PRÉFACE
Depuis longtemps, on a pensé que les insectes piquants jouaient un rôle dans la transmission de certaines maladies infectieuses. Dès i884, Laveran émettait l’idée (jue les moustiques sont l’agent do la i)ropagation du paludisme, et Finlay les accusait d’être le véhicule de la lièvre jaune. Après les travaux de Patrick Manson sur la lilariose, de Ronald Ross sur la malaria, de la Commission américaine de la Havane sur la fièvre jaune, ce qui n’était qu’une hypothèse est devenu une réalité. En elTel, il est démontré que ce sont les moustiques qui introduisent dans notre organisme la filaire du sang, l’hématozoaire de la fièvre palustre et le parasite de la fièvre jaune.
Chacune de ces maladies est transportée par un moustique spécial et ces insectes que nous n’avions regardés, jusqu’à présent, que comme des persécuteurs incommodes nous apparaissent comme des ennemis redoutables. 11 est donc de la plus haute importance de connaître l’Iiisloire de leur développement et de leurs mœurs pour
ÉTUDE DES MOUSTIQUES
arriver plus sûrement à nous débarrasser d’eux et, en même temps, des maladies dont ils sont les convoyeurs.
Cette prophylaxie qui s’attaque, non plus au microbe, cause première du mal, mais à l’hôte qui le transporte, a déjà donné les résultats les plus satisfaisants. Il est, en effet, plus facile d’éviter les piqûres d’un Slegomijia et, par conséquent, la fièvre jaune, que de découvrir le microbe qui produit cette maladie et de le transformer en vaccin.
Si on s’était obstiné à chercher le microbe amaryllique, nousserionsrestéslongtempsencore désarmés contre la fièvre jaune ; mais, du jour où Reed, Caroll et Agramonte ont démontré qu’un Stegomyin fasciata qui a sucé le sang d’un malade peut, douze jours après, contaminer un homme sain, nous étions armés contre ce fléau. 11 était évident que la prophylaxie de la fièvre amaryl devait consister dans de simples mesures contre le moustique qui la propage. On sait quels merveilleux résultats elles ont donné à la Havane où, en moins de trois années, on a réussi à faire disparaître la fièvre jaune.
De même, la guerre entreprise, dans tous les pays à malaria, contre les anopheles. amènera d’abord la diminution des cas de paludisme, puis leur disparition complète.
11 n’est pas besoin d’insister pour faire com-