‹ MoustacheChapitre 211 sur 281 · XX.VIl. — l.K PETITE BOITE · texte numérisé non relu

XX.VIl. — l.K PETITE BOITE

Quatre mois se sont écoulés, on a reçu une autre lettre d'.Xlcïis, elle était datée de Bal.iehiva ; il était ariivé en Crimée sans autre ;iccideut ipie le mal de lUi r, et Frauville ne ccssiiil di répeler : — N ous voyez bien que cela va to\it seul... il est en bonne s;iiité cl il va se balire. Que diable voulez-vous de mieux?

Mais depuis que celui qu elle aime o-t sur le théâtre de la guerre, jamais un sourire n'est verni ra .imerla douce physionomie de Georgina, toujours pâle et languissante, toujours triste ei rêveuse; elle cherche devant mhi père à allecler un courage qu'elle n'a pas, elle se cache pour pliunr; mais Gerbier devine bien tout ce qui se |Kis>e dans son ciBur, el il part ige le chagrin de sa li le.

Pour eiptiver l'allentiou de Gii>rg na, il sndît de parler de la guerre, lile eeoule ar.leuiiuenl toulce que l'on dit à ce sujet; chaque jour M fuit mainleninl que son père lui lise le joui liai, c'esl-à-ilirc les p ssaee^ ii'i j. minai où l'on parle de la Crimée, elle appiviid que l'onsisi ballu, que les l'ranijais et le> Augl.iis sont vainqueurs, mais elle voit aussi que l'emienii se défend liieii et qu'il fait Stuiveiit paver eler la victoire.

i'onr -ili.^l'aire Georgina, Frauville est à l'alTùt do nouvelles, et chaque Miir il vient couler ce qu'il a appris dans la jiuiriuv, en ayani bien Miiii |iourlaiit d'éearler do ton iveil ce qui pourrait ajouter aux inquiétudes de la jeune lille.

— P.irdieu! s'ixrie un soir la vieille inouslaelie en arrivant chez Gerbier, ce mauvais sujet (ri>idoiv. . cesl-à-iliiv dEu>larlio l.r.iqnel.esl plus heureux ipi'il ne le mérite!. . le voilà aussi emlwrqué pour la Crimée, il est cip.ible d'attraper là-bas quelque blesMii'U iiononible qui elïacera les soiilses qu'il a laites ici.

— Coiumeiit sais-tueela, dit Gerbier?

— Par luailemoiselle Philibertc... il ni'o.st venu à l'idëo d'aller chez la blanehisseuse pour Siivoir ce que l'en avait fait du jeune Craquet... croirais-tu qu'elle, pleurait coiiiuie une Madeleine, eu me disant qu'il était soldai. . et qu'elle se repeulail bien d'.ivoir elH cause de sa dégringolade!... ô les femmes!... loi houiiuos qui le» del.ii.-seiit sont toujours ceux qu'ellejjn'jjivlleull

LE PETIT ISMK)nfi.

— Et infinsienr Diiliautivitir«... l'as-tii revu?

— Lui'. .. uli! vraiiiii-iitl .. el jr ne iviiiettral ktnais M |)ii-d4

ehez lui., depuis que je sais qu'il a nfiisf à celte chère petite une chose iiu'il lui fiait si lacile d'^ivaiu'-r. . je ne veux |)hisle voir... Au reste, il juiail que cela lie lui a pas purtti hiiiilieur... il ne prut pas guérir du sa maladie... et qui lipi'iiii m'a dit qu'il ne pouvait pas aller loin comme ça... — Ali ! ji: ne smiliaite pas sa liiortf luunmii'c Geor^'iiia, ettc iie'liliérerait pas Alexis !...

— Sans doute ma ((élite, il ne laul jamais désirer la mor; de pcrsnuiK:, niais quand 'pielipriMi qui i'esl mal conduit passe l'arme a fiauclie , je me conliiiti' de dire: « Serrez les rangs. »

^Uielques semaine» se pas.sent onnore, et l'on n'a plus reçu de lettres d'Alexis, le» craintes de (ieoi jfina deviennent chaque jour plus vives.

— S'il ne nous c«ril pas, dit-elle, cVsl qu'il lui est arrive quelque malheur... c'est qu'il est blessé grièvement... ou mort pcut-èlrc.

lin vain Kraiiville ne cesse de repeter a la jeune fille qu'un soldat n'a pas souvent le temps d'écrire, que lorsqu'il en a le temps, ce sont ii's inovciis qui lui manquent; puis enfin que lorsqu'il a ('crit il lui est souvint Irès-diflicile do feire [mrlir sa lettre, et que celleci après être partie peut encore s'èj;arcr en route.

— Non, dit Geor;,'iiia, les ('(imiinniicatiuns sont libres. . plusieurs personnes de mon iii.ij;asiii oui des parents, des amis là-bas... et slles ont encore depuis peu reçu des lettres d'eux; si Alexis avait pu écrire, j'en aurais n çu aussi. '

Gerbier fait smi possible pour calmer les alarmes de sa fille, mais dan.s le fond de son Ame il parlasse ses craintes, et n'est pas tranquille sur le sort d'Alexis. Un soir, Franville arrive plus tard qu'à l'ordinaire; les petits garçons et les deux sœurs de Georu'ina sont eouché.s, mais celle-ci a voulu veiller avec son père.ispéraiit toujours voir arriver leur vieil ami, et apprendre par lui quelipus nouvelles.

