TECHNIQUE UE L’EXAMEN EXTÉRIEUH
L’examen extérieur d’un moustique peut se faire sur un spécimen conservé à sec, ou sur un spécimen conservé dans un liquide (alcool ou glycérine), ou monté dans le baume de Canada. C’est le premier procédé que nous considérons comme procédé de choix, car, seul, il permet de reconnaître les caractères spécifiques établis d'après les travaux récents. Toutefois il est bon de conserver les moustiques en même temps selon les autres procédés, pour certaines observations.
V’oici ce qui est nécessaire pour l’examen extérieur des mousti(|uc8 :
Flacon de chloroforme, ou de cyanure de pota.Ssium, etc.
Epingles fines (demander le n® ao chez Tayler and O, Birmingham).
Rondelles de carton (faites à l’emporte-pièce si possible).
KTUDE DES MOUSTIQUES
Pince à mors recourbés sur le plat.
Epingles ordinaires.
Aiguilles montées (ou épingles fines tenues dans un porte-aiguille).
Boîtes (à cigares, par exemple) avec plaque de liège au fond.
Tubes de verre de ib millimètres de diamètre ouverts aux deux bouts (bouchons de liège) ; quelques uns fermés à un bout par un bouchon de liège, à l’autre bout par un morceau de mousseline maintenue par un lien de caoutchouc.
Camphre, naphtaline.
Loupe de poche.
Microscope, grossissements de !î<i et ^oo diamètres tobjectifs n“ i et n® ^ de Stinssnic, oculaire compensateur).
Lames, lamelles, alcool, xylol, baume de Canada, formol, glycérine.
V^erres de montre.
Pour conserver un moustique à sec, il faut d’abord le tuer. On se sert, dans ce but, des vapeurs de cliloroforme, d’éther, de cyanure de jiotassium (‘), de la fumée de tabac. Le mousli-
(') Voici comment on prépare un fiacon de cyanure de potassium. Au fond d'un flacon de 5o à loo cc., 011 met une couche de plâtre de Paris sec. .\u-dessus une couche de même importance d'un mélange à parties égales de cyanure de potassium pulvérisé et de l'iâtre de Paris sec. On recouvre cette couche avec du lilàtre sec. Et par-dessus on coule du plâtre délayé dans de l’eau jusqu’à consistance crémeuse. Ouand cette dernière couche est solide, l’appareil peut servir. 11 faut naturellement que le flacon ait un bouchon qui l’obture bien. Si la préparation est bien faite, on doit sentir l’odeur du cyanure en ouvrant le flacon. Ce flacon peut servir plusieurs mois avant de s’éventer.
TECHNIQUE DE l’eXAMEN EXTÉRIEUR
que est introduit dans un lube à essai coilïé d’un morceau de mousseline maintenue par un lien de caoutchouc. Ce tube à essai est renversé sur le goulot du llacon débouché contenant un des corps à vapeurs délétères cités ci-dessus. Le moustique vole désespérément durant quelques secondes, puis il tombe sur la mousseline les pattes en l’air, les ailes écartées. 11 faut piquer le moustique pendant qu’il est encore mou. On se sert de préférence, dans ce but, de petites épingles extrêmement fines et très courtes.
