‹ MoustacheChapitre 202 sur 281 · XXV. — LE FBÈRE DE TAilBOlRI.NETTï · texte numérisé non relu

XXV. — LE FBÈRE DE TAilBOlRI.NETTï

Après avoir fait arrêter la calèche pour acheter aux deux chemisières des gants parfumés, Isidore dit à Tambourim-tie : - .Maintenant, je crois, mon Andalousi-, vous avoir entindue parler d'un frère... que vous attendiez di' votre piys... la Savoie... il me semble?

— Certainement... je suis Savoyarde

— Vous en clés bien capable... Ce frère, quel âge a-t-il?

— Bientôt douze ai)^; mais ilesl lies petit pour son âge.

— Tant mieux!... plus il sera petit, plus il me conviendra... eît-il arrivé à Paris?

— Oui, depuis six semaines.

— Où est-il ?

— Dame... il est...

— Noyons! achevé donc... Parbleu! je devine bien qu'il n'est pas à l'école Polytechnique...

— Oh ! non... il est en apprentissage.

— Chez un épicier ?

— Non, chez un décrolleur en boutique.

— Trè.s-bien! comme je pense qu'il n'a pasune vocation insurmonta • ble pour l'étal de décrolleur, nous allonsTcnleverde chez son professeur.

— Que voulez-vous donc faire de mou frère?

— Mon gnxiin... un groom à livrée superbe, galon d'or sur toules les coulures... avec un lampion sur la tête, autrement dit un petit tricorne plat... cela vous va-t-il, mon amour?

— Je crois bien... Jacquot en sera enchanté!

— 11 s'appelle Jacquot... Je lui donnerai un autre nom, et pour qu'il reste petit, je lui ferai boire de l'eau-de-vie matin et soir; ou prétend que cela empêche de grandir...

— Sera t-il heureux ce polisson-là !

— Dans quel quartier étudie .M. Jacquot?

— Passage des Panoramas.

— Cocher, condnisez-no s passage des Panoramas .. Tu iras jusqu'à la boutique, et lu feras signe à ton frère de te suivre

— Sans qu'il se débarbouille?

— Il aura le droit de se débarbouiller...

La calèche arrête devant une des entrées du passage des Panoramas. Tambourinelle descend en se donnant des airs dignes de sa nouvelle toilette.

— Ce petit garçon va arriver, sale comme un décrolleur, dit .\ugusle; est-ce que'lu comptes le placer ainsi derrière la calècbe? Ci fera un singulier etlet !

— Soyez donc Irampiille, gros docteur, vous oublez toujours que je suis farci d'or, et qu'à Pans, avec de l'or, on opca- des diangenienlsà vue... n'est-ce pas, Berluiel?

Mais Gerlinet faisait de l'œil à Calinette,cc qui ne l'empêche pas de s'incliner à ch iipii'clM;e quedil Isidore, en murmurant :

— Je suis entièrement de voire avis'

Tambourinelle revient avec un petit garçon qui a les mains et la figure noires comme un charbonnier; sii veste et son pantalon n'ont plus do couleur, et sa casqui'lte n'a plus de forme.

11 ii'e-t guère plus «rand qu'un enf.inl de huit ans.

Il Court d'un air elïare devant sa sa'ui, qui, lorst|u'il s'arrête, lo fait avancer avec la pointe de sa lH>Miiie.

— Voil.i... l'objCl! dit ranibournieil' ^ re nonlanl en voilure. Où voulez -vous le mettre'/

— Monte, pi'lit, et couche-toi par ..•,.-.., sous nos pieds; il nous servira de coussin, et on ne le verra pas.

— Allons, monte, Jacquot?

Le petit garçon ouvri' de grands yeux, en ré|>4>ndanl avec un accent ti'ès-pronoiice : — De ipioi que tu disa, ma MJBur?

— Moule donc, iniliecile!

— Où que je vas me pl.iça?

— Assieds-toi là. à nos pieds... en travers.

— Dans les jamba. ma sieur?