Franville a dans sa physionomie quehjue chose de contraint, ses traits sont altérés; et bien qu'il fasse ses efTorts pour causer comme à son ordinaire, pour des gens qui veulent lire dans sa pensée, il cache au fond de son âme une triste nouvelle.

— Que venez-vous nous apprendre ce soir? lui dit Georgina.

— .Moi... rien! répond le vieux militaire en affectant un air indifférent. — Comment vous ne savez rien de nouveau de l'armée... de la situation des troupes en Crimée?

— Mais non. .les troupes occupent toujours les mêmes positions... je Décrois pas qu'il y ait en de nouveaux comliats depuis quelque temps...

— Vous ne croyez pas. . mais vous n'en êtes certain...

— Mon enfant, je n'en sais pas plus que les journaux...

— Quelquefois on rencontre des personnes qui reviennent de là-bas .. vous qui connaissez beaucoup de militaires...

— Oui... mais ceux que je connais... ne sont pas revenus... ils sont toujours en Crimée...

H y a dans la voix, dans la manière de répondre de Franville quelque chose qui frapoe la jeune fille; elle croit aussi remarquer quelques regards sombres qu'il lance furtivement sur Gerbier, lorsqu'il pense qu'elle ne le verra pas. Feignant bientôt d'être fatiguée et d'avoir besoin de sommeil, Georgina se lève en disant: — Puisque vpus n'avez non à nou- apprendre ce soir... je vaisallerme reposer... car je me sens accablée...

— Va, ma fille... va et tâche de no plus te tourmenter autant... car tu te rendras malade... dit Gerbier en embrassant sa fille.

— Bonsoir, mou père .. bonsoir, monsieur Franville.

Le vieil ami ne lui répond qu'en lui donnant un baiser sur le front; mais ce baiser est glace, et celui-ii qui le donne est tremblant Georgina a quitte la chambre, elle a refermé la porte sur elle ; lorsque les deux ainis sont seuls, Franville laisse tomber sa tête sur sa poitrine, et s'abandonne à la douleur que jusque-là il a essayé de surmonter.

— Eh bien qu'as tu donc? lui dit Gerbier. Quelle tristesse sur ton front... mon Uieu! qu'y a t-il. . (u sais donc quelque chose de fâcheux?... — Oui., oui... je sais... et je ne pouvais pas dire cela devant ta fille... pauvre petite!... elle aura tant de chagrin... et moi-même, vois- tu .. Tiens, je suis tout bouleversé !...

En disant cela, le vieux militaire passe sa mam sur ses yeux Dour essuyer des larmes qui s'en échappent. .-— »

Gerbier qui respire à ptine, s'approche de son ami et, lui prend la :nain, en murmurant: — Allons, parle... parle... dis-moi tout... Je suis un homme, moi !...

— lin sortant de diner, je suis entré au café où ^ ^ vais quelquefois. Là, j'aperçois uù soldat du 20' de ligne, qui a k bras droit en écharpe; je m'approche de lui, nouscausons... Il revienule Crimée... il n'est à Paris que depuis deux jours... Il a débarqué à .Marseille: — Vous faites partie du 20'? lui dis-je. Avez- vous connu dans votre régiment un jei ne homme nommé Alexis'.. — Alexis, me dit-il, parbleu! nous étioiis dans la même compagnie; il était mon sergent, car il venait d'être nommé sergent... un bien gentil garçon... et qui jouait bien joliment du piston!... — C'est cela, c'est' bien cehi' que je connais, disje; eh bien, où est il maintenant? — Helas! monsieur, il était avec moi à cette affaire où j'ai reçu deux balles dans le bras... mais lui, Alexis, a été blessé avant moi... Je l'ai vu tomber à mes côtés... j'aurais voulu le secourir, mais l'ennemi était là) il fallait aller en avant... et un oeu plus tard je reçus mon af-

faire... On me ramasi»a ensuite et je fu»traniî|)f)rté à Constantiiio|M. . — Mais Alexis... Alexi»! repris-je. —Oh! quanta lui, il éuit 111.11, car on ne l'a pas vu à l'ambulance,

A peine Franville a-t-il achevé ces mots qu'un cri doulourein fait entendre, puis le bruit d'une (iirsonne qui tombe sur le partii 1.

— Elle était là!... elle écout lit!..., s'éci ie Gerbier, encouiu.i ouvrir la porte du fond. Et il trouve en effet i;<orgina éti'odue soi, connaissance II la prend dan» st'S bras, la transporte sur son lit, . 1, aidé de Franville, lui prodigue tous les «'Cours. Uientôt les d' n\ jeunes filles, que je eii de leur saur a réveillées, viennent se joiiiir.! à leur perc et mêler leprs larmes aux siennes; car quelques inotj, leur ont bien vite appris quel malheur vient de dé.soler leur famille.