On transperce avec l’épingle (ine d’abord une rondelle de carton (carte de visite) d’un centimètre carré environ ,
Mousliqtuj pKjué,
puis on pique la face inférieure du tborax du moustique couché sur le dos sur une planchette de liège tendre. II ne faut pas enfoncer beaucou[> l’épingle fine. Ceci fait, on a une rondelle de carton qui porte une épingle fine sur laquelle est fixé le moustique. Il suffit de transpercer la rondelle en un autre point avec une épingle ordinaire pour avoir un petit appareil extrêmement solide que l’on peut piquer n’importe où, dans du liège, de la moelle d’agave, ou même du bois (fig. i) ; tandis que si l’on piquait directement l’épingle fine dans du
ÉTUDE DES MOUSTIQUES
liège, elle ne serait pas fortement implantée et, de plus, il faudrait passer l’épingle à travers le corps du moustique sur une certaine longueur, ce qui entraînerait des désastres chez cet être fragile. 11 est commode de manier ces épingles fines avec une pince à mors recourbés sur le plat. On a l’habilude de piquer, en même temps, avec l’épingle ordinaire, une autre rondelle de carton, qui reste appliquée sur le liège, et sur laquelle on inscrit tous renseignements utiles : nom du moustique; date, lieu et circonstances de la capture. La rondelle de carton qui porte l’épingle fine peut élre remplacée par un morceau de mica que les épingles traversent très bien. On a l’avantage de pouvoir e.xaminer un même spécimen sous toutes les faces, par suite de la transparence du mica. Lorsqu’on se sert de rondelles de carton, il est alors bon d’avoir des spécimens d’une même espèce piqués sur le dos, d’autres sur le ventre, et d’autres sur le célé.
A l’aide d’aiguilles montées, on dispose convenablement, aussitôt après la mort, les pattes, les ailes et les appendices céphaliques du moustique, pour que la dessiccation le surprenne en bonne position {fig. i). Si l’on veut faire voyager les moustiques ainsi préparés, on renforce la solidité de l’appareil en piquant dans le liège, autour de la rondelle de carton, 4 épingles ordi-
TKCHNIQUE DK l’kXAMEN EXTERIEUR
naires, aux extrémités de deux diamètres du carton perpendiculaires l’un à l’autre. Si l’on n’a qu’un spécimen à faire voyager, le plus simple est de le fixer sur le bouchon même d’un tube de verre. L’autre bout du tube est fermé aussi par un bouchon sur lequel on épingle un petit sac de mousseline contenant de la naphtaline et du camphre pour la conservation. Si l’on veut faire voyager plusieurs moustiques ensemble, on les épingle de la façon indiquée plus haut sur une plaque de liège clouée au fond d’une boîte quelconque. I^our la conservation, on remplit de morceaux de naphtaline et de camphre un sac de mousseline qui est cloué sur une des parois latérales de la boîte(‘). Enfin une précaution indispensable consiste à entourer la boîte, ou le tube de verre, d’un volumineux rouleau de colon, pour amortir les chocs.
Un procédé de fortune très utile, lorsqu’on se
(•) Si l’on a une soufflerie ti sa disposition, on peut confectionner soi-même une petite fiole inversable pour contenir un antiseptique comme l’acide pliénique. ün souffle d’abord une boule sur un tube do verre de .5 à G millimètres de diamètre. On ramollit une hémisphère de cette boule, et, en rapprochant rapidement les deux mains, on la retourne en doigt de gant, de façon à ce qu’elle double l’autre hémisphère. On fixe une épingle solide et courte dans la partie du luhe attenant à l’hémisphère non refondue tandis qu’on coupe au couteau à verre le tube attenant à l’héinisphère refondue.
ÉTUDE DES MOUSTIQUES
trouve pris au dépourvu sans les instruments nécessaires, consiste à remplir de papier froissé un flacon quelconque où l’on inlroduit les moustiques vivants. Ils se casent, sans se détériorer, dans les multiples plis du papier. On les asphyxie ensuite, avec de la fumée de tabac par exemple, ou même une fumée quelconque (feuillage vert). Ils restent maintenus dans la même position. Gomme ils vont sécher et durcir, pour les piquer, il suffira de les ramollir dans une chambre humide. Il ne faut jamais mettre les moustiques dans du coton, car il est ensuite impossible de les en retirer sans leur casser les ailes et les pattes prises dans les fibres du coton.
