‹ Mouvements post-opératoires de l'eau deshydratation rehydratationChapitre 16 sur 42 · HIS · texte numérisé non relu

HIS

10 Qu'il vaut mieux — sinon qu’il est nécessaire — assurer une disponibilité importante d’eau, puisque les reins ne s’en servent qu'après que le processus antithermique ait reçu sa «répartition »;

29 Que la perte d’eau par cette voie est plus importante qu'on ne le pense généralement.

Mais ce ne sont pas là les seules voies d’ élimination de l’eau. Une autre est l'issue de l’eau vasculaire dans les espaces lacunaires.

Au même titre que les émonctoires rénal, cutané, pulmonaire le tissu lacunaire apparaît comme un organe de réserve et de ce fait il constitue un facteur de régularisation de la composition sanguine.

Il existe continuellement des mouvements de va-etvient entre l’eau du sang et l’eau des tissus. Ces déplacements de l’eau sont régis par de multiples facteurs et c’est cette

hydrodynamique (GENAUD) que nous nous proposons de brièvement rappeler.

Dynamique de l’eau.

Les échanges hydriques entre le sang et le système lacunaire dépendent

de la composition de ces liquides, facteur humorotissulaire, de l’état des parois des capillaires, facteur vasculaire.

a) Facteur humorotissulaire.

Nous ne ferons que citer :

Le coefficient hpocytique, de MAYER et SCHAEFFER.

cholestérine

Le rapport est remarquablement fixe. La

acides gras cholestérine est hydrophile alors que les graisses ne le

sont pas. Plus un tissu est riche en cholestérine plus sa teneur en eau est élevée.

L'équilibre acide-base. — FISCHER a étudié in vitro l'action du ph sur l’imbibition des tissus et il a démontré que l’aug-

mentation d’acidité d’une solution augmente la capacité d'hydratation du colloïde (assimilé à un tissu) qui yest plongé.

Ainsi donc, les variations du ph du liquide péricellulaire détermineraient des échanges d’eau.

Ce que l’on sait cliniquement, c’est que la déshydratañon est facteur d'acidose. SOLANO RAMos et GARCIA Fox disent que l’acidose dans les états de carence d’eau se produit parce que les réserves alcalines se trouvent à un état de dilution insuffisante ; par suite l’ionisation est moindre. Par cette moindre dissociation ionique des tampons lés ions H prédominent et l’acidose se produit.

La pression osmotique des protéines. — Mise en lumière par STARLING. GOVAERTS a indiqué son rôle biologique de régularisation de la masse sanguine car elle intervient dans les déplacements d’eau dans le tissu lacunaire ; plus elle est faible, plus la filtration au niveau des capillaires est accrue et plus la réabsorption diminuée ; les phénomènes inverses se produisent au cas où elle est accrue.

Mais 1l y a lieu d’insister sur l’importance des substances minérales, des électrolytes dans l’hydrodynamique.

Vis-à-vis du métabolisme de l’eau, les électrolytes se comportent très différemment. Ainsi les alcalino-terreux P, Mg, Ca ont une bien moindre importance que Na, K et Cl.

C’est au chlorure de sodium — Na Cl — le plus diffusible des sels que revient le rôle capital du maintien de la tension osmotique par les substances minérales.

On sait en effet que pour 8 grammes de sels par litre de sérum, 6 grammes appartiennent au Na CI. Les 72/100€ de la tension osmotique du sang sont dus aux ions CI, Na et Co.

Les variations du Na CI et de l’eau sont parallèles. WiDAL a montré par de belles expériences la réalité de la relation entre l’eau et le Na CI. En augmentant la ration de sel chez un sujet normal en état d'équilibre chloruré, il a montré que chaque fois que 7 grammes de sel étaient retenus il y avait rétention concomitante d’un litre d’eau.

On ne peut donc pas séparer le métabolisme de l’eau de celui du sel, la perte de cet électrolyte dépendant de l’eau qui le charrie au dehors en solution.

Nous rappellerons donc quelques notions élémentaires sur le métabolisme du sel.

La contenance en sel de l’organisme est — selon SHER- MAN — de 0,248 % du poids du corps. Pour un Suiet de 60 kgs il y a donc 148,8 grammes de Na CI.