Georgina rouvre les yeux... EHc voit son père et ses sœurs agenouillés devant son lit, et plus loin Franville cachant sa tête dans ses mains. Le tableau de ceitc cjouleur si vraie la touche profondément ; elle peut pleurer aussi, elle peut exprimer ce qu elle sent. Gerbier se lève, il prend la main de Georgina et la presse avec force dans les siennes, mais il ne peut jiarler. Georgina le regarde et murmure : — H est mort... mon Abxis... Ah! je savais bien, moi, que je ne le reverrais plus!... .Mais ne vous désolez pas, mon père... j'aurai du courage... Ne pleurez pas. mes sœurs... je vivrai pour vous tous... je n'ai plus qu'à vous aimer.

Il est des chagrins que le temps seul peut, non pas effacer, mais adoucir. Pour Georgina, la vue de son père, de ses sœurs pouvait mieux que toutes les exhortations ranimer son courage; elle les voyait si désolés de sonmalhi^ur, qu'elle était souvent obligée d'être la première à leur parler rai.son, à tâcher de les consoler. Mais biea loin de chercher à lui faire oublier Alexis, ceux qui l'entouraient lui en parlaient sans cesse ; ils comprenaient bien que, pour une âme aimante, parler de celui qui avait notre amour, c'est épancher son chagrin. Il y a des gens qui ne comprennent pas cela, qui veulent qu'on oublie bien vite ceux qu'on a perdus.

il y avait huit jours une Franville avait apporté la fatale nouvelle. La famille était rassemblée; le vieil auii était là, et comme à l'ordinaire on parlait d'Alexis, lorsque Gerbier dit tout à coup à G. orgina r — .Mais ce brave garçon ne t'avait-il pas, avant de partir, remis une petite boite cachetée?...

— Oui, mon père... oui... en effet, avec prière de ne l'ouvrir que s'il ne revenait plus... et j'espérais tant lie l'ouvrir jamiis!...

— Eh bien... cette boite... as-tu regardé ce qu'elle contient ?

— Oh! non... je n'y ai pas touché... je ne voulais pas y toucher...

— Cependant, ma bonne petite .dit Franville, si notre cher Alexis a trarc la-dedans ses demi' rcs volontés, ne trouvez-vous pas que c'est un devoir de les remplir?... et puisqu'il vous a chargée de cela... comment suivrez- vous ses intentions si vous n'ouvrez jamais cette boite?...

• — Notre ami a raison, dit Gerbi-r, c'est un devoir à remplir; qu'il soit pénible ou non, il faut faire ce qu'Alexis a dit...— Eh bien... je vais chercher cette boite, mon père. . Vous l'ouvrirez, vous!... Georgina revient bientôt avec la petite boîte ca dictée, qu'elle remet à son père en versant des larmes. Celui-ci se hâte d'ouvrir la boite. H trouve d abord en dessus un petit papier plié en quatre, sur lequel on reconnaît l'écriture d'Alexis. Gerbier se hâte de lire :

— « Ma chère Giorgina, j'ajdilà votre père que j'avais perdu mes parents, parce que je n'osais pas lui avouer que je n'étais qu'un uulheureux enfant trouvé. 'I^lleest pourtant la véiité. .Mes parents m'ont mis à cet hospice... fondé par Ynuent Ue Paule... Ils avaient cependant pris quelques précautions pour me retrouver un jourj mais moi, ne voulant pas connaître jamais ceux qui ont pu ra'abandonner, j'ai changé de nom, et pris celui d'Alexis, tandis que mes noms étaient Isidore Dubois...

— Grand Dieu!... ai-je bien entendu!... s'écrie Franville, tu as dit leidore Dubois?... — Oui... oui, r. prend Gerbier,qui est tout aussi ému que son ami, mais attends .. laisse-moi tinir...

— « Isidore Dubois... Vous trouverez dans cette boîte un billet de ma mère, qui était dans mon berceau, et une petite croix qu'on avait attachée à mon con et que j'ai portée jusqu'à l'âge de seize ans... Adieu^ chère Georgina, vous savez maintenant le seul secret que j'avais eu pour vous... »

— Pauvre .4lexis! dit Georgina, qui croit que nous lui aurions fait un crime de l'abandon de ,^es parents .. .Mais, mon Dieu! qu'avecvous donc, monsieur Franville?... — Ce que j'ai... ce que j'ai... Ger hier, ouvre donc ce papier qui est au fond de la boite?...

— Une petite croix?... une lettre... Tiens, regarde...

— La lettre d'Adèle... de sa mère... Je reconnais son écriture... Et cette [letite croix... marquée de son chiffre... Oh! il n'y a plus à s'y tromper, cette fois... Pauvi-e Alexis!... c'ét.it bien ce jeune homme que je cherchais partout... Isidore... le fils de Duhautcoûrs!... — Alexis!. . le fils de M. Duhautcours!... murmure Georgina, en cachant sa tête dans ses mains, puis elle murmure : « Oh! mon Dieu!... et il a refusé de le sauver? »

— Oui, mon enfant, dit Franville, et s'il a encore un peu de cœur .. ce sera sa plus grande punition. Per.uettez-inoi de prendre cette croix et ce billet... Oh' je vous rapiiorterai tout cela fidèlement, ma petite; cela vinnt d'Alexis, et je conçois que vous y tei^eï...

LE PETIT ISIDORE

iiKiis ifi veux seuicmcnl montrer ces preuves à Duliaiitcoiirs afin qu'il Hit |nii>^e douter (\w c'était bien pour son (ils ipie vous étiez venue le supplier... — Hclasl cela ne nous rendra pas Alexis.