Les moustiques que l’on veut conserver dans l’alcool ou dans l’eau formolée à 5 ®/o sont immergés vivants dans ces liquides, ils sont tués très vite, et ce procédé a l’avantage de donner une bonne fixation histologique si l’on veut ensuite en faire des coupes. Les larves et les nvmphes, étant aquatiques, ne peuvent être conservées que dans des liquides. Quand on conserve des moustiques dans un liquide, il faut avoir soin de bien remplir les flacons de ce liquide, |)our éviter les chocs qui cassent les pattes et les ailes.
Pour monter les moustiques dans le baume, on les passe dans l’alcool absolu, au moins une
TECHNIQUE DE l’kXAMEN EXTERIEUR 3t
heure (davanlage ne nuit pas), puis dans le xylol (quelques minutes suffisent), enfin on les place sur une lame bien propre dans une grosse goutte de baume de Canada. On y dispose les ailes, les pattes, les appendices céphaliques, dans la position favorable à l’examen, à l’aide d’aiguilles montées très fines, ou de minces effilures de verre. Four manier ces moustiques, il ne faut jamais les saisir avec des pinces, mais les soulever en passant au-dessous une de ces aiguilles fines. On recouvre le moustique bien disposé d’une lamelle, et l’on porte à l’étuve quelques heures pour que le baume s’étale convenablement. Comme le thorax des moustiques, grossièrement sphérique, est très dur et soulève la lamelle, il ne faut pas craindre de mettre une grosse goutte de baume. On peut aussi préparer un petit cadre de carton que l’on met entre la lame et la lamelle pour constituer ainsi une petite chambre où le moustique ne courra pas risque d’ètre écrasé. On peut aussi préparer à l’avance des lames sur lesquelles on dessine, avec le baume, un carré en relief, on laisse le baume sécher complètement, et on a ainsi une chambre où l’on place le moustique dans du baume plus Il .ide. On peut, dans des chambres ainsi préparées, conserver à sec des ailes, des pattes isolées, il suffit de recouvrir d’une lamelle sans ajouter de baume fluide. En chaulîant légère-
ÉTUDE DES MOUSTIQUES
ment les bords de la lamelle, on fera adhérer celle-ci au bourrelet de baume dur.
Les œufs peuvent être conservés dans l’alcool, ou montés au baume, ou bien tout simplement gardés flottants sur de la glycérine formulée dans un flacon bien bouché.
Une simple loupe de poche permet de reconnaître la sous-famille d’un moustique, mais pour une étude un peu détaillée, il faut se servir du microscope. Pour examiner au microscope un moustique conservé à sec, on se sert d’un objectif faible (objectif n“ 2 de Stiassnie ou son n° 4 dont on a dévissé la lentille frontale ; oculaire compensateur n° 6). On pique l’épingle ordinaire du petit appareil qui porte le moustique sur un bouchon de liège quelconque que l’on peut manier facilement avec les doigts de la main gauche. On écarte le miroir du microscope, et l’on met le moustique à la place de ce miroir, au-dessous de la platine : cela permet, mieux qu’en le plaçant au-dessus de la platine, une certaine amplitude de mouvements nécessaire pour bien voir le moustique sous toutes ses faces. Stiassnie a construit, sur nos indications, un petit appareil porte-moustiques pour l'examen des moustiques conservés à sec [fig. 2). Cet appareil se fixe sur le bord de la platine du microscope et se compose de trois pièces mobiles articulées l’une sur l’autre au moyen de trois genouillères.
TECHNIQUE DE l’eXAMKN EXTERIEUR
La dernière pièce est traversée par une sorte de poinçon pouvant tourner sur son axe grâce à un bouton molelé, et sur lequel on fixe un petit bouchon de liège qui porte l’épingle ordinaire du moustique monté. Ce petit appareil peut se manier au-dessus ou au-dessous de la platine. C’est celte dernière position que nous préférons, en
Fig. 2
renversant le microscope. La main droite met au point grâce à la roue de la crémaillère. Le morceau de liège qui porte le moustique est manié entre les doigts de la main gauche, dont tout le petit ap[)areil suit les mouvements. Si l’on veut examiner à loisir ou dessiner un détail, on lâche le morceau de liège et l’appareil reste immobile.
