‹ Mr votre fille comedie melee de chants, en un actChapitre 32 sur 34 · SCÈNE XVll · texte numérisé non relu

SCÈNE XVll

DODCINET.

Il est vrai qu’elle ne sait pas faire sa coupe... qu’elle n’a jamais eu de duel... qu’elle n’a jamais tué le moindre san- ' glier.

BRADAMAK.TE, s'uubliant.

Fichtre, Monsieur !

DOrClNET.

Et qu’il ne lui échappe jamais de ces exclamations...

BRADAMANTE

Hein ? '

DODCINET.

Energiques, j’en conviens... mais peu en usage dans les pensionnats... Quand on la regarde, elle rougil... quand on lui parle elle baisse les yeux... (Bradamamc baisse les yeux.) Oui, à peu près dans ce genre-lù... (Elle relève la tète-) (}ue voulezvous, nous autres hommes, qui avons la force... nous aimons la faiblesse, la douceur, la timidité.

BIÎADASIASTB, à part.

11 ne manque pas d’éloquence, ce gaülard-lù !

DOrjClNET.

S’il en était autrement... je demanderais la main de mon tambour... qui boit du kirch!

BRADAMANTE , snuriaiU.

Mon Dieu, Monsieur, on ne m’a jamais dit ce que vous me dites là... je conviens que ma cousine est mieux élevée... et plus jolie que moi, sans doute...

nOUCINET.

Oh ! je ne dis pas cela!... au contraire... et... (Examinamsa toiieue.) Quand vos fleurs seront un peu remontées... vos bandeaux plus descendus.

BRADAMANTE

Je n’ai pas de femme de chambre.

DOOCINET.

Voulez-vous me permettre de vous en servir?

BRADAMANTE, rougissant.

Monsieur!... ■’

DOUeiXET, à part.

Tiens! elle rougil! elle est très-gentille.., (Haut.) Vous êtes très-gentille, quand vous rougissez. (A pan.) Je crois même qu’elle est mieux que l’autre.

BRADAMANTE, it part.

C’est singulier, ce que j’éprouve 1

* Dondnet, Bratiamanle.

M. VOTRE FILLE

DOUCl.NBT.

Oh! ne tremblez pas... je ne vous ferai pas de mal. (Ar-

‘ rangeant la coifTore de Bradamaiite.) Cette l'OSO SUr le CÔlé... (A part.) Pauvre petite caille ! (Haut.) et ccs boucles plus effilées... plus vaporeuses... je suis un peu coiffeur.

BRADAUANTE.

Il est très-obligeant.

DOUCINET.

A la bonne heure !... voilà des bras... bien blancs!... quel dommage d’emprisonner cela dans une vilaine veste de chasse ! c'est comme ces petits pieds.., comme ils sont bien là., chez eux... dans le satin!

BRADAainTE.

Vous trouvez ?

OODCinET.

Ça vaut mieux que des bottes! Praxitèle était un grand artiste... il n'en a pas mis à sa Vénus. Voyons si rien ne cloche par là... la robe monte trop... Dieu ! les belles épaules ! (Avec

■dmlretion.) ob ! oh ! (il loi embrasse l’épaule.)

BRADAHABTE, émue.

Eh bien ! finissez, Monsieur.

Air ; J*f la Charge de caralerie. (Hervé.)

DOUClNET, avec passion.

Finir, quand je commence à vivre !

BRADAMAME, émue.

Etrange effet de ce baiser!

DOUClNET.

Quand votre doux regard m’enivre!...

BRADAUANTE, souriant & part.

Allons, il faut s’humaniser!

DOUClNET.

Quel feu, soudain, vient m’embraser >

Ah ! souffrez que je recommence.

BRADAUANTE.

Pour prix dé votre complaisance.

Je le permets.

DOUClNET, transporté.

Ah! celle fois,

C’est une femme, je le vois !

(Il l’embrasse.)

Ensemble.

Ah 1 i® le sens,

Je le comprends t L’amour vainqueur Surprend mon cœur !

DOUClNET, transporté.

Ah! Mademoiselle, c’est vous que j’aime 1... vous que je veux épouser... Je vous demande votre main!...

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