‹ Moyen infaillible de prolonger l'existence et de prévenir les maladiesChapitre 8 sur 19 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

La colonne vertébrale

La colonne vertébrale, que l’on appelle aussi rachis, constitue en quelque sorte l'axe du corps humain ; c’est elle qui supporte tout l’édifice d’os et de muscles dont il est composé. Son rôle est très important surtout quand on considère, comme nous le faisons, d’après les savants les plus autorisés, la tête comme une continuité ou plutôt comme la partie supérieure et maîtresse de l’épine dorsale. Ne doit-on pas, en effet, la considérer comme la reine de notre être, cette colonne merveilleuse d’où partent les filaments nerveux qui viennent transmettre ses ordres aux extrémités les plus éloignées de son royaume?

L’importance du rachis nécessite donc que nous nous en occupions d’une façon assez sérieuse. Mais nous en . parlerons, non pas au point de vue de l’anatomiste qui se

contente de décrire cet organe, ni même au point de vue du physiologiste, qui ne recherche que la connaissance de ses fonctions dans l’organisme, nous en parlerons surtout au point de vue des mouvements et des modifications de forme dont il est susceptible.

La colonne vertébrale se compose de vingt-quatre vertèbres et de deux os formant par leur réunion une tige osseuse destinée à supporter la tête; cette tige est d’une hauteur variable suivant les sujets : chez l’adulte elle mesure généralement de 80 à 90 centimètres.

Les vertèbres ont été partagées en plusieurs régions ; chaque région offre des caractères distincts, et même dans chacune, les vertèbres ne sont pas absolument identiques.

Elles sont réunies par un tissu mi-fibreux, mi-cartilagineux, appelé le fibro-cartilage. Le fibro-cartilage est très élastique, aussi les vertèbres se dépriment -elles facilement. Cette propriété est bien connue, et pendant longtemps nos conscrits en ont profité. Avant de paraître devant le Conseil de révision, ceux qui ne dépassaient la mesure réglementaire que de fort peu ou qui l’atteignaient à peine, restaient un ou même plusieurs jours sans se coucher. Le tissu se rétrécissait, et ils n’avaient plus le minimum de la taille. Mais cette fraude ne tarda pas à être découverte, et aujourd’hui, en vertu d’une circulaire assez récente, les conscrits n’atteignant pas

complètement la (aille réglementaire peuvent être dirigés sur un corps d’armée, quitte à être réformés plus tard.

Mais revenons à la colonne vertébrale. Elle est placée verticalement et présente plusieurs courbures. Bichat, l’illustre chirurgien , prétendait que plusieurs de ces courbures provenaient de l’usage exclusif de certains membres. De graves discussions se sont élevées à ce sujet. Laissons discuter ces bons savants qui ont tant de peine à s’entendre, et continuons.

Les vertèbres ont la forme d’un anneau dont l’ouverture est nommée trou vertébral. Il résulte de la succession de tous ces trous une longue excavation, appelée canal rachidien. Au-dessous de la masse vertébrale qui entoure ce canal se présentent des éminences appelées apophyses.

Notre intention, nous l’avons déjà dit, n’est pas de faire un cours d’anatomie ; nous allons donc tout simplement décrire les vertèbres qui sont mises en action dans les divers mouvements.

Vous êtes-vous jamais demandé comment il se l’ait que vous puissiez tourner la tète avec tant de facilité et savez-vous que, rien qu’en exécutant ce mouvement, vous faites une chose merveilleuse ? Savez-vous qu’en mouvant la télé vous courez mille dangers de mort, et

qu’il ne se passe pas, par conséquent, un instant que vous ne soyez exposé à passer de vie à trépas ?

Quand nous imprimons à notre tête un mouvement circulaire, ce n’est pas elle qui pivote. Elle est posée solidement dans deux échancrures assez profondes, qui se trouvent dans la première vertèbre du cou. Les mouvements que nous lui faisons exécuter ont lieu à la base de cette vertèbre qui tourne à notre volonté, mais qui nous jouerait un bien vilain tour si elle nous refusait tout à coup son service.

Pour répondre à ces exigences, il a fallu que cette vertèbre fût construite d’une façon particulière. C’est un anneau, pour ainsi dire, qui peut tourner facilement sur la \ ertébre suivante. Celle-ci, appelée axis, présente, en eflet, un petit cylindre osseux qui reçoit l’extrémité du ci âne, et lait pour ainsi dire les fonctions de cheville. Des exercices nombreux, sinon variés, doivent donc être laits avec la première vertèbre. Tourner la tète dans tous les sens est fort utile, ne seraii-ce que pour empêcher toutes ses parties de se rouiller; mais ces mouvements de la tète ont encore un autre but sur lequel nous reviendrons plus tard.

Les cinq dernières vertèbres de la région du cou (car vous savez que cette région en a sept dont nous avons déjà fait connaître les deux premières : l’atlas et l’axis) ne présentent rien de particulier. Elles n’en sont pas moins utiles. Elles sont mobiles et par conséquent inté-

ressent encore le gymnaste. Leurs apophyses sont peu développées et taillées en biseau, ce qui rend leuis mouvements plus aisés.

Les vertèbres de la région du dos, au nombre de douze, sont moins mobiles tant elles sont enchevêtrées les unes dans les autres : mais les cinq dernières sont d'une flexibilité prodigieuse qu’on entretient et qu’on augmente par la gymnastique. Les acrobates les ploient d’une façon remarquable, et sans vouloir devenir jongleur il est bon de pouvoir courber et redresser le dos avec facilité. ( Il est bien entendu que nous ne parlons ici qu’au point de vue physique! )

Nous ne ferons mention que pour mémoire des autres vertèbres ; de celles des reins, du sacrum et du coccyx, noms terribles, mais qui 11e désignent autre chose que la réunion de plusieurs vertèbres soudées intimement.

La colonne vertébrale prise dans son ensemble est sujette k de nombreuses et graves difformités. La gymnastique est capable sinon de les guérir toutes, du moins d'en guérir la plupart et de les modifier toutes iavorablement, surtout lorsqu'on a affaire à un sujet jeune, c està-dire lorsque le squelette n’est pas encore complètement ossifié. Mais encore là une gymnastique rationnelle, une gymnastique scientifique est nécessaire, plus que nécessaire, indispensable. — Avec un système de mouvements combinés avec prudence et discernement, on arrive à des résultats qui tiennent du miracle.

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