Eilm. et Et. Sekoest — Étoile (les Mousli(|ues
ÉTUDE DES MOUSTIQUES
Nous avons voulu éviter, grâce à cet appareil, la fatigue énorme de l’œil qui ne tarde pas à se produire quand on se livre à l’examen minutieux d’un moustique.
Le moustique est ainsi examiné à la lumière directe, cela permet de voir les couleurs du moustique, et les écailles dont sou corps est revêtu, qui fournissent de bons caractères pour la classification. Les moustiques conservés dans le baume sont moins faciles à voir. Mais, pour certains détails, par exemple pour compter les ongles des pattes, etc., il faut pouvoir user de grossissements assez forts : 3oo à 4<if> diamètres, (objectif n° 7 de Stiassnie). On ne peut, dans ce cas, observer que difficilement sur des spécimens conservés à sec, car la distance focale étant fort courte, on risque de détériorer le moustique au moindre mouvement un peu brusque, tandis qu’il est très aisé d’examiner sous ce rapport des spécimens conservés dans le baume. En somme, pour pouvoir déterminer l’espèce ou môme le genre d’un moustique, il faut posséder à la fois dos spécimens conservés à sec et des spécimens conservés dans le baume, les premiers étant sans conteste les plus nécessaires.
Enfin, on peut observer un moustique vivant, on le fait entrer dans un petit llacon à faces parallèles et rapprochées ; son examen est ainsi très facile au microscope.
TECHNIQUE DE l’eXAMËN KXTÉHIEUR
De même, on peul examiner les larves vivantes, ce qui offre un grand avantage, car on peut ainsi les étudier à leurs dilîérents stades de croissance, puis à l’étal de nymphes, et enfin voir éclore les adultes. C’est à ce dernier étal seulement qu’on peut reconnaitre l’espèce à laquelle appartiennent les moustiques, les caractères spéciGques étant tous tirés de ceux des adultes, et jamais de ceux des larves. 11 sullit, pour examiner une larve vivante, de la mettre dans un verre de montre à moitié plein d’eau, sur la jilaline du microscope.
Les microscopes binoculaires offrent enlin un avantage marqué ]iour l’étude des moustiques et pour leur dissection.
CIIAIMTKE II
MORPHOLOGIE
Les moustiques examinés de la façon que nous avons exposée ne sont vus que sous leur aspect extérieur. Nous allons décrire cet aspect extérieur, en n’indiquant que ce qui peut servir pour la classification.
Un moustique présente à l’examen la tête, le thorax et l'abdomen {fig. 3).
La tète, de forme sphérique, est réunie au thorax par un cou étroit. Elle porte d'énormes yeux réniformes. La partie située en arrière des veux est appelé occiput, la portion la plus postérieure de l’occiput est désignée sous le nom de nuque. La partie située en avant des yeux est le front, qui se continue en avant par une pièce chitineuse appelée clypeus.
La tète est munie d’appendices qui sont : la trompe, les deux palpes maxillaires et les deux antennes. La trompe (/î^. 4) constitue la bouche du moustique, elle est composée de se[)t lames cornées : une gaine, le labium ou lèvre inférieure
MORPHOLOGIE 37
contenant six stylets à son intérieur. Ces stylets
Fifj, 3. — Anatomie d’un Cuhx typique (d’après Tlioohald).
I» Vue d’ensemble; II. Tète; III. Organes génitaux inities externes;
IV, Écailles des nervures des ailes ; V. Écailles de la frange des ailes; Vf. Ongles des pattes.
