu
fuite les p.iiticuliers en blouse, et pranville, «e penchant v.r» le jeune homme qui est à terre, rceomiali Isiilore qui cnt compleiement (îris, et, malg'e lu coup qu'il a ri^n, balbutie encore : — Ali! les grediiis ! len lâches I... ils se sauvent... Si mon ami Auguste avait < i« avec moi... il les aurait tous ronlé-i... Sapristi!... j'ai mal à li tèle...
— Comment, Isidore, c'est vous. . que je trouve au milieu di' la nuit... vous ball.int à coups de poing, sur le boulevard, avec .1' s hommes c|i blouse?... — Tiens, il me coiiuail, celui-là!... Qui donc êtes- vous donc?... Toi... |e ne V' reconnais pas...
— Je suis celui qm vous a fait leiroiiver votre père... mais si j'avais su que vous deviez vuus con bure ainsi !... ah ! m Ile carabines! je vous aurai-- bien laisré chez touleslcM b'auihisseii-esde Pans ..
— Ah! c'est l'ancien à moiistaehes... l'ami Franville... (Jii d^iic est ma vollui-eî ., et mon gmoin... Ma-canlle! appelez Masiaiiil-...
— AHk'U'l z...Vott'e voiture n'est pas loin ..je vai^ lui diiecravamcr.
— Pfi ni -; garde... Mascariile ne sait pas conduire... Ah! la t. le me f a t liial...
Fi'.inviUe Court à la voiture, dans laqueMe M. Jacquot Masca'ille g'elait endormi pendant ipie son maître lira t la sivate. Eu se sentant polisse biiisipiemerit, il iinvre les yeux et s'iciie :
— Chai pas ma fauta... vnns avez V(i lu que je conduisa...
— Comment, diùle, tu dors peinl int <pie ton maître se bit !
— Chai lui qui a voulu se battra... il a voulu que je conduira, parce qu'il voula dormira... J'ai acciucba un passant... ma il est toinba sans se faire mal... Alors tous ces hommes m'ont appela iinbeeila... brûla.,, lestia ., — Ils ont eu raison.
— .Mou in.iilre, qm s'est éveilla, lésa appelés canailla... Ils lui o-ii dit : lleaceiids un peu voir si tu sais tirei II savata.. ilcsldesi:eii i i.
— Oui, je sais le reste .. Allon-, viens m'aidera relever ton m.illie. l.e petit groom destend de la voilure; on retourne près d Ni lo .•,
qui ea.-aie en vain de su relever siul, et juie comme un cli irr. [; r. l-'ianville le prciiil sons le bras et parvient a le remetiT'; sui- ■- ■■; pieds; quant à 'Mascariile, il se borne à ramasser le chapeau el !• s gauls de son maître. Mais lorsqu'il s'agit de fure remo iter U\ \i >: dans la voilure, il n'y a pas inoyi ii d'en venir à bout ; il est tel craent gris qu'il reiombe saiisce=se sur celui qui le pju=se, et M. M is- Carille n'est pas en état de donner un coup ue main.
— Décidéineiil vous ne pourrez jamais remonter là-dedans, dit Franville; le plus court est de legaguer à pied votre demeure, il '. y a pas loin, et je vous soutiendrai...
— Ma foi, oui... Au l'ait, j'aime autant cela... la voiture me fai .lit mal au cœur...
— Toi, petit, conduis la voiture au pas..., J'espère que tu ne r. iverseras plus personne...
— Oh! non, mou.-sia!... D'ailleurs il ne pisse plus de mond-i !... On se remet en marche. FiaiivlUe soutient firienieiil le jouin)
homme qui, à chaque instant, uebuche et lomberaii, si un bras nerveux ne le reienait.
— Pauvre Adule ! murmura l'ancien militaire, faut-il que ton lils soit SI peu digue de loi !..-. — Q l'est-ce que vous marronnez... mou vieux?... de quelle Adèle pailez-vous?... Je gage qu'elle n est pas aussi chiquée que Tambounnette !... — Tdsez-vuus, monsieur, c est de votre mère que je parle... respectez au moins sa mémoire!... — Ma mère... connais pas !,..
— Oh! vous ne lui laies pas honneur... Mais, sacrebleu ! est-il permis à un jeune homme qui sait maintenant qu'il a une belle position... de se mettre dans un état pareil... gris a ne pas se tenir...
— Cher ami...sai;-lu que tu m'embêtes... as-lu fini les ragots?... Vf ux-lu que je te donne aussi une leçon de savate, à toi?... Au ! mais c'est que... ça ne serait pas long... ah ! higre, il lail glissant !...