— Non, mais cela prouvera à ce millionnaire que c'est toujours une faute qui porte sa peine, de se refuser à faire une lionne aeli >u...

Franville a serré prerieusemcnt dans son porte-cigares la cmix cl ValcWrcqui apparlnialenl à Alexis; puis, laissant la f mille Gcrbii-r encore sous l'inipressidn de ce que l'on vient de découvrir, il les quitte pour se rendre surle-chainp chez le banquier; car, liien qu'il soit prés de dix lieures du soir, il ne veut pas remettre au lendemain ce qu'il a à lui apprendre.

— M Didiaulcours est-il chez lui? demande le vieux militaire au ïoncierge de l'hôtel. — Certainement que monsieur est chez lui. car, iepuis huit jours déjà, il ne sort plus, il est trop faible; mais Je doute qu'il >oil visibli'... Demandez à un valet de chambre...

Le valet de chambre ré()oiid: — Monsieur vient de se coucher, il ne re oit plus. . — Allez lui dire que c'est M. Franville qui désire lui parler... Je vous parie qu'il me r( eevra, moi.

En effet, le valet revient bientôt chercher Franville, qu'il introduit dans la chambre à coucher du banquier Cekr-ci est tellement changé, la maladie et les soiiflrancesoiil causé chez lui de si grands ravages, (pie, pour le reconnaître, il faut être prévenu d'avance.

Ceiieiidant le nom de son ancienne connaissance a ranimé le malade; il se soulève à demi et tourne la tète vers Franvdle en lui disant d'une voix creuse: — C'est vous... il y a bien longi.inps que je ne vous ai vu... vous devez me trouver bien changé?

— Mais, oui, pas mal comme ça.

— J'ai les premiers médecins dé l'aris... ils ne saventpas me guérir... - — Il y a un autre médecin auquel vous ne vous êtes jamais adressé... C'est eelui qui envoie de bonnes pensées, qui conseille de bonnes actions .. qui vous dit qu'en faisant des heureux, on le de- ■vieiit soi-même... Vous n'avez jamais écouté ce médecin là, vous avez eu tort, il vous aurait peut-éfre guéri!...

Duhaulcours se rejette sur son oreiller en murmurant: — Est-ce que vous n'êtes venu que pour me dire cela?...

— Pardonnez moi... j'ai encore autre ehosc à vous dire... J'ai retrouvé votre fils... l'enfant d'Adèle, le vériliiblc Isidore...

— Oh! encore quelque hisioire.. un autre mauvais sujet qui a pris ce nom. . pour tâcher de me gruger... de me mettre à contribution comme le premier..

— Non, non, soyiz tramiuille .. celui-là ne vous coûtera rien... il ne dépensera pas votre argent.. Une fois seulement vous iiurjez pu fain quelque chose pour lui... mais vous ne l'avez pas voulsi...

— Je ne vous comprends pas., expli^piez-vous mieux.

— Ne voiissouvi'nezvdu» plus que l,i lille de Gerbier... Georgina... est venue une fo s vous trouver pour vous prier de lui prêter (|uatre mill(! francs avec lesquels elle aurait fait remplacer celui qu'elle devait épouser? — Si, je m'en souviens très-bien.

— lit v(,us avez n t'use de lui donner cet argent... Quatre mille francs! .. c'est deux sous pour vousl...

— Parfaitement!... mais puisque je voulais épouser cette jeune fille, je ne devais pas lui fournir les moyens d'en épouser un autre...

— .Mais puisque crtte jeune fille ne voulait pas de vous, puisqu'elle vous avait du po.-itivement i|u'elle ne serait jamai; Notre femme... En lui rendant le sirvice qu'elle implorait de vou?. cela ne changeait rien a vos espérances; vous n'en aviez pas... beulemenl vous faisiez son bonheur... celui de ce pauvre gari^on...

— Je ne voulais pas du tout faiiele bonhi iirde ce pauvre garçon...

— Ah 1 que l'on ne vienne doue plus me parler de la voix du sang... de ces secrètes syiii|ialhics qui nous revelinl ceux que nous devons aimer... Elles vous auraii^iii parle en faveur de ce jeune houiiiie... de voire fils... nui, voire lil;'! Oh! ce n'esl pas un mensonge celle fois... voila les preuves... la leilre de sa mère... Tenez, vous connaissez récriture d'Ailèle... et celle petite croix qu'elle a longtemps portée avant de la donner à son enfant... Ah l celiii-la ne voulait pas usurper votre nom... bien loin de là! il ne voulait [•m (jue jamais viiu- puissiez le reronnaiire; et pour cela il avait quau' le nom d'it'dore et plis celui d'Akxis .. Pauvre gari; u!... il.'-euib:i qu'il devinait que son père n'auiait pour lui que de la haine... i l^ qu'il le ri pousserait jeune homme comme il l'avait repousse eulaul!... '

Duhaulcours cunsulôie la croix cl la lettre que Franville a déposées sur son lit; 1 écriture d'Adèle loi était trop lamilièie pour qu'il put douter de la vente. Il babutie eiiliii : — Eh bienl puisque cet Mixis est mon fils... oui... oui... cela m'est bien prouvé cctti' l'ois... alors Franville, il faut le faire revenir... le racheter... Tenez... voici la elef de mou bureau... ouvrez la eai^s^ à droite... punez aillant de billets de banque que vous voudrez... ne les nunagtz pas... Eh bien... prenez Uoiie celte clef., à quoi |iensez-vous?...