T, trompe ; P, palpes ; A, antennes : O, o*il ; Oc, occiput ; Pr, prolliorax ; .Ms, mésothorax; S, scutellum ; Mt, métanotum ; Ab, abdomen; Og, organes génitaux externes mâles; H, lialtères; K. fémur : Tl, tibia ; M. métatarse ; Ar. T. ailiclc.H du tarse ; Ka, écailles des ailes ; Kl, écailles latérales ; Km, écailles médianes ; Kf, écailles de la frange ; Eh, écailles de bordure ; L, lobe basai:
V, vrille; C, clypeus; F, Front; N nuque.
sont la lèvre supérieure ou labriirn, à laquelle est soudé l’épipharynx, les deux maxilles, les
ÉTUDK DES MOUSTIQUES
deux mandibules et l’hypopharynx. Quand le moustique pique, la lèvre inférieure ne pénètre
nourriture du suc des fruits et des (leurs.
Aux maxilles sont annexés les palpes maxillaires qui sont au nombre de deux, un de chaque côté de la trompe. Ils sont composés de plusieurs articles et le nombre de ces articles, ainsi que leurs dimensions, constituent de bons caractères spécifiques. Les palpes sont lonp;s elle/, les ChIcx mâles, et courts chez les Culex femelles ; longs dans les deux sexes chez les A710pheles ; courts dans les deux sexes chez les Jerfc-t. Chez les mâles, les articles sont renllés à leurs
H. I, y\. \ix. 1.3,
pas dans la plaie, elle se replie, et sa pointe appuyée sur la peau sert seulement à diri-
ger les stylets. Le
^ sang est absorbé par
)f un tube formé par la
/'ï//. 1. — Armature buccale (d’après Gras L. labrum et épipliaryi pltarynx ; M, mandib
lèvre supérieure et l’hypopharynx accolés l’un à l autre. Cette armature buccale ainsi complète chez les
xÜIe ; Ls, labium ; xillnire.
mâles, qui tirent leur
MORPHOLOGIE 39
extrémités et couverts de poils, caractères que ne présentent pas les femelles.
Les antennes partent du front de chaque côté des palpes, elles comprennent quatorze articles fort grêles, elles sont couvertes de poils rares chez les femelles ; au contraire, de poils extrêmement touffus, longs et plumeux chez les mâles. On reconnaît de loin un mâle d’une femelle, à l’aspect des antennes.
Le thorax {fig. 3) est constitué surtout par le mésothorax; leprolhorax n’étant représenté que par deux hosses: les lohes prolhoraciques ; le rnétathorax étant formé par le métanotum, partie postérieure et le plus souvent dénudée du thorax. Entre le mésothorax et le métanotum, on voit une pièce chitineuse trilobée étroite, le scutellum. De chaque côté, le thorax présente les lianes, en partie recouverts par les hanches des pattes. Celles-ci, qui forment trois paires, comprennent plusieurs parties qui sont: la hanche, le fémur, le tihia, le métatarse et les quatre articles du tarse, en lin une paire d’ongles. Les ongles peuventêlresimplesou présenter des dents (unidentés, hidentés, tridentés). Ils peuvent, de plus, être égaux, ou être inégaux ; par exemple, à une patte, lesdeux ongles peuvent être unidenlés (ongles égaux), ou bien l’un simple et l’autre hidenlé (ongles inégaux). Sur ces caractères sont basées des distinctions spécifiques. V’oici
ÉTUDE DES MOUSTIQUES
comment on note les caractères des ongles (les ongles sont identiques aux deux pattes d’une même paire): Supposons qu’un moustique a les deux ongles de la première paire sans dents, qu’à la deuxième paire un soit simple, et l’autre unidenté, qu’à la troisième paire l’un soit unidenté, l’autre bidenlé. On écrit o,o — o, i — 1,2.
Nous avons déjà dit que, pour examiner, compter et dessiner les dents des ongles, il est plus commode d’opérer sur des moustiques montés dans le baume.