Fraavill.; ne répond plus rien ; il se dit qu'Unore n'est pas en élai de l'intendie.'Oii ai rive enfin devant I hôtel de DohautCours. Le valet de chambre Jolicueur aCi;ourt dès qu'il entend frapper, car il se doute que c'est sou maître qui revient.
— Souteiiez-ie, lui dit Franville, vous voyez dans quel état il e-t.
— Oh ! j y SUIS habitue ! répond Jolicœur, il resitre presque to ites les nuits couime cela.
— Il leiilie tontes les nuits comme celai... se dit Franville en s'eloiguant ; ah! le maditureuï... voilà l'usage qu'il lait de cette fortune qui vient de bu arriver !... Nom il'une pipe !... j'aurais aussi bien l'ait de le laisser cliez sa blanchisseuse.
XXVIl. — NOUVELLES D'ALEXIS.
— Mon père !... mon père !... une lettre d'Alexis !... s'écrie Gcorgina en revenant un soir de son magasin; la portière vient de mêla remettre... Il y a Nîmes sur l'adresse; c'est bien là qu'il nous a dit qu'il allait rejoinore son corps... Tenez, mon père, lisez... ohl liseï vite, je vous en prie!
— Et pourquoi ne Hrais-tu pas toi-mèuip, chère enfant, dit Gerbier en repoussant la lettre que sa fille lui présente. Je. suis sur que cela te fera encore plus de plaisir... Les yeux se reposent avec bonheur sur l'écriture de la personne que l'on aime... Lis-nous cela .. car.
LE PKTIT ISinORE.
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hieii qui- la lettre poit à mon ailrcfse, ce oui est plus convenable, j<- (•■,\iii' imii iju'il y «Il a là ddlan^ plus poiir toi que pour moi!
(iiiJi;r ,1 liiit-e lu eiicliel «l'une main iriinin.iiiie; elk est tellement ciiiiM', (|iii' d'iibunl elle ne peut pas di^tiiiijuer les caractères; elle iiiurmiiie en loinliant sur une chaise :
— Mon Ùieul qu'est-ce que j'ai donc'? je ne peux pas lire l...
— (>e (|ue lu as... et)! mon Dicju, des larmes plein les yeux... Allons, remets-toi... talme-loi...
— Oui, mon père, oui... voilà que ça se passe... Ah! j'y vois miiox... M Miii l'her monsieur Gerliier, ma chère et hien-nmee Georgina... » bien-aimée... Voy.z vous, mon pcie, il y a bien amiee...
— Je le crois, c'est ce qu'il pense... — Ah ! om... car il... car il m'aime bien... — Allins, vuilà qu'elle pleure eneore... Mais sois donc raisiainable... Comment, tu saiifjloles à présent?... — C'est |ilus foit que moi... Tenez... prenez... je ne pourrai jamais lire!...
— Allons, donne, je vais liie pour toi...
Geibier prend la lettre que Georgina lui passe en pleurant, et en Jonliuue la lecliire :
« Aimée Gtcir^'ina, je suis arrivé ici sans accident, sans fatigue. Me voici avie lues nouveaiu camarades, et api'renanl le inet'er de soldat; il l'arail quj j'apprends bien l'exercice, car mes chefs .sont Contents de imii; et nu soiis-olliriLT m'a dit, en me frappant sur l'épaule, que je feiai vile mon < heimn... »
— yuel eheniiu don-, iilon père? que veut-il dire par là ?...
— ^C'est tout simpe: sou chemin a l'armée... qu'd obtien^lraitvite de l'avancement..
— Mou Dieu, à quoi bon?... Pour obtenir de l'avancement, il faut se battre .. je ne veux pa^ qu'il se balte, moi.
— \\n chère amie, ui n'es pas raiMiuu;ilile. Pui-que maintenant Alexis e-t sul.iai, n'est- il pas naturel iiud fisse ses efforts pour obtenir desgiailes... Ne vaul-il pas mieux que l'on fasse son éluge, que l'o'i di^e de lui: C'est un brave! que si l'on disait: C'est un mauvais soldat!