Le vieux militaire repousse la cltf que le malade lui présente, en iépoiidant dune VOIX alteiée: — t.'e.->i m lile... gardez celle eltf... gardez Votre or... il est trop lard niainteiiant... — Coniiuenl... pourquoi trop tard?... — Le pauvre garçon ne peut plus être racheté... Il eta t là-lia-, en Criuiee .. il >e battait bien, il venait d'être iiumme sergent .. oh! il voulait arriver... et il ^tiait pai vi iiu à quelque beau grade... mais le sort ne l'a pas voulu... Une balle

ennemie y a mi« eini>ê'bement, et votre fils e^t tombé sur le < tuiup de baiiiHr pour ne plu* se relever...

Duhaulcours poussç un sourd gcinis-ement eu murmurant: — U est mort!... — Oui, il <-8l mort, tl c'est neuleuienl après avoir appris cette iri-te nouvelle que l'on a découvert ce> pretmei de sa naissance, dans une petite U/ite cai:h' lée qu'il avait lais-éc à G<'orgina, en la priant de ne l'ouvrir ques il ne devait pas revenir... Maltuureusi ment elle a tenu pamle; car si ebe avait ouvert la U^iie plutôt... on aurait su... et alors... Mais, que irait on... vou-aunej peut-être égaleiurnt refusé de le rachet r! — Ah! Franville!... vous êtes cruel!... — C'est possible^ mais c'est qie vous l'avez élé aussi, vous... et j'en lev ens toujours à mes premières parole*... Si, dés que vous avez été un [leu riche, vous aviez repris l'enfant, tout cela ne sérail pis arrivé... car tout se tient, tout s'> n hjin« dans le mohde... i-l ci- qui ar^-ive aujourd'hui n'e=l que le rt-soliii de ce qui s'est fait autrefois... Enfin... il n'y a plus dé reuiè le. Je repienils cette croix, cette lettre, c'est tout ce que ce I rave garçon a lais-é... Cela appartii-ni a Georgina. elle ne s'en scparera plu-. Adieu, monsieur, je ne pense pas maintenanl que nous nous reverrons jam .is... — Franville... de grâce ! — Adieu, je n'ai plus rien à vous dire.

XXXIII — LES HASARDS I)£ LA Gt^RRE.

La santé déjà si chancelante du millionnaire devient encore plus faible après la visite (|ue Franville lui a fuie. Depuis longtemps I. g médecins avaient condamné le riche malade, mais celui-ci esperaii encore; maintenant il ne se fait plus illusion, il vol ?onétai, et il fait mander près de lui son notaire, alin de lui dicter ses dernières volontés. Après avoir fait son testament et donné toutes les instructions nécessaires à son notaire, Duhautrours se sent un peu souh'gé ; pour la pr.'iiniere fois des pen-é-^s doues s'olTrent à son esprit; souvent lise dit: — Je l'ai vu cet Alexis, mon ûis... détail tres-bitn... je l'aurais aim"... oui, je sens que je l'aurais aime... et ne pouvuir lui laisser ma fortune... enfin, de là-haut il sera content de l'emplui que j'en ai l'ait.

Puis, faisant un retour sur sa vie, Duhaulcours soupire en x disant: — J'ai perdu tous mes enfants., je meurs seul... entouré d'étrangirs .. de valets... et per>oi. ne pour me serrer la mam... p4jur me fermer les yeux... voilà donc à quoi auront servi tous mes millions; Oliîsi je pouvais recommencer...

M i^ ou ne recommence pas.et quelques jours après avoir fait son tesiaiiieui, D bauicours termine à c nqiiante ans à peine une carrièieqiie tous sestiésors n'ont pu prolonger. Deux jours après eei évéïiemeiit, Grrliier e.-l mandé eh-z un iiuiaire pour affaire ire>pre>see. L ouvrier ini|irimeurse i end à cette invitation en sedsinl: — Que diable un notaire peut-il avoir à me dire... Je n'alieii s aucun héritage... je n'ai pas la plus petite propriété et je ne viux pas enipiuiiler d'argent, d'autant plus que personne ne voudrait m'en piêter.

Mais arrivé dans le cabinet du notaire, celui-ci, après s'être assuré de son Identité, lui dit: — Je vous ai fiil prier de pas-er chez uj..i, nionsiiur, pour vous annoncer que M. Duhaulcours est mort et qu'il anomiuém uiemoiselle votre lille ainee, Georgina, sa légataire umveiselle. La succejsion de .M. Duhaulcours s'elevera a plu-^ieurs millions.