Les ailes {fig. 5) s’insèrent de chaque côté du thorax à sa partie latérale et postérieure. Elles
NI, nervures lonsiluilinHlcs (ilo 1 à 6) ; Ne, nervure coslale ; N%c. nervure sous-cosUle ; Nts, nervure transversale surnuméraire ; Nltn, nervure transversale moyenne; Nlp. nnrvnre transversale postérieure; Ce, cellule costale; Csc. cellule sous-eoslaie ; Cm, cellule marginale; C.«m, cellules sous-mari^inalcs (1 et 2); Cp, cellules |ioslérieures (1 à 3); Ca, cellule anale ; CI», cellules basales (1 et 'i).
Csc. Ns.c.
6!N,1. 5!N1. I Nts i C.a
N.tp. Ntm.
Fig. Tl. — .\ile de C uiex.
présentent de.s nervures dont le dessin général caractérise la famille des Culicides, et dont les
MORPHOLOGIE
dispositions parliculières ont une grande im|)orlance spécifique. Il y a six nervures longitudinales (sept dans la seule espèce Heplaphlebomyia) et quatre nervures Iransversales. Les deu.xième, quatrième et cinquième nervures longitudinales sont bifurquées. Les nervures transversales sont • la transversale marginale, entre les première et deuxième longitudinales ; la transversale surnuméraire, entre les deuxième et troisième longitudinales ; la transversale moyenne entre les troisième et quatrième longitudinales; et la transversale postérieure entre les quatrième et cinquième longitudinales. Les espaces compris entre les nervures longitudinales sont appelés cellules. Les cellules qu’il faut surtout observer sont les cellules en fourche comprises entre les branches bifurquées de la deuxième longitudinale (première cellule sousmarginale, ou cellule supérieure), de la quatrième longitudinale (deuxième cellule postérieure) ou de la cinquième longitudinale (cellule anale ou grande cellule).
Les haltères, situées en arrière des ailes, sont nues; elles n’ont pas d’importance spécifique.
L’abdomen, plus étroit et plus poilu cbe/. le mâle que chez la femelle, fait suite au mélathorax et est composé de huit segments. Les organes génitaux externes sont attachés au huitième segment et sont composés de deux appen-
ÉTUDE DES MOUSTIQUES
dices dans l’un et l’autre sexe. Ces ajipendices sont plus longs, plus volumineux, et sont terminés par une sorte de vrille chez les mâles. Ils peuvent servir dans la détermination spécifique.
Dans l’exposé que nous venons de faire, on peut voir qu’un certain nombre de détails anatomiques peuvent nous servir à classer les moustiques. Ces caractères n’ont toutefois pas paru suffisants pour pouvoir classer la quantité énorme de moustiques qui ont été étudiés ces dernières années, depuis qu’ils excitent un intérêt particulier.
F. V. Theobald, au Britisb Muséum, a donc cherché des caractères spécifiques dans la répartition de l’arrangement des différentes formes d’écailles à la surface du corps des moustiques. Ils distinguent plusieurs sortes d’écaillesf/f^. 6): des écailles plates plus ou moins larges, des écailles courbes filiformes, des écailles courbes étroites, des écailles fusiformes larges de différentes tailles, des écailles fourchues droites, des écailles fourchues tordues.
Voici quelle est la distribution générale des différentes sortes d’écailles sur le corps d’un moustique :
La tète des moustiques peut porter trois sortes d’écailles : (i) des écailles courbes étroites, (e) des écailles fourchues droites, {'.]) des écailles plates.
MORPHOLOGIE
l.e lliorax porte cinq sortes d 'écailles : (i) des écailles courbes piliformes (comme de véritables poils), (3) des écailles courbes étroites, (3) des écailles fusiformes, (4) des écailles plates, (5) de longues écailles tordues.
A’///» — Keaillfs ty|)it(ue}<.
