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MÉTABOLISME NORMAL DE L’EAU

Statique et dynamique.

Il peut paraître vain d’insister sur l'importance de l’eau mais 1l faut bien reconnaître que volontiers admise elle n’en est pas moins ignorée.

Comme le disent MARRIOTT et KEKWICK, il est remarquable de voir des étudiants connaître les doses usuelles et maxima de nombreuses drogues de valeur douteuse et ignorer certaines données élémentaires au sujet de l’eau.

LABBÉ et VIOLLE ont publié chez Masson en 1927, un ouvrage riche d'enseignements sur le métabolisme de l’eau.

GENAUD a consacré sa thèse (Bordeaux 1928-29) à l'étude dela statique et de la dynamique de l’eau dans l’organisme à l’état physiologique et à l’état pathologique.

Enfin l’article fondamental de M. ACHARD sur le système lacunaire dans le Tyaité de physiologie, de ROGER et BINET, de même que l’article qu’il a consacré aux échanges d’eau dans l’organisme dans le Journal Médical Français, en juillet 1922, sont des sources d’enseignement incomparables.

* *X * L'EAU est pondéralement l'élément le plus important de l’organisme 60 à 65 % du poids total c’est-à-dire 44 des

70 kgs de poids d’un adulte.

Elle n'est pas répartie de manière uniforme dans les difié-

rents tissus.

Les liquides évidemment en contiennent le plus :

Panhyinphe note eue 95 % talvemennseLaginns.). à 99 % LERSAN CT SRE Gen, 7826

certains tissus en contiennent peu :

Lesross sets ele ASE 270

Mais les muscles en contiennent 75 % et comme ils représentent le tissu le plus abondant de l'organisme ils constituent la principale réserve d’eau, la moitié de l’eau totale.

Dans un même tissu et dans les différents tissus l’eau se trouve sous trois étais : ER

une eau mobile, circulante, vasculaire : le plasma qui selon l’heureuse expression de R. CACHERA est chargé « d’assurer les transports à grande vitesse et à longue distance, les échanges pressés tels que ceux de l’oxygène »,

une eau semi-mobile, eau lacunaire, répandue dans les interstices cellulaires, les espaces interorganiques, les cavités séreuses, c.a.d. dans le système lacunaire de Ch. ACHARD,

une eau immobile, eau cellulaire, qui fait partie des gels colloïdaux que représentent les tissus, eau de constitution, la plus forte masse liquide de l'organisme. Remarquablement fixe, il faut des raisons déterminantes très sérieuses pour la faire bouger.

Depuis les travaux de ROWNTREE et BROWN, de PETERS, LAVIETES, de BOURDILLON et KLINGHOFFER, de D'ARROW et VANETT (cités par R. CACHERA) on commence à savoir comment se répartit l’eau entre ces trois états :

Plasma ee ta ts 5 % du poids du corps.

Liquides interstitiels... +... A à — Liquides intracellulaires....... 44 % —

Le total de l’eau représentant. 66 % du poids du corps.

Des relations continuelles existent entre l’eau mobile, le fleuve plasmatique et l’eau semi-mobile stagnante — le marais interstitiel. Les échanges intervasculo-lacunaires, réglés par des forces multiples se font par l'intermédiaire des parois des capillaires. Le marais lacunaire concourt de la façon la plus active à la régulation sanguine (Ch. ACHARD).

Sous le terme de liquides extra-cellulaires on peut réunir l'étude des deux secteurs liquides plasmatique et lacunaire. Is représentent 17+5 = 22 % du poids du corps, soit environ 12 litres pour un sujet de 70 kgs.

L'eau cellulaire étant d’une trentaines de litres (44 %, de 70 kgs).

Bien entendu, cette eau n'existe pas à l’état de pureté, état impropre à la vie cellulaire, mais comme dissolvant organique, son rôle fondamental étant de véhiculer des matériaux dissous ou en suspension.

Sources de l’eau.

L'homme absorbe quotidiennement 2 à 3 litres d’eau. Les besoins en eau sont variables suivant les conditions d’activité. Dans les conditions de la vie courante, il faut compter 2 1. 500 par jour soit 40 cc. par kilog pour un sujet de 60 kilogs.

