SCÈNE II
JEAN, MONTFLACHAED.
HONTFLACtlARD , pariüssant au fond, tète et costomc du vieux militaire retraité ; une cravaclic A la main; A Jean.
Eh bien, qu’est-ce que tu fais-là, toi. Jocrisse?
' JEAN *
Je porte les bottes de Mademoiselle.
MONTFLACIIARD.
Ma fille?.. Il y a beau temps qu’elle court les champs !
JEAN
Alors, on peut entrer. (U chtre nn moment.) ,
MOHTFLACHAIID, seul.
Dès qu’on sonne la diane à l’école de S;iumur, ici près... Bradamanle est sur pied 1 ah ! c’est que je ne l’ai pas élevée comme une parisienne... (a Jean, qui rentre.) Allons! avance ici, l’haricot !
JEA.N.
L’baricot ! Je m’appelle Jean, Monsieur!
MONTFLACHARD.
Silence I dans les rangs !
* Uontflachard, Jean.
M. VOTRE FILLE
JEAN
Oui, monsieur Montflachard.
UONTFLACHARD.
Il parait que c’est aujourd'hui ma fête...
JBAK.
La Saint-Montflachard ?
MONTFLACHARD.
La Saint-Stanislas, imbécile !.. J’offre un thé aux ofllciers de l'école de cavalerie du Saumur,... de bons enfants 1... Nous ferons du punch... du grog... du bischoff...
JEAN
Et pour les dames?..
MONTFLACHARD.
Pour les dames, du vin chaud ! Tu t’entendras avec Berihe, ma nièce.
JEAN
C’est étonnant, Monsieur, comme vous aimez les militaires !
HONTFLACRARD.
Que veux-tu I des frères d’armes!..
JEAN
Tiens) je croyais que vous aviez vendu du chocolat?..
MONTFLACHARD.
Veux-tu te taire, animal ! J’ai fait la campagne d’Espagne... J'ai contribué de ma personne à la prise de trois demi-lunes...
JEAN, êlonnc.
Vous, Monsieur!
MONTFLACHARD.
En qualité de négociant en gros ! Je revenais de Pampelune avec une forte partie de chocolat... Tout à coup, je me trouve pris dans une gorge entre deux fusillades... les Français d’un côté, les Espagnols de l’autre... et moi au milieu...
JEAN
Sapristi!
MONTFLACHARD.
Naturellement, je me cache...
JEAN
Quelle venetle vous avez dû avoir !
MONTFLACHARD.
Je t’en réponds!., pas pour moi!., pour mes marchandises..., Mon âme n’a jamais connu la peur.
Air : Du Voyagé autour de ma femme.
Les Français avaient l’avant.ige...
Aussi n’ai-jc pas hésité!