Kcaille!i : 1, piale.'* droite?; '2, 3, plaies tonluc? ; d, piüformo? ; r>, étroites nourbes ; (i. 7, fosiformes ; S, t), fourchues tlroiles ; 10, fourchues tordues ; II, çranHes et rcnnées
Les écailles des pattes sont, en général, des écailles [liâtes.
Les nervures longitudinales des ailes sont toujours revêtues d’écailles, les transversales toujours nues (fiff. 3). 11 y a toujours, sur les nervures longitudinales, des rangées d’écailles et, en plus, chez certaines espèces, il y a des rangées latérales, de chaque coté des ner-
ÉTUDE DES MOUSTIQUES
vures. Les écailles latérales sont, le plussouvent, allongées et minces. La frange des ailes contient, d’habitude, trois étages d’écail les.
Les écailles de l’abdomen sont surtout de grandes écailles plates, diversement colorées; la
disposition des écailles en touffes ventrales ou latérales sur les segments de l’abdomen fournit des caractères spécifiques à la classification.
Les larves des moustiques, examinées au microscope, montrent un corps allongé composé de dix anneaux très mobiles les uns sur les autres. Le thorax est large, la tête pourvue de gros yeux est séparée par une rainure très nette. Les seuls caractères génériques peuvent être tirés de la présence ou de l’absence d'un siphon respiratoire, se détachant obliquement du corps de la larve à sa partie postérieure, et de la longueur de ce siphon. C’est ainsi que les genres Culex, Mochlonyx, Aedes et Ura7iolænia {fig. 8) ont un siphon
Fig. 1. — Larve d* Anophèles maCHÎipennis (A droite en i)Hs, bouquet de 5oie en palme grossi).
MORPHOLOGIE
respiratoire plus ou moins long. Les genres Anopheles et Corethra {fig. 7), au contraire, n’onl pas de siphon respiratoire.
Des caractères moins importants, mais qui pourront sans doute devenir utiles, peuvent être tirés des poils ou soies qui ornent le corps de la larve. La tête porte, en plus des yeux, des an-
Fig. 8. — Larve de Culex.
tenues, des palpes et des brosses, eu particulier deux soies frontales {fiff. 9) qui sont simples, ou bifurquées, ou trifurquées, ou ramifiées. De plus, sur chaque côté des segments abdominaux, on peut voir un bouquet de soies (soies en palme) qui donne des dessins variés suivant les espèces 7)-
Les nymphes (/î^. m) ont un thorax globu-
4G ÉTUDE DES MOUSTIQUES
leux se confondanl avec la tête, avec des yeux énormes, deux petits tubes respiratoires infundibuliformes ; un abdomen aplati replié sous le thorax, et muni de palettes natatoires. Elles ne
Fuj, 0. — Soios do la tôle des larves A' Anophcles (D'après Grassi) Sin, soles médianes. Sa, soie angulaire.
I. An. superpicius : 11. An. bifurcatus; III, An. pseudopictus : IV, An. maculipennit .
présentent pas de caractères génériques. Toutefois Howard indique que la nj’mphe de Cvlex se lient plus volontiers que celle à' Anophèles l’axe du thorax vertical.
MORPHOLOGIE
Les œufs de moustiques sont de petits corps allongés de o,5 millimètre à 0,9 millimètre de longueur, pourvus de llotteurs, qui ont une
Fi(j. 10 Nymphe.
Fig. 11
(iKufs A' .^nophelea.
Fig. 12
Ollufs de Culex, isolés.
forme différente suivant le genre auquel ils appartiennent : ceux de Culex {fig. 12) ont la forme d’un cône allongé, ceux à' Anopheles
Fig. 13. — OKufs de Culex, en radeau.