— .Monsieur Jaei|iiol, du Isidoiv. il faut viiiis disp<-nsiT do diri* à cbaipie nist.iut : Ma sieur, en parlant à mademoiselle; vous lu> dircx simplemciit : .Madame.

LK PI.TIT ISIIiliHi:.

— Enlriiils lu, JaciiiiDt?

— U»ii inudaiiit: ma sieur.

— Madanii' loul cuiiil, iinliccilel

— Oui, iiiadauit! Tout Court.

— SaiPiisti! nous aurons du tir.ifîiî avec ce pctit-là I . tnfin, poui-ïii iiiiil porti bien ma livrcM il (|uil iif ptan<li-sf |>as, vnilii t >ul ce>|u'oii lui di-man.le'... — Curlier, uirucz-ifous di vani un beau magasin di- cont'i'cUon [)our lioinniis, i\\u' u' lasse liabdlur ce moutard dfs pieds à la tôte.

La (• léclic! Se rt'met rn niarclie.

Le frtrc de Tambuminetto s'i'lail rouclié en Irav^rs dans les pirds de la (•(Hiipa^Miii'. Au liout d'un rrrlaln temps, les messieurs et les daines l'ont la grnnace, tirent leur nluuelioir et se bouchent le nez.

Enlin, Isidore s'écrie :

— Ali! mais... cela sent bien mauvais., qu'en diles-vou»?

— Oui, nous avons passé prés d'une fuite de (,'az.

— Alors il y a dnnfc des fuites tout le Mit-^' do notre chemin car l'odeur ne cesse pas.

— Ç'eit vrai... je crois plutôt qu'elle augmente.

— Voyons, Berlimt, vous iw dites rien... est-ce que vous ne trouvez \HS que cela empoisonne "?

— je suis entièrement de votre avis.

— Dis doue, Tambourinettej j'ai dans l'idée que c'est ton frère qui pue coimiiecela...

— Ma foi ' j'en ai peur. »

— Ksl-ee que c'est dans ses liabituiles ? Si je savais cela, je t'avoue que je renoncer.. is à en l'aire mon uroom!

— Mais non, ce ne peut être qu'aceidentel ..

— Dis (lune, petit,' est-ce que tu es indisposé?... est-ce que tu es mal lii-(l''ss(iiis'?

— Oh! MOU, moussia... au contraire! Qumd je vais en voiture, je suis si C'iueiit, que ça me fait tressauter... comme si je dansa!

— Très-bien... làehe de moins danser. Heureusement, voilà où l'on va te transformer.

La calèche an été devant un immense magasin de confection. La gotnpagine voit avec plaisir .M. Jacquot sortir de la voiture.

— Il faut m'habiller ce petit buiihomme là des pieds à la tète, en faire un groom de grande maison. Je ne regarde pas au prix... dit Isidore en entrant dans le magasin — Ji' vnis un chapelier en face... un cordonnier à côté... ayz la eoniplai, nice d'y faire prendre tout ce qu'il faut jour eoiiipleùr la toilette de ce g.imin...

Oiiaiid un ach' trur déclare qu'il ne regarde pas au prix, il est toujours certain d obtenir lnut ce qu'il demande.

On met au petit garçon une culotte et une veste rouge à galons d'or, puis une redingote noisette à boutons de nacre, qui descend jusqu'à terre. On lui trouve des bas, des souliers, un chapeau rond lrè^-ll.lul dr forme, que l on entoure aussi d'un largi' g .Ion ; enfin on lui met une cravate blanche et jusqu'à des gants.

C'est dans ce'.te tenue que l'o i rauiène M. Jacquot à la calèche et qu'on le lait iiionti'r sur b; siège à côté du cocher. On est oblige de V\ porti r, parce que avec sa culotte galomiée il a beaucoup de peine à laire alii r ses lanibes.

Un commis de magasin vient aussi avec un petit paquet, qu'il semble 111' [iurler qu'avtc répugnance et qu'il présenle à Isidore en disant : — Vo.cl les vétenieiils que poitait le [letil ga:eon.

— B rnnct'. ceci vous regarde... l'reiiez vous citte défroque?