Georgiiia 111! répond rien, mais elle pousse un gros soupir. Gerhier repreiiil sa lecture :
« La vie que je mène n'a rien de désagréable. La ville que nous habitons est jolie, le climat très-doux. Je m'y ulairais, si je pouvais être un mouieui sans iienser à vous... à ces ilouces soirées qu : je passais au sein de votre famille, qui était devenue la initnue! au boiilr ur que je ressentais, chère Georgina, lorsque assis à vos côtes, vous me permeliie/, lie tenir votre main dans la mienne... de la presser tcnàremeiii!... et quand une légère pression de celle mam m'aniiciiiçail qu'elle ei;teiidail mon langage... oh! alors, il n'y avait pas au m<'nde un être plus fortfiiie que uioi... a
— Il y a cela 1... il y a cela... Ahl laissez-nioi voir, mon père... lit Georgina court repiemlre la lettre que son père tenait j ses
yeux la paicuurenl avec ayidiio :
« Il n'y avait pas au monde i:ii être plus fortuné que moi... » Cher Alexis!... « Mais ces heureux jours reviendront, espérons-le... Oui, je me retrouverai encore près de vous, bon monsieur Gerbier; je vous rêverai, gentilles petites sœurs, digues émules de votre aînée; et vous, Luiile, Paul... mes petits anus déjà si espiègles, mais si bons, SI sensibles... Kl vous, ma chère Georgina, je pourrai encore reposer mes regards sur vos traits si doux ; je vous retrouverai constan e et dévouée... i.h! je n'en doute pas!... car je vous ccumais. Je juge votie cœur par le mien, et le mien, tant qu'il loi restera un soultle de vie, ne liailra que pour vous chein, que pour vous adorer, o
— Cher Alexis!... que c'est bien dit, ceia! .. Ahl mou père... pardon... vous me le permettez, n'est-ce paj?
Et, sans alieudre la re^jonse de sou père, Georgina a porté la lettre à ses lèvres, et elle baise à p.usie irs reprise» les caractères tracés par son amant.
— Oui, oui, je te le pcimctsl dit Gerbier en souriant. Eh bien, voilà une It lire qui d il te l'aire pluisir... te rentre luoliis iri>ie? Tu vnis (|u'd 11 est rieii arrive «le lucheiii a Altxi>, qu'il se (i"i le bien et qu'il ne pense qu'a tui... — Oui, certaiiieineiit... mais s'il me disait tout ceia lui même, je serais liieu plus heureuse!... — .Ma tille, un sajje a dit : Il tant savoir supporter ce qu'on ne peut empêcher...
— Les sages ne >oiii pas amoureux, mon ptie!...
FrauviUe arrive quelques iii»i,iiiis après la lecture de celte lettre, et Georgina s'empnsse Ue lui en lauc la lecture.
— Oh: Alexis e>t un brave gary ni dit la vieille moustache en /ou>saiii un grossoupi ; à coup sur il fera son chemin... Credie! pourquoi celui que j'ai jL'lrouve ue ui ressemble l-il pas?
— Uucsl-ie qu'il y a diaïc, Ki uivub;, tu as l'air loul soueieuxî
— Oui.,. Eiullei, je suiB peine... je suis vexé... Ce lils de Uuliautcouis, auquel je sui-s parvenu à reiulie une famille... ce garçon que Son peie avail si longtemps abanduuiié... mais qu'il aeiitiii coiueuii à recuiiiiailie'..
— Eli bien?
— Eh bien, c'est un mauvais garnementj pas autre chose... Croiriez voua que ce monsieur a fan pour neut nulle Iraiics d>' dettes et eu a mange vingt cinq nulle eu quinze jour> Y. .
— C'eai pas mal pour ui. del'Ut... Il va bien, ton M. l>idore... l'.'esl, je crois, Isidon; qu'il se nouime?
— Oui l'idore (^rambolige... C'c?t re damier nom •«'ol qu'il «tevraii iiorler.,. Car il tbirit celui q le n nie'e lui a donne. Piu»re Adèle !... qui était »i bonne, si hoimete, si économe. Je tw. Im c<iri> n.o-s^is pas de défaut, à cet e fein'ue-h... eieeiilé «on .«niour r>"ur ll'di.oitciiurs... mais cela prouvait eiic<.r« la c<>n^tallr<' de -e« «(!«tiuMS, et dire que son fiU n'a pas une s^-iile de sfc» qualité»!... Si vuus s iviez dans quel état je l'ai trouvé cette nuit!... Grit c<iniroe un ehdlonnler, (,ii-ant le coup de (lOirg sur le foulevarl, a^ec dei je ni' hji- qui... Je l'ai rimené à l'hôtel de »on pér.-, car il n'ettii pas en étal de remonter dans son cabriolet. J'ai e—.ivé en rh.min de lui pirler raison... il m'a pro(Mi»é de tirer la savaie!... bubaut'ours lui a encore redonné quinze mille fran'-s; j'ai tout heu de penser qu'il les a aussi dc-pensés, car tout le long du cheuiin il ne ce-sait de répeter • « Plus le Sou!... à sec! Je crois qu'on m'a Hloale... • et pui» il ajoutait encore: u T'Ut pis! si le millionnaire ne m'en dunoe |>as, j'ai du crédit, j'en profiterai. »
— Comment! c'est donc quarante mille francs qu'il a déjà marges, ce nion-ieur?
— Sans compter les dettes... qu'on a payées.... et prottahlem^ nt celles qu'il a faites depuis.
