‹ MoustacheChapitre 21 sur 281 · MOUTON, BALLOT · texte numérisé non relu

MOUTON, BALLOT

BALLOT arrivant tout défait. — Ah ! vous v'ià, nof maître.

MooTON. — Oui, mon garçon ; mais qu'as-tu donc ?... Tu me paraia tout ab.ittu ? As -tu pris quelques informations sur cette maison ?.« Que t'a-t-on dit ?

BALLOT. — Uien de bon ! Et j' vous avoue que c'est ça qui m'a coupé la respiration.

MOUTON. — Se pourrait-il ?... Parle donc, liallot ; je veux savoir ce que c'est.

BALLOT. — D'.ibord, j'.ii adroitement parcouru 1' village. J' voulaia t.Hclier d' faire jaser les villageois ; mais je ne sais pas ce qu'ils ont aujourd'hui, ou heu si c'est leur habiiude d'être comme ça : c' qa'iJ y a d' siir, c'est <|ue j' n'ai pu en tirer deux mots de suite , ils coa- Ni«nil... s' parlaient !,.. et me r'poussaient les ans aux ««très, saïutf

M. MOUTOH.

donner le temps de m'écodter!... EmBaj^ d'ètra ballotte par eux, j' diVd revenais tout bi'triuent ici , quai.d j'ai rencontré une vit^ille frmnie qui demeure dans iei environs. Oh ! o^lie-lii n'a uaa mieux demandé <|uk d' parler!... et comme il parait que sa seule occupation est de ctiercber à savoir ce qui it passe cliez ses voisins, elle m'a paru lièremeut au fait de ben dei> choses !

MOUTON. — Diable!... cela devient intéressant !... Qut pense-t-ellc de mes domes'iques ?

BALLOT. — Hum !... Comme ça!... elle a lecoué la tête !... i MOUTON. — Elle a secoue la têie!. . Tu en esibien certain? I BALLOT. — Oui, monsieur, très-certain : k la vérité, comme elle \ est très-vieille , j' crois qu'elle la secoue toujours en parlant. Mai» I c' n'est pas 1' tout?... elle m'a appris qu'hier deux inconnus sont t entrés dans cette maison.

• MOUTON. — Hier ?

BALLOT. — Oui , ben avant que nous n' vinssions ; mais c' qu'il y a d' plus extraordinaire, c'est qu'elle assure qu'ils n'en sont pas sortis !... MOUTON regardant derrière lui avec effroi. — Ah !... ils n'en sont fa» sortis!

BALLOT. — J' sommes ben vite venu vous apprendre ça. T'nez, not' maître , j' crois qu'il y a du danger dans c' château... Ces trois valets d' campagne !... Knfin... q' sait-on... j'ai lu autrefois dans des vieux ivres qu'il y avait des maisons isolées d'oii ceux qui entraient ne «oraient jdut!... C'est peut-être comme ça ici !...

AIR de Lisbeth. Je n' vois qu' des objets surprenants.

Tf^ne», ce iogis est peut-être Habité par quelques brij;ands Des s)tectr«s !.., ou des revenants!

Nous n'en rviendrons pas , mon cher maître; Retournons îiien vite à Paris , Poui' fuir le licsiia qui nous m'nace; G»r, s'il iog4 ict des esprits , Ce n'est pas (ôi'aJ du tout notre place.

MODTqs. — Bah ! b.ih!... Ballot . t» t'effrayes toujours d'un rien!

BALLOT. — Dam', not' maître, quand on a vu c' que nous avons vu !,..

MocTOH. — C'est vrai... Ces inconnus qui sont entrés ici.

BALLOT. — Et qui n'en sont pas sortis : qu'est-ce qu'on en a fait? j' vous r demande?

moLToN. — Et moi, qu? ai vu tout à l'heure un homme aimé se glisser fL'rtivement hors de ce iardin!...

BALLOT tremblant. — Un homme armé ?

MOUTON. — Oui . armé , et d'un fusil encore !... (A part, s'éloignunt de Ballot.) D'honneur, je pe sais que pensçr...

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