[fig. 11) sont elliptiques. Les œufs de Culex sont pondus agminés en radeaux {fig. 1 3) de cinq à sept millimètres de longueur, dans lesquels
ÉTUDE UES MOUSTIQUES
les œufs sont placés verlicalemeril, et la jeune lars'e sort par l’extrémité inférieure. Les œufs A' Anopheles sont pondus isolés, et disposés suivant des figures géométriques, symétriques, à la surface de l’eau. Ils portent des chambres à air que n’ont pas les œufs de Culex.
Lorsque l’on examine un moustique, pour ne rien omettre dans son observation, on peut se servir du plan suivant :
Longueur totale du corps, en comptant et sans compter la trompe : chez le mâle, chez la femelle.
Télé. — Couleur, forme, couleur et distribution des écailles sur la nuque, sur le front, autour des yeux. Clypens nu, ou bien couvert de poils, ou d’écailles.
Couleur des yeux.
Antennes. — Couleur, .\nneaux diversement colorés. Longueur par rapport à la trompe. Longueur proportionnelle du 2® article. Plumeuses ou non.
Palpes. — Couleur. Longueur par rapport à la trompe, dans les deux sexes. Forme de l’article terminal. Longueur et nombre des articles, (4“ petit article souvent difficile à voir), .\nneaux d’écailles diversement colorées.
Trompe. — Formée pour percer ou non. Hecourhée ou droite. Couleur. Anneaux d’écailles diversement colorées.
MORPlIOLOOIK 49
Thorax. — Couleur. Dessins ornementaux formés par les écailles (partie dorsale, partie sternale, parties latérales). Longueur du thorax. Flancs : couleur, taches.
Scutellum. — Y-a-t-il des écailles ? leur disposition. Poils de bordures ? leur disposition.
Métanotum. — Couleur. Nu ou couvert d’écailles ou de poils. (Juelles écailles ?
Ailes. — Couleur, taches (en suivant le hord antérieur et supérieur, puis les nervures longitudinales, 1, 2, 3, etc. puis taches de la racine de l’aile). Couleur de la frange. Formes des écailles qui revêtent les nervures. Longueur de la première cellule sous-rnarginale par rapport à la deuxième |)ostérieure ; comparaison de leur largeur réciproque, de leur distance de la hase de l’aile. Longueur de l’aile.
Halanciers. — Couleur.
Pâlies. — Couleur générale. Particularités de chacun desarticles : hanche, fémur, tibia (genou), métatarse, articles du tarse, au point de vue : de leur forme, de la couleur des écailles, de la présence ou de l’absence d’anneaux diversement colorés. Indiquer si ces anneaux sont basaux, apicaux, portent sur les deux crMés de l’articulation. Ceci pour chaque article et chaque paire.
tlngles. — Sont-ils pour chaque paire : i" égaux ou inégaux, 2“ simples, unidentés, hidentés ou tridentés ?
Edm. et El. Si»<iest — Élude (In» .Monsliques
oO
ÉTUDE DES MOUSTIQUES
Abdomen. — Couleur, lâches, bandes claires, bandes obscures, leur position réciproque (basale ou apicale — taches prolongées sur lescélés des segments). Couleur et écailles de la face inférieure de l’abdomen. Productions culiculaires : poils et écailles, leur disposition en tou lies latérales ou ventrales, basales ou apicales. Longueur de l’abdomen.
Organes génitaux e.xternes : conformation (surtout en ce qui concerne l'ajipareil sexuel externe du mâle).
Cette description doit être faite pour la femelle, puis pour le mâle de chaque espèce.
Noter les mœurs du moustique étudié (diurne, crépusculaire, franchement nocturne). Sanguinaire ou non.
Habitat des adultes : bois, champs, marais, habitations humaines.
Habitat des larves: eau projire ou eau sale.
Description des œufs et des larves : chez celles-ci présence ou absence du siphon respiratoire ; s’il existe, sa largeur à la base par rapport à sa longueur.
Description des soies qui ornent la tète des larves (simples, bifurquées, trifurquées, ramiliées) et des soies en palme des segments abdo-
minaux.
cjiAPiiniî: III