La quantité de chlorures du sang est de 450 à 500 milligrammes pour 100 cc. de sang, 550 à 630 milligrammes pour 100 cc. de plasma.

La teneur du sang normal en chlorures est stable mais des échanges continuels s’établissent entre le sang et les tissus. Dans le sang lui-même il existe des mouvements du Cl entre les globules et le plasma.

Toute étude de la chlorurémie doit nécessairement comporter une recherche du Cl globulaire et du CI plasmatique, la teneur en CI des globules pouvant être interprétée comme un reflet de la chlorémie tissulaire.

chlore globulaire

On établit ainsi le rapport il est de

chlore plasmatique 1,80

Ce rapport est sujet à des oscillations, les mouvements du CI dans le sang étant essentiellement régis par les inversions acides ou alcalines du plasma.

Le sel se trouve incorporé à tous les tissus et s’il s’y trouve à des concentrations différentes, la teneur du sel tissulaire est en moyenne de x à 2 gr. 0/00.

L'ingestion de sel est en moyenne pour un adulte de

10 à 135 grammes par l'alimentation.

L'élimination quotidienne de sel se fait à raison de : O gr. 20 excrété par les féces, O gr. 20 à O gr. 40 par la peau, le reste par les urines qui peuvent contenir jusqu’à 2 % de sel.

b) Facteur vasculaire.

Si le mécanisme des échanges d’eau entre les tissus et le sang dépend aïnsi d’un grand nombre de facteurs au premier rang desquels viennent la pression osmotique des protéines et surtout l’activité osmotique des électrolytes dont le Na CI est le représentant majeur : l’action de ces facteurs est conditionnée par la présence d’une membrane semi-perméable qui sépare les liquides extravasculaires et intravasculaires à savoir : l’endothélium capillaire.

Le mécanisme des échanges d’eau, dépend de l'intégrité ou de l’altération de la membrane capillaire, est assujetti aux variations de sa perméabilité.

L’absorption des fluides à partir des tissus ou du tractus gastro-intestinal dépend d’une fonction capillaire normale.

On sait — KROGH, EBBECK, LEWIS l'ont montré — que les capillaires possèdent un tonus et une contractilité propres indépendants des artérioles et veinules adjacentes. Toute substance, tout trouble circulatoire, tout désordre de l’innervation vaso-motrice, capables de retentir sur l’endothéhum capillaire, auront pour effet :

un relâchement du tonus capillaire,

une augmentation de sa perméabilité.

Ce facteur primordial de la régulation de l’eau a été particulièrement étudié dans ces dernières années. On en trouvera une suffisante mise au point dans la thèse récente de MIMET.

Ilestencore beaucoup d’autres facteurs que le sel ou la perméabilité capillaire qui interviennent dans l'équilibre de l'eau.

Nous ne ferons qu’évoquer ici l’un d’entre eux dont l'importance apparaît de plus en plus nette à la lumière de travaux récents : le cortex surrénal.

Les troubles de l'équilibre hydrique au cours de l'insuifisance surrénale sont connus depuis longtemps, mais ce n’est que depuis qu'on a pu obtenir par synthèse l'extrait cortico-surrénal qu'on à reconnu la très grande action de celui-ci — acétate de désoxycorticostérone — sur le métabolisme de l’eau et du sel.

SWINGLE (1933) l’a qualifié de façon très suggestive de «water and salt hormone ».

Tel est le métabolisme normal de l’eau. De cette étude esquissée il se dégage :

19 L'importance incomparable, pondérale, biologique, chimique, physique, thermique de l’eau ;

2° La complexité, la diversité et la finesse re mécanismes qui concourent à son équilibre.

Il est donc facile de concevoir quels bouleversements vont être apportés dans l’hydrorégulation par l’agression brutale d’une intervention chirurgicale et les développements plus lents, mais accumulés des suites opératoires.

Au terme de ce chapitre, nous nous excusons d’avoir rappelé de façon incomplète et fastidieuse toutes ces notions dont la plupart sont bien connues et dont certaines telles le mécanisme de la fuite capillaire, l’action de l’hormone corticosurrénale sur les troubles et la perméabilité capillaire mériteraient un développement Fons dans une esquisse pathogénique.

Nous nous en sommes dispensés, désirant conserver devant le problème de l’eau chez l’opéré une attitude pratique.

or

GÉHAPIDRENTI

Page 1