— .Non! oh 1 non., éloignez... él. igiiez cela, monsieur!. . s'écrie le couruer en repoussant le paquet. *-

— Alors... dit le Coll. mis, je vais le déposer au coin de la borne, car nousn voulons pas que c. ia rcnjlie chiz nous.

— Kl, iiiaiiiten iiit, ou dois-je vous conduire? demande le coeher.

— A la .Mai?on-d'Or, où nous allons diner, souper et pa.-scr une partie de la nuit.

— K.~t-ce que monsieur me g.irdera pour la nuit?

— Je |e crois bien . est-ce que je puis être un moment sans voilure?. Tenez, codicr, voici de l'or, vousèles à moi jusqu'à deninin. et alors j'aurai une autre voiture, mais je n'aurai pas besoin de payer. - Li suciete arrive à !a \lais:iii-ii"Or. lin repas magnifique est commandé Pei'duil qu'on dresSf- le Couvert et que les dames se chaufTcnt les pieds, Isidore, qui éprouve le besoin de se raontrei' et de dire à tout le iiMude qu'il est millionncure, descend sur le boulevard et se promène devant les passages di' l'Opéra en fumant un cigare. Ainsi ([u'il 1 espérait, il ne tarde pas à rencontrer de ses cinnaissances de café, joyeux compagnons, toujours prêts à s'amuser, surtontlorsquc cela ne

I leur coûte rien. Isidore en invite cinq à dîner en leur promettant un (eslin Complet; c^s messieurs acceptent sur-le champ la proposition, et le nouvel enrichi rcvieiU au restaurant avec cmq convives de plus, qu'il présente à la compagnie, en disant :

— Plus on est de fous' plus on rit. . voilà cinq amis que je vous amène., j'aurais vou'u en rencontrer douze je les aurais amenés également., ce sera pour une autre fois.

Ces demoiselles ne semblent pas intimidées en voyant tant de cavaliers. Berlinei fait la grimace paii;e que, l'armi les nouveaux venus, il y en a deux assez jolis garçons et que cela peut lui faire concurreBce près des dames. Auguste comme la plupart de ces messieurs;

après a»oir pris quelques verres dr niadéii-,tout le monde se conn.iit.

Le repas est m ignilique : les mets l«s plus rechcriliés, le^ plus délicats, les vins les plus lins et les pi s chers sont servis avec profusion, et Comme personne ne se ménage, les convive» deviennent Ire^ fpaiiii trfes-bavard», li-ès brortnls.

Cepenilant Tunibouriiiitie et Calini tte conservent assez de raison pour s'ccHer a chaque instant : ■•

— Ah! mon radie mire!... où est mon cachemire*...

fuis ces demoiselles quittent la table pour .'^'as^ur.T que les cachemiics sont bien à la |>lace où elles les ■■ni mis; alors rll'Srevieiim nt en folâtrant vers la lalile, vont donner de petites la|)es sur les iiiui-.' d'lsMl..ie, (n rappelant amour il hnmmf'. et demandent du Champagne frafipé.

Après le diner qui s'est prolonge tard , Isidore fait apporter une table de jeu et propose un lansipienet ou un baccirat. La proposition l'St acceptée avec joie. L amphylrlon semble telli'ini nt disposé à jeier son or par les feiiétref-, que tous si'S amis désirent fair; sa partie. Les deux griseltes préféreraient la daiise au jeu, mais tas hommes ne sont pas de cet avis; il n'y a que Berlinet qui se dévoue et fait alternativenient polker chacune de ces d'-moiselles.

Isidnii' n'est point en veine, mais peu lui importe; il veut toujours doubler, tripler l'eiijeu. Sur It s minuit, Culiiiette, qui a bu beaucoup d ■ punch et se sent envie de ilormir, dit à son umie :

— Kconii; di>nc. . je ne pensais plus que nous avions de l'or dans noire vase nocturne ; si on allait i ous voler.