Gerbier demeure interdit, stuiielail, il croit lever et balbutie : — Quoi, monsieur, il serait [lossible... le riche banquier... il tsl mort... et ma fille Georgina est son héritière — Oui, nioii-ieur, oh 1 U testament de .M. Duhauleours est bien en règle, vous n'aurez de coiilesialion avec per^tmiie!... Il n'avait aucun parent; il vtut... ce siiut ses dernières jiaroles, que mademoiselle votre fille, qui a refuse ^ts richesses de son vivant, en jouisse enticreiiieni après sa mort Je vous ai d'abord mande seul, monsieur, jwrce que j'ai peiis-' que Vous sauriez mieux que tout autre préparer mademoistlle votre li le à sa nouvelle fortune. — Sa nouvelle loi tune! ah! je vo sjore qu'elle ne l'eblouira pas... il y a un autre bonheur qu'elle av.iil rêvé... mais je ne vous en remercie pas moins, monsieur le notaire, ' car ceci est un grand événcinent pour nous tous.

Girbier, comme on le pense bien, ne retourne (>as à son imprimerie, il court chez lui, il envoie chereher ses deux fais à l'école, il embrasse ses deux filles, il voudrait que Giorgina lût là... il ne s.iil s'il diul l'envoyer chercher; et les enfants qui voient l'agitatiem de leur père, lui disent tous : — Qu'est-ce donc, paia? — Qu'e.-l il donc arrive? — Est-ce que vous n'avez plus d'ouvrage à liiupiimerie? — Mais vous avez l'air content cepen laid... — Oui, nus enranls... oui, je suis bien coulent... à cause de vous surtout, je ne sais |ilus ou j'en suis... Allons, Gerbier, calme-loi, mon ami, est ce que le bonheur serait plus dilii'ile à supporter que la peuieT... .Neui... non, soyons raisounab.e... mais Geeirgma, est-ce quelle ne revundia que le soir. — Si, papa, elle reviendra a quatre heures, par>e qu'un esluioius presse a son magasin. — frès-hien!... Alleiidous- 1,1 alors... mes elu-rs enfants... eiubra.-.seï-nioi .. vous serti d.aïc heuieux... liehes. — Nous serons riches, pqM? — Ce>l votre Mvur qui bel lie d'un iMiiipiier millioiiiiair. , de .M. Duliautcours... mais votre sœur riche, n'est-ce pas comme si ">■" ''étions tous. — Alil

i; PKTIT ISIDORk.

Imd, je maiipciai (ii!S |,'.itc.iii\ Ions les joins... t. ml.,- |,i jooriire! ilit h: pelit Kmile en sanianl J.m^ lu rliaml re. — Non, mon aim. non, cil- vois-iu, la s:rnl(' v:iiil cniorc miliiv quela forUnu;, et ce .serait mal eni[(lovt'r rrllei|Mi nous ui rire q imIc t- rJonjuTiICé hi(li{,'i'slioii». Quatre heures soiu)eii( il C.corgnia levitnt eiifin, elle lient une ( Itre à -a main, elle tremble, elle est fcllnment énnie rpie c'«-t à ■dm si elle iiciil dire à .son (père : — La |iorii6ré viiit île me ilon- /iprcetli' lettre., iiion Dieu, mon père, c'ei-tiie Ini... j'i n ^llj^.^ù^l>... ;'ai leeonnuson ccritiir.'... i|u't'sl-C6 (|iie c-la veut diref — Comment le notaire t'a .ins:;i en il, ma lllle? il m'avait dit q l'il me I. lissait le plaisir de l'appiiiidre lu nonvtre forlunc. — Q:ie pailezvons lie fol tune... de noiaiie... Cette lettre rsl n'Alexis, mon peri... itf reconnais liien son écriture. — D'Alevis?... d serait po-sible! — Oui ..ouvrez la... onvrczla vite... A-t-il écrit C'Ia avant de mourir... vcyiz b :lalc, mon père! — Coii-tintinople... du 29 liiai. — •29 mai, d y a dtiix mois que cette I tire est eu ro:ite... mon Dieu! est-ce avjinl ci-tie funeste alVaire... Ali*! lisez... lisizl...

« Mil clièrr Ceornina, mon cher m.jii-ieur Gerbier. je vous écris de l'hop lal de Coo-tanliiiople où j'ai été tivii;spoilé lile^sé...

— Tiaiisporié lile.-sr... et il vit enioic... Ah! mon jiérc!... Georj,' lia se jelie diios les Lias de Geriiier, les pleurs la s-ufTo-

queiit, mais cttle fois, ce.t la joie qui ks l'ait couler, linli:! elle se remet un peu, et on contim e de lire :

« C'est au picil iiiie j'ai cte Mes-é par un coup de liisiaï n. J'étais aussi aitfint an ciié, mais celte blessuiv-là est peu de dvtye- celle du pitd sera plus loiigift, le chirurgien ne sait pas encore si je ne ho t' rai pis touie ni.i vie...

— Oli! tant inirii\, mon père, tant mieux... il reviendra alurs et il ne lui- (poiuta pl;s.

« Un Là:ii;iei t im l à la voile, il cmfortera cette lettre; si mon l>ied ne se -îU' rit p^s vile, il est pusi-il>le que l'on me renvoie en l'rance... — Oh! ipiel l)oi]|i*'iir... il va revenir.

« Je venai- d'ère nùmm^ ■ei;;fni I r-'pie j'ai reçu cette hietsurc... c'est doumia;;e ! v.i is in'noritz itvu olli ier !

— C'e.-tdi'jù hien joli d'è're sei'gint.