Ces 40 gr. par kilog sont fournis :

HA PIEBADOISSONSE 7"... 1 8107 M 20 S1S0It 250100

Par les aliments Samia lice. #36 15 gr. — I.000 CC. Par les résultats des combustions intraorganiques 5 gr.

I1 faut retenir en effet que l'oxydation :

De 100 gr. de glucose fournit 60 gr. d’eau.

100 gr. de graisse — IIO gr. — 100 gr. d’albumine — 45 ge. — c'est dire que la combustion des aliments fournit en moyenne 3 à 400 grammes d’eau.

Il faudrait, enfin, tenir compte de la combustion cellulaire elle-même qui explique pourquoi un sujet soumis au jeûne

absolu continue à éliminer de l’eau.

Il y a donc deux sources de l’eau :

l’une exogène, la principale,

l’autre endogène, dont il faut tout de même tenir compte puisque en dehors des 300 à 400 grammes fournis par la combustion des aliments une même quantité est utilisable par combustion des matériaux corporels. Tels sont les apports normaux. Il importe de savoir :

ob | peus

que la-restriction d’eau tant alimentaire que de boisson ne peut être poussée au-dessous de 750-900 cc. sans amener des troubles de déshydratation extrêmement importants,

que les animaux soumis expérimentalement au jeûne absolu succombent à partir du moment où ils ont perdu 20 ie de leur poids en eau,

que le jeûne peut être maintenu longtemps pour les aliments, pas pour l’eau de boisson,

que le critère du besoin en eau est la soif que l’on admette ou non l'interprétation de MAYER faisant de la soif la traduction clinique d’un phénomène humoral : l’augmentation de la pression osmotique du plasma. |

Traversée de l’eau.

Une fois ingérée, l’eau passe dans l'estomac. Elle y séjourne très peu : vingt ou trente minutes pour 250-300 cc. d’eau ingérée en une seule fois :

elle n’est pas absorbée par l’estomac, tiède que froide elle en part beaucoup plus rapidement isotonique que pure.

C’est au niveau de l’inteshin qu'elle est absorbée :

entre autres mécanismes parmi lesquels intervient la pression osmotique des protéines mises en évidence par STARLING, 1l est intéressant de noter le rôle du CO2 dans l’absorption de l’eau. Pour H. FISHER, DAUTREBANDE, le sang, au niveau de l'intestin se charge en CO2 ce qui provoque un état d'acidose circulatoire qui activerait l’affinité des globules rouges pour l’eau (gonflement qui atteint 5 à 15 Véudesleur-volime)

Absorbée au niveau de l'intestin, l’eau passe dans la veine porte. Intervient alors :

le rôle de la circulation portale : l'hypertension portale gêne et retarde l'absorption de l’eau (phénomène de l’opsiurie des cirrhoses),

le rôle du foie : encore mal élucidée son importance est certainement considérable. VILLARET, JUSTIN BESANÇON et FAUVERT étudiant le rôle mécanique du foie dans la circulation de l’eau ont montré que le foie réalisait un système hydrorégulateur, une écluse, le barrage hépatique étant soumis à l’action combinée du sympathique et du vague et vraisemblablement à un contrôle du système nerveux central.

Elirnination de l’eau.

L'eau est éliminée de l'organisme par toute une série d'émonctoires : les reins, la peau, les poumons, l'intestin :

les reins éliminent de 1.000 à 1.500 gr. par jour. la peau = 600 à 700 gr. — les poumons — SOON A 10040T. — l'intestin — 100

Soit 2.000 à 2.500 gr.

Le rein est donc la voie d'élimination la plus importante à l’état normal.

On sait que ce chiffre de 1.000 à 1.500 grammes est sujet à de nombreuses variations selon certaines conditions physiologiques. Nous insisterons sur deux d’entre elles :

a) La sécrétion rénale de l’eau dépend avant tout de la circulation sanguine locale et générale.

1.000 à 1.500 litres de sang passent au niveau du rein en vingt-quatre heures ; on conçoit l'importance que peut avoir pour la quantité et la composition des urines une modification de la masse du sang, de la pression artérielle, de la vitesse de la circulation.