— Tu as raison. Allons-nous-en... Ces messieurs sont acharnés à leur jeu... ils ne s'occupent plus de nous,ce n'est pas bien aiuiisanl... Isidore doit venir demain; il m'a promis de in'aeheter des meubles, ma chère, d'en mettre dans les cinq pièces de notre appartement... C'est ça qui sera chic!...

— Oui, pourvu que ses bons am s ne lui gagnent pas Cette nuit tout ce qu'il possède !

— Que tii es bétel... puisqu'il est millionnaire... Garçon, la ca- Icehi est-elle en basî...

— Oui, madame... •

— NiiUB allons 3 ous faire ramener.

Et Tambourmette court embrasser lsid^)re en lui disant :

— Cher am'ïur, nous nous en allons, Calinette et moi, parce que nous avons mal au cœur.

— Très biin, allez...

— Tu vitlidras me voir demain, tu me l'as promis?...

— Oui, oui...

— Nous prenons la ca'èche pour nous ramener et nous la renver rons ici.

— Je l'espère bien... allez... adieu, bonsciîr.

— .M.Biilmet demande à s'en aberaveenous...celatecontrarie-t-il?

— Ça m est bien égal... mais, pour Dieu, laissez-mni jouer! Isidore est tout à son jeu, parce qu'il commence à perdre près de

mille francs. Ses bons amis de calé mettent à profit son 1 .iss. z ail r. Pendant qu'il joue comme un fou, les nulles jouent serré, el s arrangent de manière à ne pas reperdre ce qu'ils gagnent. Le premier, quia empoché six cents francs, seclipse en disant (|u'il a très- mal la l«Me. Lhi second en fait autant aprèsav.iirgagné mille francs Enfin, lorsque Isidore a pûrda trois mille francs, il se trouve n'avoir plus devant lui que son ami Auguste, qui, à moitié gris et endormi, peut à pHiie tenir les cartes tt balbutie : — Est-ce que tu veux encore jouer?... .\ioi, j'aimerais mieux aller me coucher!...

— Commenl!... je perds trois mille francs au moins... et on s'en va... ils so.it partis sans me donner le temps de me rattraper .. ll.s Sont gentils, ces messieurs!...

— Ecoute, tu es en mauvaise veine... tu aurais perdu ta culotte cette nuit, ils ont bien l'ail de s'en aller... Moi je le gagne deux cents francs... veux-tu que je ti; les joue ";...

— Non... c'est mutile!... Après tout, je m'en moque.... j'ai d'autres Dillels de banque, et puis ic suis à la source... Allons nous cou • ehi r. . Il est temps que je rentre à riiôtel de mon cher père.. Ali! bigre! j'y pense iiiaintenant... il m'a peut être attendu povir diner... Le fait est que, pour le prcinier jour ipie je retrouve un père, j'aurais bien dû lui tenir compagnie .. Le bonheur m'a étourdi, Bah! après tout, je trouverai une 'Xcuse... et puis, .M. Duhautcours m'a dit : âts (line à six heures, venez quand vous voudrez. . mais il ne m'a pas / dit : Je vous attendrai.,.. Garçon! la carte à payer...

— Voilà, monsieur. . ' •

— Voyons un peu, . quatre cent vingt francs,., pour dix peT' sonnes... Eh bien, ce n'est pas trop cher!

— Je trouve que c'est salé.

— Est ce que tu n'a pas bien dîné?

— Si fait! trop bien, même.... il y a du trop plein.

— Tenez, garçon... voilà un billet de cinq... qu'on se paie... Tiens... tiens... je me fouille., il ne m'en reste plus... ça n'a pas été trop mal aujourd'hui!

— (Combien avais-tu sur toi?

— Six mille Irancs en billets de banque, "t deux mille en or... J'ai dépensé mes billets... maisj aienoreune po-grwc d'or dans ma poche.

—Ainsi, tu as dépensé aujourd'hui pi-c-s de huit mille francs... huit

LE PETIT ISIDORE

mille franc? par jnur. . Je no crois pas que le (lère le plus millionn.iin: psniK lie à S(jn liis ce rfgiiiie-là...

