CHAPITRE IX
Les membres
Pans les membres, les os jouent un rôle des plus importants. Ils sont comme le noyau autour duquel viennent se grouper muscles et nerfs, qui sans eux, ne pourraient se soutenir.
Les os des membres supérieurs ressemblent beaucoup aux os des membres inférieurs. Chez certaines personnes déshéritées, cette ressemblance est poussée tellement loin que vous reconnaîtriez difficilement les pieds des mains. L’histoire du sauvage du Yar est trop connue pour que nous la répétions ici, et on a vu de nombreux exemples d’enfants marchant avec les mains aussi facilement qu’avec les pieds, et tellement habitues à cette manièie de se mouvoir qu’on eut toutes les peines a les en deshabi-
uer.
Ce que nous dirons donc des bras et des mains s’appliquera egalement aux membres de la partie inférieure. Parlons d’abord du bras.
Les bi as peuvent à tous les points de vue être appelés membres supérieurs, car il est d’observation générale, ainsi que toutes les meres ont pu le remarquer, que les jambes des enfants sont encore incapables de les porter, alors que leurs bras sont déjà très forts, comparativement bien entendu, \oila l’effet; quant à la cause, elle est dans ce que le pied, ou plutôt les os du pied, chez l’enfant, sont encore à l’état cartilagineux quand ceux de la main sont complètement formés.
Le bi as est attaché a 1 épaule ou, ce qui est plus exact, aux os qui forment ce qu on appelle épaule i à 1 omoplate et à la clavicule. Cette partie du squelette ayant de nombreux mouvements à exécuter, la nature doit l’avoir disposée en conséquence. En effet, l’omoplate présente une ca\ ite destinee a recevoir 1 os du bras; et comme elle accompagne ce dernier dans tous ses mouvements, elle doit être fixée solidement il est vrai, mais aussi de façon à ne les gêner en rien.
Aussi cet os, au lieu d etre attaché à la colonne vertébrale par une capsule fibreuse, y est lié par des
muscles ; mais, de peur sans doute que cela ne suffise pas, la nature a créé la clavicule.
La clavicule s’articule d’un côté avec le sternum, cet os plat qui se trouve au milieu de la poitrine, de l’autre avec l’omoplate; elle est simplement destinée à maintenir 1 omoplate et à garantir la poitrine des chocs trop violents que cet os pourrait lui imprimer.
Je veux m’arrêter ici pour donner un conseil qui sera bien accueilli, je l’espère, surtout des dames.
Entre 1 omoplate et la clavicule, se trouve une petite surface remplie seulement parles muscles. Quand ceux-ci viennent à manquer, il se forme là un creux très disgracieux appelé salière, un nom bien caractéristique!
Eh bien ! ce creux, il serait facile de le combler rien qu’avec un peu d’exercice, précisément de ces parties. Au bout de quelque temps, l'affreuse salière aurait complètement disparu.
Revenons à la clavicule, car cet os est très important. Il a, en effet, encore une autre fonction : c’est de tenir le bras écarté du corps et de lui servir d’appui, quand on fait le mouvement de se croiser les bras.
La clavicule est plus longue chez la femme que chez 1 homme. Il en resuite que la femme peut mieux croiser
les bras que l’homme (faculté dont elle use, du reste, 1res largement) ; mais aussi, chez l’homme, les mouvements sont à la fois plus lestes et plus énergiques !
Le bras, qui exécute les mouvements, n’est pas formé d'une seule pièce, comme on peut s’en convaincre parla simple inspection de ce membre.
De l’épaule au coude, du coude au poignet, du poignet aux doigts, il y a bien trois parties; elles s'appellent, en langage scientifique comme en langage vulgaire, le bras, l’avant-bras et la main.