« An revoir, m ;s bons aaii>, c-jt cvéuemenl me ramènera peutêtre plus tôt piiis liivifia chiiic G»6rgiiia. »

La lettre d'Al<xis a rendu Gtorginaan liiuhenr, presque à la vie; et lout le monde part ge ton ivn sse; c'est à peine au milieu de l'éinotioii causée par celle nouvelle innlieniliii-, n ion se ra; pelle que l'on est li h •. Cependint plusieurs fois Gerbier a dit à Georg'na : — Ma filli', lu ne sais pas quel iiouve.iu borh' iir l'ornvi'. , Tu es riche, tu es nnlunniiaire... "d Duhauicours en nnuranl l'a f lit sa légataire uiiiveisde. — Ali! mon père... cela lu'ist bien éyal... il vit! il existe eiu'oie... le voilà mon vrai bonheur! — Oui, 'an-;'doute... mais avec tes riidu'sses in pourras ravoir Alexis... le (aiie leuiplacer. — Ah! vous avez raison... d'ailleurs cette forttuie que M L)iihau^cours me lègue, elle revenait à Altxis, piiisi^u'dest son lil^; et sans doute s'il ne l'avait pas cru mort. M- D^ hautcours la lui aurait laissée... est-ce que j'ai besoin d'argent, looi... mais, mon Uieu! puuiquoi d'inc cttle lettre a-t-ellcétési longtemps à nous parvenir ? — Le bàtimenl aura é|iiouvi' des tempètis, drs avaries, il aura ete obligé de relàclitr dan~ quelque port... de s'y taire répanr... que sais-je moi!—- Et ce soldat qui disait qu'.\!e\is était inori? — Le vovant tomber auprès de iui, il a pu le croire... il a pu ignorer que son sergent avait elo tran?po:té bUssé à Coiistaiitinupie...i.iiiln, qi.e notre clier Alexis ipou> soit rendu, voilà le principal... et avec cela de la furlune .. — On! .\lexis d'abord, mon père, Alexis avant tout.

On attend avec iui|ialience que Fraiiville a rive; et lorsque le soir le vieux miliiaiie t lure ciiez Sus amis, G-orgina court i'ciiib.'asser; Gerbiir Kii secoue la main, Its entants dansent dans la chambre; il y a t:.nt de jme, tant de bonheur sur tous les visages que Franvilie s'ecr.é : — Il n'est pas possible!... il (aut que ce soldat se soit trom|ié. — Oui... oiii... car voilà une lettie d'Alexis... il a été blessé, tuais il n'est pas en danger... LisiZ... 'isez!

La vieille moustache lit, en s'arretant quelquefois pour s'essuyer les yeux, car son émotion n'est pas moindre que celle de ceux qui l'eniourent. — Le ciel soit loué! s'ecrie-t-il, en terminant la lettie. Ah ! dame, mes enfants, ceci n'a rien d'élonnanl, à la bataille il y en a plus d'un que l'un a cru mort et qui revient (ilus tard très-bien portant. Mais cellre lettre a plus de deux mois de date , si Alexis est paru pour la Fiance peu de temps après l'avoir écrite, il pourrait arriver au premier jour. — Ah! monsieur Franvilie, vous vous informerez, n'est-ce pas, vous saurez s'il est revenu depuis peu en France des niilitaires du 2U° de ligue. — Oui, ma petite, oh! mille noms d'une b unbe... j'irai jisqu'à Marseille, s'il le faut, pour avoir ' des reuseigneuii iits.

Lorsque Fianville est un peu calmé, on lui apprend la seconde nouvelle : la m rt de Duhauteoui s et le testament qu'il a lait. — Ah ! gaorebleu! voilà la piemiérc belle action de sa vie, s'écrie Franvilie.

.Mais il est mort, n'en di.-ons pins de mal, d'autant plus qu'en '. n allant il a lépaté une partie de «es fautes. Vous voilà donc nnlli uiiaire, ma petite G' oigna'... Tant miriix, pourvu que celle grande fol tune ne ironblc- pj^ v.tre repos! — .Soyez Iran quille... elle ne me ch.iiigi ra pas. U'aillciirs, ce n'est pas moi qui suis r.clie, c'i st mon 1ère, c'est ma fainillc, c'est vou-... .Moi. je neveux ipi'Alixis.

Le lendemain de- Celle b.lle jourii'e, Franvilie vi'iiait d'aj'prrndia à .-is amis que l'av.nt-veiile un bàliiiient veii:,iit île Con-lanliiope ét.iit ai rive à Mirsc II.', raiiMnanl heanronp de iiiililaiiis lraiiç.ii., . » convalescence; Georgina se lai.-ait répéter les iiioiudie- déliids ile cette nountdle, lor.-que la porlï s'ouvre, il un jeune ferg. ut de la ligne, s'appuyant s-ur deux Liquillts p.iriiit en disant s.ulemuii:

« — Mo voilà !» , .