— Miiii |i;iuvio Aiijîiisic... tu deviens ladre... c'est la sociéli'; de ton «•ncie Lan^'liiiiMil i|iii te giUe... (iarcjiin, ni'i est mon gruom?... car, au .'ait. j'ai un ^iidum, 1 1 je l'ava's tutalcnient ouhlie!...

— Mcitisicur, vdlie groiiiii a <lineavee Vdtn; cochiT. . on les a servis avic (l'.iiitn s (l(iiii(>^lli|iies. Après avoir diné, il s'est couché dans \otre caliclie... Je pinse liu'il y isl encore.

Ou iidiivr l'ii ( liil M. JacipKjt ciidoiini sur le; tapis (ie la calèche, dans laipiillr les deux jcMnn> f,'i'Ms loiiiileiit sans sr duiHier la peine de l'éviillrr. Mais au lunil d'un lîinnienl, ics niesssieilrs i'écricjnl :

— S.ipiisli! I:i inèinc oilenr que ce rnatin!...

— Iii( iiliineni, rc peiil gar^Dii n'est pas agréable t^n Voilure.

— Suis traii(]Milli;, à l'avenir, il ne numteru que dnrrière.

De la Maisoii-(l. Or. il n'y avait qu'un chemin très-court pour être à l'hôtel de Duliautcours.

— Anus y vnici, ilii Isidore en sautant à terre... C'est daiis cette belle maisdd que |c liii,'e. mon cher, et cette maison est â iHdil pèrc...

— C'est inairiiiflqne. . réveille Ion groom...

— Allons, Jacqnnl, debout...

— yuiMqiii f;Mia,niiinssia: dit le petit f;arçon en se frottant les yeux.

— Il a un accent bien pnu anglais ton groom.

— Je dirai qu'il est Italien. Auguste, veux-tu que la calèche te reconduise chez toi .. le cocher est payé.

— Je le veiix bien Quand te verrai-je?

— Demain chez Tamhourinette, à deux heures.

— C'est ciinvetm!...

Augnste est parti avec la voiture. Isidore entre dans là cour de l'hôiil en disant au petit groom :

— Toi, lu ne t'appelles p!us Jarqnot, mais Mascarillé... sotlvienstoi de icpimdre à ce noui-la. . enteiiUà-tu? Mascarillé.

— Oh ' ni, moussia... Bellabiile'....

— le iK! te (lis pas Bellabiile, serin ! mais Mascarillé. Au reste ne parle à pijMiiino, c'est ce que tu pourras faire de niieux.

Isi iui. ni'Miie à son appartement où il trouve son valut «iu cbambre qui l'attendait.

— .1' lu (eui , a. Diihautcoursm'a-t-il demandé au moment dtffliner ?

— Oin, moi isicni, j'ai répondu que monsieur était rentré et ressorti.

— Très-bien. Il ne m'a pas redemandé depuis?

— Non, miinsieur.

— A quelle heure M. D hautcouvs eslil visible le matin?

— Monsieur est toujours descendu dans son cabinet à neuf heures et demie.

— Sitôt (pie cela... j'aurais cru qu'il ne se levait qu'à midi. A-t-on amont mes chevaux, mon cabriolet?

— Oui, monsieur, les chevaux sont à l'écurie et la voiture sous la remise.

— I)' main mus essaierons tout cela Tenez, Jolicœur, voilà un petit gaiçiin qui mi; servira de gnioiii. Coucliez-lc où v us voudrez... il arrive d'Italie et parle assez mal le franijais, m.iis il se ('(iruiera... Allons, .Mascarillé, suis Jolic(Cur, tu viendras demain malin prendre mes ordres

Lo petit Jacqiiot no bouge pas, parce qu'il a déjà oublié qu'il se , nomme Ma.scarille, il faut ipie son inaitre lui donne un coup il pied pour le l'aire niardier: il se décide cnlin à suivre Jolicœur qui le ÇOuSse aussi devant lui en se disant :

— Où diable nidii nouveau maître a-t-il ramassé ce jockey-là!...

Page 1