— Mon iJieu! que d'argent maf employé, s'écrie Gaorg'.na, et avec quatre nulle francs j'aurais été si beurcuse, mol... Aieiis ne serait pas parti!
La jeune fille laisse retomber sa tète sur sa poitrine et semble absorbée dans ses pen-ées.
— El \\. Uuli uitcuiirs? reprend Gerbier, que dit-il de la conduite de ce j' une homme?
— Il assure que c'est un garçon qui ne se cirrigera jamais .. D i reste, cela semble peu l'alleeier. Il pjiie ^ ms muriiiuier, en di-ant que cela ne le gène |ias. Il y a antre elios. qui prco ciqie beaucoup Im» haulcoiirs, car il m'en parle toujours. Tu i.j devines pas ce quec eslT
— .Ma loi, non.
Fianville l'ait un signe de tète en désignant Georgina qui, tout entière au Souvenir d'Alexis, n'écoute plus la coiiver?atiou des ileui amis.
— Bah! il serait possible... tu crois qu'il y pense encore, murmure Gerbier.
— Oh ! j'en suis très-certain.
— Il sait cependant bien que cela ne l'avancera à rien.
— Un homme qui a -e^ Colfres pleins d'or ne désesp-ie jamais.
— E-t-ce que tu ne lui as pas dit qu'elle aimait q le. lu'un... quelle devait èpojser celle person'iic-là.-'
— Si t'ait, maisil sait nKiiiitcnantqu'Aleiisesl parti pour l'armée et... Georgina relève viveineni la lèle en s écriant:
— Alexis... vous parlez d'A'exis... q e lui esl-il arrive?
— Eh ! mon Dieu, mon enfant, que vi ux-iu qui lui soii ..rnvé, puisque nous rec vous à l'iusUint celle Ittire de lui.
— .Mais vou^ en parhtz po riant.
— Oui, Franville me disait que .M. Dubautcours sait que tu devais épouser ce jeune homme, mais qu'il est parti pour élr^suldat.
— Ah! M. Duhauleours sait cela.
— Sans doute... ce n'est pas un mystère d'ailleurs.
— Et il a dit que c'était bien malheureux qu'Alexis soit tombé an sort, n'est-i e pas?
— .Mais non, il n'a pas dit cela du tout.
— .M 'usieur Franville,se Dal-on toujours en Crimée ?
— Ceruinemeiu! oh! cUa chaulfe ferme!... Sans tua maudite jambe... nom d'une bombe ! j'aurais cte bien cuiiteut d'abu- faire un tour par là.
— Croyez-vous qu'on fera bientôt la paix?
— Abîma cliere entant, vous m'en demandez plus que je n'en sais... Ah ça, vous vous occupez donc de politique à i're>«nl ?
— Oh! lion, monsieur, mais je m'iiccnpe il'Alexi-, et quoiqu'il soit eiiregiiiieiiie .maintenant, il pourrait toujours se tao'e remplacer, n'esi-ce pas ? K
— Oui .. toujours. Y
— Même, s'il etail où l'on se bat?
— Ma chère .<mie, un brave garçon comme lui ne s'en va pas au moiuciit où >es camarades vont à l'ennemi; et je suis persuade que ce n'est pas ce iiiomeni-là q l'Aleiis choisirait pour se faire rviupMcer.
Georgina ne repond ru n, mais elle sort de la clumbre (Hiur aber pleurer loin 'les yeux de sou père, euiporuni la lettre q Alexis qu elle a serrée Contre son cœur, mais qu'elle relira encore bien des fois sans lemuins.
Le soir, avant de se coucher, la jeune lllle dit à Gerbier : — Mi» père, il tant rep oiiilre à Alexis, cela lui fera bien plal^lr d'avoir de nos 110 ivelks. — .Mais saiu doute il faut lui repoiiilFe et le plos lot sira le mieux. — Mon pore... est-ce que vous vnulii buu (leuuetlre que ce son iiioi qm ecive? — Cerlaiiiei:ienl ! la lettre e nie (>ar toi sera bien plos pre. leuse {>our lui ; c est lool iiaUiiel. — On! merci! merci, uuio bon icre. — l'u lui ivpoii bas demain. — IViurquoi démon ? je vais lui icriio tout île suite. — Crsi qu'il «.kI l'Uti.re d* gviùtcr du r«pos; pu..rqiioi pa'uare sur ton soiumeii î il >crait a-tseï iiiii|>9 deoi.iin; lu ne peux |as mellie la lellr> a U poste ceits llutl. — Je ne pienUial pa& Sur mon sommeil, car je ne pourlal^ (siS dormir tant que je n ■ lai aurais pas cent que je ue sui# pas un UH
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