On coori, on entoure Alexis; e t-il 1 r-, „ ,.tn- que Georgina

90 troii\c 11 premièie dans ses bras. O.i !i: pros-e, on l'euibia-^e, on riiii,ioile, car c'est à qui lui servira d'.ippui. I'. niant qoelqu;^ ininuus on ne pciil passe parler, on n". change que des paroles sans suite, mais on se regarde, on tu sonnt, ou se serre la main. — Cli;r Alexis! nous vous avons cru m'i-t. dit G-orgina, jugez de mon désespoir! — Mais cette "li-ltre que j.i vous ai écrite ap èi ma ble-sure? — Nous ne l'avons reçue qu'liir. — liiili i, le voilà, ce br.iNC saiÇOM, i'éciie Gtrbier, ne p' n-on . plusaiix chagrins passés; mais d'abord ee |iied? — Il va 1 ien, il guérira, mais il m'est encore impo.^sible '!e D.'appiiycr desMis, c'i si jioiirquoi je me sers de béquilles. — .Mexis, lorsqur nous avons cru cett.' alficuse nouvelle, qu irid ou 1 ous a assuié que v u-. étiez resté ur le dianip de b itiiile", j'ai cru devoir fine le que vous m'aviez dit. . . ouvrir celtii boite que vous m'aviez coufi e. . . et. . .

Alexis ro g'I en léiionin l: — 1:1 vous sivcz que jC ne suis qu'un pauvre eiifaiit abiin.foiin- . — Nous savons bu n aotie cluse, dit Frainille. c'est que vous c'cs le fi!s de Uuhn.tcours le mil;i.»iinaire; la letirc de v.itie iiicre, la pciiie croix,,, c'étaient là des preuves iincusables. — Q.;e nii' lii^'S-voiis*... ce ininsituquc nous avon^ reiicoiiiié une fois. — C'était ^nire père. , lui inèiiie eu a ea la preuve avant ele mourir. — .M. Duliauic ur.s est mort ? — Oui, mais croyarrt. a^:s^i que vous aviez éu; toc à rarniéo, et n'ayant plus ni eiilanis, ni pai'i.'nLs, c'est a G u-iîina, c'est à votre l'un ne qu'il a laisse toute, sa fortune ! — M n D eu ! que m'apprcnez-voiis? Georgina... si \ousélcssi ii','hç.,. e^t-ce que vous voudrez encore de moi? — liiitendtz-vonsce qu'il dit, mon père, il demande si je veux de lui. .. mais ces r;che se=,vi tre père i e me les a laisséesqne parce qu'il vous croyait mort... vous voyez bien qu'elles sont plus à vous qu à moi!.. . d'-ilU urs si voiis m'en croyez, mon ami, nous laisseions uion père lii -poser de cet argent à sa ^uise; nons ne nous occuperons pas de cette f irtune... nous nous contenterons de nous aimer,

JlaiiUeiiant. ([ue la famille Gerbier est heureuse, que le brave Alexis se giiéiil de sa bles-ureprèi de celle qu'il épousera lorsque la mort i.e Djhautcours #era moins récente, voyons ce que sont devinus les pcr:onnages de notre co:iiiaissance : — Eusia he Craquet a eié empoi lé par un boulet de canon à l'attaque de la tour- .Malakod. Maiicniuiselle t'hiliberle l'a beaucoup pleuré; les blanch SI u-f:s (le liu sont géni-ralement sensibles. Le iLiidemain du fameux dinrde cinq ccnls francs qu'il a payé à lui seul, M. Langlumoi a ramené sa l'eiunic et sou lil-; à L s eux, malgré les cris de M. Plioniihonse qui voulait ercoïc retourner ehiz Sera/)/im. Inutile de due 'jUe le voisin Uanllnd i st |arti avec eux.

Les deiiioisellesdela Grenouilière n'ont pas tarelé à revenir dans leurs pénates; ] uis le gros Auguste ne ti ouvanl plus à l'aris personne qui vo.dùt si.ivre le tialleiniutqu'ii iu p isail à ?es malades, a quille aussi cett'T vile pour al er s'instal;er chez ïon oncle. De là, il s'est îenau fréquemment chez les deux cousines, et Suivant le conseil que lui avait donné le p'r'tit marquis du Carambolage, il a fait la cour à ma ie.iioiielle Annande qui a trouve beaucoup plus convenable d'écouter le neveu que l'oncle. Auguste a épousé la grosse Anuande; de ce couple tre=-gras sont nés des enfants énormes, qui ont di s faees que l'on ne sait trop a quoi comparer.

Maître Cliipoiier qui est au^si revenu dans la Normandie, était aux noces d'Auguste Langlumot; il a trouvé moyen pendant le soupir, de lacuiiier entièrement le [irocès en separaiion de madame Rigaut. M. Berlinet est toujonis un coureur de jolies lèmiiies, mais il tâche de ne plus voyager avec des nourrices. Le jeune Torse continue à faire de charmants dessins, de ravissantes illusti allons. Je n'ai pas besoin de vous dire dans quel journal, vous l'avez deviné. Tanibourinette et sou amie se sont consolées ditlicilement de la perle u'isidoie... il était si généreux! mais ces demoiselles- là timssent lou.onrs par se consoler.

Eidin la famille Gerbier a trouvé le moyen d'être neureuse malgré ses mill.oiis: d'abord en cpar|idlant entre tous ses membres, une fortune qui était trop forte |iour un seul; puis en ouvrant sa main pleine d'or à ceux qui n'en ont pas assez.

Paris. — Typographie WaUer, rue Louaparte, 41,

HCILLERY, I.UITEUU

I^Tjnr.IGATION I ILLUSTREE

Rr E (jlT-I.K-tŒLK, i'

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