WALLER a montré que le facteur circulatoire le plus important était la vitesse du sang dans le rein, les variations de la sécrétion de l’urine et du débit de l'artère rénale se faisant toujours dans le même sens.

Nous verrons que la déshydratation en réduisant la masse du sang circulant ce qui a pour conséquence une chute de la tension artérielle et un ralentissement du débit, a une importance primordiale sur l’activité sécrétrice du rein ;

= pOi——

b) Le processus antithermique de vaporisation par l'exhalaison et Les sueurs — émonctoires cutané et pulmonaire — a une importance capitale. Il dissipe une quantité d'eau très appréciable et capable de varier dans des proportions phénoménales.

RUBNER a montré qu’à la température de 19° la peau éliminait 19 grammes d’eau par heure et 84 grammes à la température de 350. |

Pour l’évaporation pulmonaire le degré hygrométrique de l’air atmosphérique est primordial puisque dans un air très sec l’évaporation pulmonaire horaire est dé 73 grammes et seulement de 24 grammes dans un air très humide.

Deux exemples de ces variations de sortie de l’eau sont démonstratifs : certains mineurs arrivent à perdre 2 1. 500 d’eau par la sueur horaire ; le chien qui ne sue pas vaporise son eau par une polypnée intense.

Mais il importe de distinguer nettement la sudation, phénomène d’excrétion des glandes sudoripares, des pertes insenstibles de vapeur d'eau provenant de l’exhalaison pulmonaire et de l’évaporation cutanée. Nous en avons repris l’étude après les auteurs américains FUGE et HoGG et nous montrerons quel facteur de déshydratation elles représentent dans le post-opératoire.

Le processus antithermique de vaporisation a, vis-à-vis de l’eau utilisable des « droits préférentiels » sur le processus d'élimination urinaire (COLLER et MADDOCK).

« Les reins » disent ces auteurs « se servent, pour l’élimination des déchets de l’organisme de l’eau qui leur est laissée une fois satisfaits les autres processus d’élimination ».

Nous montrerons qu'en effet lorsqu'on calcule les pertes d'eau par le processus antithermique on s'aperçoit qu’elles sont toujours satisfaites alors même que l’oligurie est marquée. Vient-on à donner un excès d’eau, le processus antithermique «s'étant servi », le rein utilisera immédiatement le surplus disponible.

La vaporisation est donc peu affectée par la quantité d'eau uhlhsable. Les reins le sont au contraire beaucoup.

Pour débarrasser l’organisme des produits toxiques de désassimilation, le rein s’il dispose de peu d’eau doit, selon le mot de GATELLIER, accomplir la tâche la plus difficile : la concentration.

Pour des reins normaux une élimination quotidienne de 300 cc. est suffisante s'ils concentrent au maximum de leur capacité.

LASHMET et NEWBURGH ont déterminé la capacité excrétoire du rein à l’état normal et malade.

En acceptant comme moyenne d'élimination quotidienne de l’urée, pour l’adulte, le chiffre de 35 grammes, voici la table qu'ils ont dressée indiquant la quantité minima d’urine nécessaire pour excréter 35 grammes d’urée suivant les densités variées :

Reins

Capacité maxima de concentration Poids spécifique

Minimum d’eau nécessaire pour excréter 35 grammes d’urée

SOC SR es: 1.032-I1.029 473 grammes MORE RD net ee se + 1.028-1.025 595 — eee 1.024-1.020 605 — RL Re PRE 1.019-I.015 850 —— PTE PS. EN, ANTc: I.014-I1.010 1.439 —

On voit donc que si lexcrétion est plus faible que celle exigée par la concentration correspondante (exprimée par la densité urinaire) il en résultera une retenue des déchets.

Nous verrons que sans préjuger d’une altération rénale dans le post-opératoire, il est plus sûr de poser en principe que les reins ne doivent pas travailler au maximum de leur tâche. Aussi dirons-nous :

Il faut tenter d’obtenir une élimination de 1.000 à 1.500 cc correspondant à la densité la plus faible.

Tel est sommairement envisagé, et du point de vue qui nous intéresse le métabolisme normal de l’eau, quant au côté statique. |

Nous en retirons déjà deux notions qui ont une importance chirurgicale, manifeste

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