Le bras est formé par un seules : l'humérus, rond vers l’épaule, plus large en bas. La partie supérieure ou tête de l’humérus est reçue dans une cavité creusée dans l’omoplate, qui du reste ne la serre qu’imparfaitement, pour lui laisser le plus de liberté possible. Les mouvements sont encore facilités par cette circonstance que la gaine fibreuse qui entoure la tète de cet os est très large : tellement large que le bras et l’épaule peuvent être tirés en sens contraire, jusqu’àune certaine limite bien entendu, sans se rompre. La tète .de l’humérus est alors entièrement libre et n’est plus soutenue que par les muscles, soutiens fermes il est vrai, mais qui ne sauraient résiler à un choc, à une chute violente. La déviation connue sous le nom d’épaule démise, n’est que la conséquence d’un accident de ce genre.
L'humérus est très solidement attaché, à son articulation du coude ; là ce n’est plus la tète, mais une poulie qui le réunit à un autre os, le cubitus. Grâce à cette disposition, l’avant-bras joue facilement sur le bras, ainsi que . nous en faisons chaque jour l’expérience.
L’avant-bras cependant ne peut prendre toute espèce de positions ; une limite lui est assignée par 1 olicràne, située
à la partie supérieure du cubitus.
Mais qu’est-ce donc que le cubitus, dont le nom s’est déjà présenté plusieurs fois sous notre plume i
(A est un des os, car il y en a deux, qui forment 1 avantbras. Avec le radius, il constitue cette partie de notre être si mobile et si nécessaire. Les deux os lui donnent de la résistance, et permettent à la main de se mouvoir facilement dans tous les sens. Le poignet est en effet fixé solidement au radius de façon que, quand nous tournons la main, c’est lui qui fonctionne, tandis que c’est le cubitus qui agit quand nous ployons ce membre.
La main est divisée aussi en trois parties. Le carpe, le métacarpe et les doigts.
Le carpe , vulgairement poignet, se joint immédiatement à l’avant-bras.
Il est composé de huit os, très irréguliers et en forme de voûte, taillés de manière à pouvoir glisser les uns sur les autres.
Le métacarpe vient ensuite former la paume et le dos de la main. Il est composé de cinq os longs et inégaux. '
Les doigts sont eux-mêmes formés de trois os, à i’exc option du pouce qui n en a que deux. Le premier de ces o* est appelé phalange, le deuxième phalangine, et le troisième qui supporte l’ongle : phalangette.
« Qu on suppute, dit Buffon, la superficie de Ja main et des cinq doigts, on la trouvera plus grande, à proportion, que celle de toute autre partie du corpis, parce qu’il n’y en a aucune qui soit autant divisée. Ainsi, elle a d’abord 1 avantage de pouvoir présenter aux corps étrangers plus de superficie, ensuite ses doigts peuvent s’étendre, se raccourcir, se plier, se séparer, se joindre et s’ajuster à toutes sortes de surfaces. Autre avantage qui suffirait pour rendre cette partie l’organe de ce sentiment exact et Précis, qui est nécessaire pour nous donner une idée de la forme des corps. »
Les membres de la partie inférieure étant conformés à peu près de la même manière que les membres supérieurs, nous croyons inutile d’entrer dans de plus longs détails.
Maintenant que i ious con naissons les différentes parties du squelette, examinons en quoi l’exercice peut lui être utile.
Nous avons parlédes déviations des os, des vertèbres, etc. : nous allons revenir sur ce sujet, dans un chapitre spécial que nous consacrerons cà l’orthopédie.
Mais en dehors des difformités ou des déviations de l’épine dorsale, les os n’ont-ils pas besoin d’exercice? Les
hommes d’ailleurs bien conformés pourraient- ils se dispenser de faire de la gymnastique, en ne l’envisageant qu’au point de vue des besoins du squelette ?
Non. — Comme tous les organes, les os, nous l’avons dit, se nourrissent et se renouvellent incessamment. Donc plus la nourriture est abondante et le renouvellement tréquent, plus vigoureuses et plus saines sont les parties constitutives du squelette.
L exercice donc ne pourra manquer d’exercer une influence des plus favorables au développement et à la solidité des os.
lui autre avantage, c’est que les diverses parties, constamment tenues en haleine, fonctionneront beaucoup mieux : car de même qu’une porte qui roule rarement sur ses gonds s’ouvre et se ferme difficilement, de même les os dont on se *ert rarement faiblissent, s atrophient, végètent ou meurent. -